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French Cancan

French Cancan
Jean Renoir
1954. France. 104 min. Couleurs. 35 mm.
Avec Françoise Arnoul, Jean Gabin, Maria Félix, Giani Esposito, Jean-Roger Caussimon, Edith Piaf, Michel Piccoli
« Il s’agit d’un certain univers social mais créé à travers sa plus haute représentation historique, celle de Renoir, de Lautrec, de Degas. Tel qu’en lui-même ces peintres l’ont changé, rendu vivant, restitué au changement et à la durée… Je dirais que les peintres sont partis de tels aspects de leur temps pour leur conférer l’éternité picturale et que Jean Renoir prend pour modèle cette réalité seconde afin de lui rendre la vie… Jean Renoir est l’impressionnisme multiplié par le cinéma. », écrivait André Bazin. Cet univers social, c’est celui du Paris 1900 passé au prisme de la peinture. Montmartre. Gabin, patron de cabaret, découvre Nini, jeune blanchisseuse, et décide d’en faire la vedette de son prochain numéro. La Reine blanche du Moulin-Rouge…

Film choisi et présenté par Alain Bouffartigue

Mardi 14 décembre à 19h

Time and Tide

Time and Tide (Seunlau ngaklau)
Tsui Hark
2000. Hong-Kong. 113 min. Couleurs. 35 mm.
Version originale sous-titrée en français.
Avec Nicholas Tse, Wu Bai, Candy Lo, Cathy Tsui
Après un petit passage par Hollywood à se damner le Van Damme, Tsui Hark revenait au pays pour accoucher, la caméra enragée, de cet incontournable Time and Tide. Quasiment un nouveau et unique genre à lui tout seul : le polar à 200 à l’heure. Un mot : virtuosité. Dans tous les sens et toujours plus vite. Si l’expression « sans répit » a été inventée, c’est pour ce film. L’histoire, s’il en faut une : un jeune garde du corps s’associe à un mercenaire, mais leur collaboration sera courte…

Film choisi et présenté par Francis Desbarats

Mercredi 24 novembre à 21h

Les Filles de Kamaré

Les Filles de Kamaré / Le Pensionnat des jeunes filles perverses (détourné)
Norifumi Suzuki
1974. Japon / France. 90 min. Couleurs. 35 mm. Version française.
Avec Reiko Ike, Miki Sugimoto, Misuzu Oota
Parfait exemple d’un pinku eiga, Les Filles de Kamaré était au départ un mélodrame érotique à tendance bondage. Mais grâce à l’adjonction de sous-titres sans aucun rapport avec l’histoire, il est devenu un porno subversif, un acte de terrorisme cinématographique orchestré par René Vienet dans la mouvance situationniste. Époque oblige, les textes de Barthes, Camus, Giroud sont convoqués à cette franche attaque du pouvoir et associés à des inserts porno. Le détournement transforme ainsi la lutte des clans à l’intérieur d’une maison de correction japonaise en conflit entre les différentes factions de la gauche française de l’époque, toutes évidemment renvoyées à leurs ringardes compromissions par les auteurs-remonteurs du film. Une dialectique qui casse des briques. Une phrase à retenir : « Tout film n’est que l’expression d’un rapport entre ceux qui le font et ses spectateurs ».

Film choisi et présenté par Philippe Delbos.

Vendredi 22 octobre à 19h

Le Corbeau

Le Corbeau
Henri-Georges Clouzot
1943. France. 93 min. Noir & blanc. 35 mm.
Avec Pierre Fresnay, Ginette Leclerc, Pierre Larquey, Noël Roquevert, Micheline Francey, Antoine Balpétré, Louis Seignier
L’argument est simple : un corbeau, par ses lettres anonymes, instaure un climat de suspicion dans une petite ville de province. Ça tourne au règlement de compte. Mais Clouzot délaisse l’aspect policier pour la galerie de personnages. On n’est plus dans le pittoresque mais plutôt du côté de Goya. Film noir comme l’oiseau est de malheur, de mauvaise augure. Au-delà de la France occupée à la délation, au-delà d’une société provinciale viciée, ce sont les failles de l’homme que dénonce Le Corbeau, miroir trop noir pour une période mal éclairée. Aujourd’hui, loin d’être déplumé, Le Corbeau garde en son bec la part d’un cinéma déchiré. Et le lustre de continuer son mouvement de balancier : où est l’ombre, où est la lumière ?

Film choisi et présenté par Serge Regourd à l’occasion de la parution de son ouvrage Les seconds rôles du cinéma français (éd. Archambaud-Klingsieck, 2010).

Rencontre avec l’auteur à la librairie Ombres Blanches ce jour-là à 18h.

Mardi 28 septembre à 21h

Grill Point (Halbe Treppe) / Filmmuseum de Postdam

Soirée en compagnie du Filmmuseum de Postdam

Andreas Dresen
2002. Allemagne. 105 min. couleurs. 35 mm.
Version originale sous-titrée en français.
Avec Steffi Kühnert, Gabriela Maria Schmeide, Thorsten Merten, Axel Prahl
Deux couples d’amis qui approchent la quarantaine à Francfort-sur-l’Oder : Uwe (Axel Prahl) travaille sans arrêt dans sa friterie, négligeant sa femme Ellen (Steffi Kühnert) et leurs enfants. La vie et la relation de l’animateur de Radio Chris (Thorsten Merten) avec sa deuxième femme Katrin (Gabriela Maria Schmeide) sont également au point mort. Quand Chris et Ellen, à l’imprévu, tombent amoureux l’un de l’autre…
Andreas Dresen raconte l’histoire de ces gens « normaux », à la recherche du bonheur et d’un peu de chaleur, avec un réalisme tragicomique et tendre. Le générique nomme les quatre acteurs principaux, avec lesquels Dresen a des liens amicaux depuis des années, comme auteurs. Car Grill Point a été réalisé sans scénario, le déroulement de l’action étant développé jour par jour sur le plateau et tourné avec une caméra digitale – authenticité supposée, que Dresen dissout en jouant avec des effets de distanciation. Un film au-delà de l’entertainment, qui a reçu l’Ours d’argent à la Berlinale de 2002.

Birgit Acar

Vendredi 11 juin à 21h – Séance présentée par Birgit Acar, chargée de programmation au Filmmuseum de Potsdam