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Septembre | Octobre | Novembre

Pour ouvrir la saison 2012-2013, la Cinémathèque de Toulouse a choisi de rendre hommage à un immense comédien français, passionné de poésie, et qui a su, dès ses débuts, faire dialoguer cinéma et théâtre : Jean-Louis Trintignant. Élégance, discrétion, indépendance, cet acteur a construit une filmographie exceptionnelle, qui se joue des frontières artistiques communément admises, et qui continue aujourd’hui de s’enrichir.

Le deuxième temps fort de cette rentrée se déroulera en octobre avec une exploration de ce qui semble être un genre dominant du cinéma américain depuis les années 1970 et qui s’avère être en fait davantage une appellation : le thriller. Origines, réalisateurs emblématiques, caractéristiques et bien sûr contours de cet univers, nous vous invitons, à travers plus de 20 titres, à redécouvrir ce nouvel avatar du film criminel.

Pour cette rentrée, nous allons accueillir un nombre très important d’invités : comédiens, réalisateurs, écrivains, critiques, artistes, la Cinémathèque de Toulouse est aussi un lieu de rencontres et d’échanges sur le cinéma. Cette dimension, que nous considérons comme essentielle pour accompagner le 7e Art auprès de tous les publics, est au cœur de notre projet : ouvrir la Cinémathèque à des horizons nouveaux et variés. La saison 2012-2013 compte un nombre particulièrement élevé de collaborations artistiques et culturelles, dont il serait vain de faire la liste, mais qui nous permettent de rayonner au niveau régional, national et international. Il ne s’agit pas de projets que nous nous contentons d’accueillir, mais bien de constructions communes, qui sont toujours le résultat d’un dialogue. Pour ne pas répéter ce qui a déjà été fait, mais pour inventer et proposer une nouvelle façon de découvrir le patrimoine cinématographique. Bonne saison 2012-2013 !

Natacha Laurent

 
 

« inventer et proposer une nouvelle façon
de découvrir le patrimoine cinématographique »

Juillet | Août 2012

Pour la huitième année consécutive, la Cinémathèque de Toulouse transforme la cour du 69 rue du Taur en une salle de cinéma à ciel ouvert : du 29 juin au 5 août, tous les soirs, du mardi au samedi, venez savourer les grands titres de l’histoire du cinéma de Raging Bull à L’Impossible Monsieur Bébé en passant par Les Vitelloni, Le Sauvage ou Les Sept Mercenaires. 26 films, 26 projections en plein air, pour retrouver à chaque fois ce petit frisson de plaisir, de liberté et de magie que provoque la mise en route du projecteur dans la douceur d’une nuit d’été toulousaine.

Le 69 rue du Taur reste bien entendu le cœur de nos activités, mais la Cinémathèque de Toulouse valorise régulièrement ses collections en dehors de ses murs, en prêtant ses films, mais aussi ses affiches ou ses photographies à d’autres institutions et festivals. En ce début d’été, ce rayonnement à l’extérieur est particulièrement fort. Il est emblématique du projet de la Cinémathèque : partager avec tous les publics l’incroyable richesse de notre collection et valoriser, par là-même, l’identité de notre territoire. Cet été, la Cinémathèque retrouve le chemin de trois festivals importants de notre région : le festival Résistances à Foix, le festival Musiques des Lumières à Sorèze et les Rencontres Cinéma de Gindou. Au niveau national, elle est invitée à participer au Festival du film court en plein air à Grenoble ainsi qu’au Festival International du Film de La Rochelle. Enfin, fidèle aux ambitions internationales de son fondateur Raymond Borde, la Cinémathèque sera présente cet été à Tokyo, Bilbao, São Paulo et Bologne (qui a choisi de montrer en plein air sur la Piazza Maggiore, devant 2 000 spectateurs, notre récente restauration de La Grande Illusion).

En répondant à ces différentes invitations, et en proposant à chaque fois des copies rares, donc précieuses, la Cinémathèque de Toulouse renforce ce qui constitue sa spécificité : rayonner sur le territoire régional, au niveau national et dans le monde.

Natacha Laurent

Juin 2012

Être apprécié du grand public et de la critique cinéphile est une équation souvent difficile à résoudre. Alfred Hitchcock fait partie de ces rares cinéastes dont l’œuvre transgresse les frontières communément admises : ses films sont à la fois populaires et occupent une place essentielle dans l’histoire du cinéma. Certes son succès auprès du public intervint plus tôt que sa reconnaissance auprès de la critique, qui doit beaucoup aux « Jeunes Turcs » de la future Nouvelle Vague – Rohmer, Chabrol et bien sûr Truffaut défendirent ardemment, dans la deuxième moitié des années 1950, l’œuvre d’Alfred Hitchcock.

Mais on sait moins que l’un des tout premiers critiques à avoir démontré que Hitchcock était un véritable auteur est Raymond Borde, fondateur de la Cinémathèque de Toulouse, dans un article paru dès novembre 1952 dans les Cahiers du Cinéma, co-signé avec Étienne Chaumeton et consacré essentiellement à la période muette du cinéaste :

« The Ring et Champagne se situent au terme de la carrière muette d’Hitchcock. Ils permettent donc de faire le point. La sûreté de ton, les trouvailles du récit, la richesse de la syntaxe montrent qu’Hitchcock est devenu maître de son art. Il ne fera que transposer ou adapter au parlant cette virtuosité exemplaire, et l’enrichir des possibilités offertes par l’image-son […]. Hitchcock cultivera son sens de l’ellipse, qui deviendra l’une des constantes raffinées de son œuvre. La direction des interprètes tendra vers une stylisation presque unique dans l’histoire du cinéma. Mais nous avançons qu’elle était déjà presque parfaite en 1928. Et Hollywood, troisième étape après Munich, Elstree, fera d’Hitchcock davantage qu’un metteur en scène : un véritable auteur de films. »

Une invitation à redécouvrir cette œuvre majeure dans toute sa dimension chronologique, des premiers films muets aux titres devenus cultes aujourd’hui. Une invitation aussi à prolonger le plaisir de la projection par un détour dans notre très riche bibliothèque de cinéma, ouverte à tous, et au sein de laquelle on trouvera une large sélection de textes consacrés à Hitchcock, dont bien entendu celui, pionnier, de Raymond Borde.

Natacha Laurent

Avril | Mai 2012

Place aux femmes : pour ce printemps 2012, la Cinémathèque de Toulouse décline le cinéma au féminin à travers deux programmations différentes. La première, directement inspirée par la richesse de nos collections sur cette thématique, met à l’honneur celles qui sont devenues réalisatrices – souvent après avoir été actrices, monteuses, ou écrivains – à l’image de Nicole Garcia, que nous aurons le plaisir de recevoir le 4 avril. Quant à la deuxième programmation, elle nous est suggérée par le calendrier. En mai 1982, il y a exactement trente ans, Romy Schneider, sublime actrice, disparaissait tragiquement.

Ces deux thématiques de printemps sont à l’image de notre politique de programmation : diverse et destinée à tous les publics. Si la première thématique explore une page peu connue de l’histoire du cinéma français – l’apparition d’une importante « vague » de femmes cinéastes après 1968 –, la deuxième est plus classique et rend hommage à une véritable icône du 7e Art. Permettre au public à la fois de découvrir des films rarement montrés et de revoir des œuvres connues, en favorisant à chaque fois des points de vue différents, tel est l’objectif de notre programmation. Celle-ci a rassemblé, en 2011, plus de 70 000 spectateurs sur 1 000 séances organisées rue du Taur. L’augmentation de la fréquentation de la Cinémathèque, qui se poursuit depuis plusieurs années, s’accompagne d’un net rajeunissement du public. Autant de signes encourageants qui montrent que le patrimoine de cinéma connaît un succès croissant quand il est proposé sous la forme d’un vrai spectacle : en projections publiques et sur grand écran. Merci à tous !

Natacha Laurent

6e festival Zoom Arrière

En choisissant de consacrer la 6e édition de Zoom Arrière aux « Films interdits », la Cinémathèque de Toulouse entend rappeler que le cinéma, depuis ses origines, et jusqu’à aujourd’hui, n’a cessé de se battre pour que les représentations du monde puissent s’exprimer dans toutes leurs diversités. Rassembler dans une même programmation plus de 80 films toutes nationalités et périodes confondues, qui ont eu maille à partir avec la censure, c’est explorer les limites de ce que différentes sociétés peuvent accepter de montrer. C’est aussi rendre hommage à la force du cinéma et à l’engagement de ceux qui le font. Enfin, c’est rappeler ce que nous devons au travail de l’ombre mené par tous ceux qui conservent les films. Par définition, les films interdits ont pour vocation à devenir invisibles. Si nous pouvons aujourd’hui consacrer notre festival à cette thématique, c’est bien parce que les archives et les cinémathèques s’emploient depuis de longues années à sauver et à préserver les films.

Zoom Arrière est, une nouvelle fois, l’occasion pour tous les publics de se rassembler autour de ce que notre mémoire collective conserve de plus précieux. Cette 6e édition n’aurait pu voir le jour sans le soutien de nos tutelles et nombreux partenaires : qu’ils en soient ici chaleureusement remerciés.

Martine Offroy
Présidente de la Cinémathèque de Toulouse

Natacha Laurent
Déléguée générale

« rendre hommage
à la force du cinéma
et à l’engagement
de ceux qui le font »