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Extrême Cinéma

Extrême Cinéma, 13e édition. Alors que de nombreux festivals de cinéma proposent désormais dans leur programmation une section « cinéma bis », la Cinémathèque de Toulouse continue de défricher, avec une approche spécifique, et dont le caractère pionnier est désormais reconnu, les marges du cinéma. Notre archive a en effet été le premier lieu en dehors de Paris, il y a 13 ans, à consacrer un événement à cette partie de l’histoire du cinéma. Non pas pour s’encanailler – une posture ne constitue pas un projet culturel – mais bien pour explorer des thématiques surprenantes, voire difficiles à accepter, qui interrogent les limites de ce que nous avons l’habitude de côtoyer. Et toujours avec cette volonté qui caractérise la Cinémathèque de Toulouse de refuser les chapelles, de favoriser les décloisonnements, d’aiguiser la curiosité.

Cette nouvelle édition d’Extrême Cinéma rassemble donc, autour d’une thématique assurément dérangeante – l’hôpital et ses fantasmes – des univers cinématographiques très différents. Des films habituellement considérés comme du « cinéma bis », tels ceux de Larry Cohen et Jesus Franco, cohabitent ainsi avec les œuvres d’artistes reconnus, mais de sensibilité et d’époque très diverses : La Fiancée de Frankenstein (James Whale) croisera ainsi Hôpital de Frederick Wiseman, Faux-semblants de David Cronenberg, Les Yeux sans visage (Georges Franju), et Jean-Daniel Pollet voisinera même avec Luigi Comencini… Et nos invités – ils n’ont jamais été aussi nombreux ni si divers – incarnent cette ouverture : réalisateurs, producteurs, acteurs, critiques, certains sont entrés en cinéma récemment, d’autres sont déjà célèbres.

À l’heure où la présentation du cinéma de genre semble se banaliser, la Cinémathèque de Toulouse affirme une nouvelle fois sa volonté de programmer cet univers autrement, en cherchant toujours à inventer, et donc en prenant des risques – ce dont témoigne le ciné-concert d’ouverture de cette 13e édition. C’est également pour cette raison que nous avons créé un nouveau rendez-vous, « Extrême CinémaThèque », qui permet désormais de retrouver, tout au long de l’année, dans nos murs et ailleurs en France, l’esprit pionnier d’Extrême Cinéma.

Natacha Laurent

Septembre | Octobre 2011

Parce que la rentrée est toujours synonyme d’énergie et de curiosité retrouvées, nous avons souhaité inaugurer la saison 2011-2012 avec un artiste qui incarne ouverture et dynamisme : Jean-Claude Carrière. Pour ce scénariste incroyablement prolifique, acteur également dans de nombreux films, et dont l’éclectisme a été maintes fois souligné, un seul maître : l’imagination, dont il dit qu’elle est un muscle. Être constamment en alerte, inventer une histoire, lui donner sa première réalité – celle des mots, puis accepter de s’effacer, le moment venu, devant le cinéaste qui mettra en scène son texte, tel est le quotidien, depuis plus de 50 ans, de celui qui a signé près de 130 scénarios et a travaillé notamment avec P. Etaix, L. Buñuel, M. Forman, L. Malle, P. Brook. De Sauve qui peut (la vie) à Max mon amour en passant par Valmont et Cet obscur objet du désir, notre sélection de 17 films est une invitation à découvrir le riche et étonnant univers de Jean-Claude Carrière.

En octobre, vous pourrez jouer au jeu du vrai/faux en compagnie d’un très grand cinéaste européen, émigré aux États-Unis en 1934 pour fuir l’Allemagne nazie, devenu ensuite l’une des légendes de Hollywood, et qui ne cessa d’explorer la question de la vérité, de son rapport au mensonge, à l’artifice, à l’apparence : Fritz Lang. L’Ange des maudits, l’Invraisemblable Vérité, les Bourreaux meurent aussi, notre programmation se concentre sur la partie américaine de la carrière de F. Lang – histoire de rappeler aussi ce que Hollywood doit au 7e Art européen.

Enfin vous retrouverez, en dehors de ces programmations thématiques, notre nouvelle saison de ciné-concerts, enrichie et plus ouverte que jamais sur la création d’aujourd’hui, ainsi que nos divers rendez-vous mensuels – plusieurs d’entre eux ont profité de l’été pour faire peau neuve : venez vite les découvrir ! Et parce que « rien n’est sérieux dans la vie sauf le rire », nous vous invitons à venir rencontrer, le 14 septembre, celui qui a fait de cette phrase son credo : Jean-Claude Carrière.

Natacha Laurent

Cinéma en plein air

Pour la septième année consécutive, la Cinémathèque de Toulouse investit la cour du 69 rue du Taur et la transforme en une salle de projection particulièrement conviviale et accueillante : tous les soirs, du mardi au samedi, à la nuit tombée, venez frissonner, rire, pleurer, palpiter, danser, aimer, avec les plus grands films de l’histoire du cinéma. Toutes périodes, genres, nationalités confondus, c’est à un véritable festival d’émotions que nous vous convions en compagnie de Catherine Deneuve, Fred Astaire, John Huston, Liza Minnelli, Gérard Philipe, Marlon Brando, Harrison Ford, Silvana Mangano, Michel Piccoli, et bien d’autres… Dans la douceur d’une nuit d’été toulousaine, à ciel ouvert, ce grand écran dressé sur la façade de notre bâtiment est une invitation au voyage vers les plus belles contrées du cinéma.

30 films, 30 projections en plein air, et une ouverture inédite, le 25 juin, avec un ciné-concert qui mettra à l’honneur le célèbre comique Harold Lloyd. Comme l’année dernière, nous prolongerons ces séances dans la cour jusqu’au 6 août avant de fermer pour la pause estivale. Et nous vous retrouverons le 6 septembre pour une programmation consacrée à Jean-Claude Carrière, en sa présence.

Depuis 7 ans, chaque été, nous développons notre programmation de cinéma en plein air car il faut vous le dire très simplement : nous adorons ce moment ! Et chaque été, vous êtes toujours plus nombreux à apprécier ces séances. Un très grand merci à vous tous, et que le spectacle commence !

Natacha Laurent

« venez frissonner, rire, pleurer, palpiter, danser, aimer… »

Mai | Juin

Deux icônes du cinéma. Deux immenses actrices. Leurs attitudes sont très différentes. L’une est de profil, pensive, perplexe, la main soutenant un front que l’on devine fatigué, le regard perdu dans un monde intérieur peut-être douloureux. L’autre regarde la caméra dans un mouvement qui est une invitation à la danse et son sourire est solaire. Et pourtant ces deux femmes se font écho : éclatantes de beauté et de talent, enveloppées de fleurs, observées par un double féminin – l’une est une statue dans la pénombre, l’autre est son double dans le miroir, elles incarnent l’œuvre de deux cinéastes essentiels.

Gena Rowlands, ici dans un rouge écarlate, a été l’égérie de celui qui est à l’origine de notre programmation du mois de mai : John Cassavetes, celui dont le nom est pratiquement devenu synonyme de cinéma indépendant. Consacrer une programmation au cinéma indépendant américain, c’est partir à la découverte de cet univers qui s’est opposé, à partir des années 50, au cinéma traditionnel de Hollywood. Et parce que cette production est particulièrement riche, nous avons choisi de la scinder en deux moments : le premier, qui embrassera la période qui va des années 50 aux années 70, se déroulera en mai 2011. La deuxième partie, consacrée aux années 80 et 90, aura lieu en février 2012.

Quant à Claudia Cardinale, lumineuse ici dans ces nuances de blanc et de bleu-vert, elle fut l’une des actrices fétiches de Luchino Visconti. Les restaurations récentes de trois films majeurs – Senso, Le Guépard, Les Damnés – nous permettent enfin de rassembler la quasi-intégralité de cette œuvre somptueuse, et qui est un défi au temps. Certes un titre manque – et non des moindres : Sandra – le coût global de la projection étant prohibitif. Mais nous aurons l’honneur de recevoir celui dont le nom et le talent incarnent l’œuvre flamboyante de Visconti : venez rencontrer, le 8 juin prochain, Helmut Berger, l’interprète inoubliable de Ludwig, des Damnés, et de Violence et Passion.

Natacha Laurent

Mars | Avril

Pour accueillir le printemps, la Cinémathèque de Toulouse a choisi de se mettre à l’heure mexicaine en rendant hommage à Luis Buñuel, et en rassemblant les films qu’il créa au Mexique. Cinéaste espagnol né au début du XXe siècle en Espagne, Buñuel fit une entrée fracassante dans le monde du cinéma à la fin des années 1920, devenant ainsi l’un des maîtres du surréalisme. Lorsqu’il choisit de quitter l’Europe et de s’installer au Mexique en 1947, une nouvelle période de sa carrière s’ouvrit alors : découverte des studios et nécessité de s’adapter à un système particulier de production certes, mais fidélité à ses thèmes de prédilection, à son affection pour l’irrévérence, et bien sûr à son incroyable capacité d’invention. Et au final, deux palmes d’or à Cannes : la première pour Los Olvidados en 1951, la seconde pour Viridiana en 1961. Et c’est l’une des plus grandes actrices mexicaines qui viendra comme ambassadrice de Luis Buñuel : Silvia Pinal, interprète notamment de Viridiana et de l’Ange exterminateur, rencontrera le public le 16 mars pour un métier de cinéma exceptionnel.

Le mois d’avril sera l’occasion de découvrir une forme particulière de comique : le burlesque poétique français, qui met à l’honneur des personnages lunaires, souvent issus du monde du cirque et du music-hall, alternant fantaisie, maladresse et gags. Deux cinéastes, acteurs de leurs propres films, sont devenus emblématiques de cet univers et constituent donc le cœur de cette programmation : Jacques Tati et Pierre Etaix. Et nous aurons le bonheur de recevoir celui-ci à la Cinémathèque le 5 avril à l’occasion de l’intégrale de son œuvre. L’ensemble de ses films, de Yoyo au Grand Amour en passant par Tant qu’on a la santé, vient en effet de faire l’objet d’une très belle restauration : l’occasion, une nouvelle fois, de rappeler toute l’importance du travail de conservation du patrimoine cinématographique.

Natacha Laurent