Destiné aux journalistes et professionnels des média, l’espace presse propose des éléments rédactionnels (communiqués et dossiers de presse) et visuels (photos de films, portraits de cinéastes…) sur les programmations de la Cinémathèque. Ce type de matériel de presse est également disponible sur d’autres thèmes (restaurations, communication institutionnelle, etc.).
Pour obtenir les codes de cet espace professionnel : clarisse.rapp@lacinemathequedetoulouse.com
Fidèle à sa volonté de s’ouvrir à toutes les sensibilités musicales et cinématographiques, La Cinémathèque de Toulouse propose des ciné-concerts de styles très variés.
Au cœur de Toulouse le lieu de tous vos événements :


Conçu comme un espace de dialogue pédagogique et culturel, l’espace enseignants s’adresse aux professionnels de l’éducation.
Il leur permet de télécharger des documents, dont la brochure annuelle Activités éducatives et culturelles, et de remplir en ligne les demandes de projection dans le cadre de leur projet pédagogique.

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Dans notre société, l’érotisme et la pornographie ont longtemps trouvé dans la clandestinité l’espace privilégié où ils pouvaient exister sans encourir systématiquement les foudres de la loi. Spectacle public, le cinéma fait, dès ses origines, l’objet d’un contrôle social exercé localement par les commissariats et les mairies au même titre que les théâtres ambulants ou les exhibitions foraines ; les films sont donc soumis aux mêmes interdictions morales : pas de nudité, pas de violence, pas de sexualité… Les premiers « érotiques » ne sont que de courtes scènes coquines, polissonnes ou grivoises ; et même si l’allongement de la durée et l’amorce d’une narration les rendent plus « osés », ils restent malgré tout très « soft » pour notre regard contemporain.
En revanche, il n’est pas surprenant que le film pornographique ait éclos dans ces bien-nommées maisons « closes » puisque le regard public ne peut s’y exercer de l’extérieur. Leur clandestinité les soustrait à la loi commune : elles montrent sur l’écran nudités et pratiques sexuelles en tout genre mais rarement de la violence, le ton est plutôt drôle voire paillard mais toujours cru. Dans ces « maisons », le film a un statut bien particulier : c’est un apéritif de l’imaginaire avant la mise en bouche bien réelle du « festin » sexuel. Dit autrement : on n’allait pas au « bordel » par cinéphilie !
À la Libération, une loi interdit ces « maisons de plaisirs ». Les films pornographiques continuent à se faire clandestinement mais leur diffusion se fait en format réduit (9,5 mm, 8 mm) ; ils sont vendus ou loués « sous le manteau » et leur consommation, même à plusieurs, relève désormais de la seule sphère du privé, faite d’amateurs et de collectionneurs.
Sur le terrain du cinéma institutionnel, les films se « dénudent » progressivement. Le polar, le fantastique, l’horreur… se prêtent bien à cette nudification des corps jusqu’à ce que, dans les années 60, le rapport s’inverse entre le genre et les séquences nues puis qu’apparaissent les premières relations sexuelles bien évidemment simulées. Des salles vont, sur le modèle du « Midi-Minuit » à Paris, se spécialiser dans la programmation de ces films pour la plupart interdits aux moins de 16 puis 18 ans. C’est le temps du « soft »…
La déferlante du « hard » démarre en 1972. Ce retour public du film pornographique où les actes sexuels ne sont pas simulés et où les perversions s’affichent cohabite avec un « soft » endurci triomphant dans des « érotiques de luxe » (Histoire d’O, Emmanuelle, etc.). Il faut attendre 1976 pour que la loi sur le « X » mette de l’ordre en créant de nouvelles maisons closes : les salles présentant des films classés X. Mais, à la différence des maisons d’autrefois, on ne consomme plus que du film dans ces nouveaux ghettos… De fait, leur sur-taxation financière fut telle qu’elles ont progressivement fermé au profit des sex-shops, mais c’est une autre histoire qui commence.
Jean-Paul Gorce
Cinéma iranien, combat d’une vie !
Autrefois lorsqu’on parlait de l’Iran, on pensait pétrole, caviar, tapis et safran. Quelques décennies plus tard, la donne a totalement changé. Le cinéma avec le pétrole représente le « produit » d’exportation le plus glorifiant de ce pays. En un temps record, cette cinématographie quasi inconnue s’est imposée dans les plus prestigieux festivals internationaux. Dernier exemple en date, Une séparation (Asghar Farhadi), succès d’estime mais aussi succès public, a remporté 3 Ours d’or à la Berlinale 2011 et a de fortes chances de se voir couronner de l’Oscar du meilleur film étranger.
Le cinéma iranien est aujourd’hui une réelle industrie qui produit plus de 100 longs métrages par an, une moyenne qui le place parmi les 10 premiers producteurs mondiaux. Mais l’arbre cache parfois la forêt. Le cinéma iranien, c’est avant tout – hélas – un sport de combat. Une lutte aussi acharnée que subtile entre les artistes et la censure, entre les créateurs et les interdits religieux et politiques. Le cinéma iranien, c’est une montagne de scénarios refusés, de films jamais tournés, jamais montrés. Ce sont de longs mois d’attente pour obtenir un visa de censure, sésame nécessaire pour tourner et exploiter un film. C’est la crainte de voir son œuvre sombrer dans les oubliettes du ministère de la Culture et de la Guidance islamique.
Aujourd’hui, les cinéastes iraniens, habitués à créer avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête, en parlent comme quelque chose de « naturel ». Mais le risque est là, partout, et filmer n’est jamais innocent lorsqu’on cherche à être l’observateur attentif de la société dans laquelle on vit. Dernier exemple en date : la fermeture de la Maison du cinéma en janvier dernier, institution composée de 29 syndicats cinématographiques, organe indépendant, représentant tous les corps du métier, haut lieu de résistance, forte de ses 5 500 membres, fermée du jour au lendemain sur un simple « oukase » du ministère.
Ce combat, c’est un peu David contre Goliath, avec ses exploits, ses ruses et ses victoires aussi. Ce combat a toujours existé, que ce soit à l’époque du Shah, ou depuis l’avènement de la République islamique. Il forge en partie l’identité du cinéma iranien. Mais le cinéma iranien résiste, souffre, se renouvelle, vit, renaît dans la difficulté et dans la peur, apporte chaque jour la preuve qu’il est un lieu d’expression essentiel pour la société civile, une manifestation de son bouillonnement, sa pulsation en quelque sorte. Sans doute est-il apprécié du public occidental en raison de l’image quasi-documentaire d’un pays que l’on connaît mal.
Ses détracteurs ont longtemps prétendu que son succès était lié à sa situation politique chaotique, transformant ses récompenses en simples prix de complaisance. Ses allégations méprisantes font injure à tous les amoureux du cinéma qui admirent l’originalité du cinéma iranien, un cinéma qui possède aujourd’hui ses codes, ses références, son esthétique. Un cinéma qui manifeste tous les jours sa vitalité. Une bonne nouvelle en provenance d’Iran !
Nader T. Homayoun
Quand le cinéma dialogue avec la censure
Dès ses débuts en tant que réalisatrice, Catherine Breillat est confrontée à la censure. Son premier film, Une vraie jeune fille (1975), une adaptation de son troisième roman, est interdit en France à sa sortie. Il est finalement autorisé en 2000. De Tapage nocturne (1979) à Romance (1999), Catherine Breillat ne cesse d’analyser, avec un attachement farouche à sa liberté d’auteur, les rapports de force entre hommes et femmes, les tabous de la morale judéo-chrétienne et la métaphysique de la jouissance sexuelle. Ses films dessinent une œuvre exigeante qui explore régulièrement les limites autorisées par la censure.
« Je déteste qu’on m’interdise quelque chose, je veux le voir. Tout ce qui est interdit je veux le voir. Montrer l’invisible parce que souvent c’est interdit. On vous dit qu’on ne peut pas le filmer parce que c’est laid. Qu’est-ce que c’est que le laid ? Surtout en art. En tout cas, l’art ce n’est pas le joli. Vous pouvez opposer le laid au joli, le laid au beau, mais déjà on sait que le laid et le beau sont frères jumeaux. Il n’y a donc que le joli qui est affreux. C’est mièvre. C’est une demi-mesure et ce qu’on appelle à tort le bon goût. »
Catherine Breillat
propos recueillis par Alexandre Tylski
Tout au long de l’année, la Cinémathèque de Toulouse accorde une place centrale, dans ses programmes et ses actions, aux publics jeunes. Projections, ateliers, visites, rencontres, l’ensemble de ces propositions permet aux jeunes générations de découvrir le patrimoine cinématographique dans les meilleures conditions : collectivement et sur grand écran.
Zoom Arrière est le moment privilégié pour goûter au plaisir d’un vrai spectacle de cinéma et pour éveiller la curiosité. La thématique de cette 6e édition – Films interdits – est assurément difficile à décliner pour les jeunes publics et peut même être considérée comme un véritable défi : comment en effet montrer à ces spectateurs des images qui ont été censurées parce que jugées par certains comme polémiques, contestataires, insoutenables voire dangereuses pour l’ordre moral et/ou public ?
Mais le rôle d’une cinémathèque est aussi de participer à la formation du regard, et donc de sensibiliser les jeunes générations au fait que la liberté de création n’est jamais une évidence et qu’elle est toujours le résultat d’une conquête. En rendant hommage au cinéma iranien contemporain, Zoom Arrière permet aux plus jeunes de découvrir une production particulièrement riche et originale tout en révélant un paradoxe pour le moins surprenant : ce cinéma, qui lutte au quotidien contre la censure, se révèle être, en réalité, accessible au plus grand nombre, et dès le plus jeune âge. Peut-être parce que les réalisateurs iraniens ont le don de se concentrer sur le détail d’un motif, l’apparente banalité du quotidien, le sens d’un geste anodin, pour nous faire accéder à l’universel.
Mais comme tous les films interdits ne sont pas systématiquement inaccessibles aux publics jeunes, les plus âgés pourront suivre le destin de quelques grands titres censurés, sélectionnés pour eux, comme La Grande Illusion. Enfin, un programme spécialement conçu pour le temps scolaire est proposé aux enseignants, et l’expérience des deux jurys – Jury Jeunes (lycéens) et Jury Ciné-concert (étudiants) – est une nouvelle fois reconduite. Zoom Arrière 2012 rappelle, tant dans sa programmation que dans les actions proposées pour accompagner les films, que le cinéma est échange, écoute et liberté.
Natacha Laurent
En choisissant de consacrer la 6e édition de Zoom Arrière aux « Films interdits », la Cinémathèque de Toulouse entend rappeler que le cinéma, depuis ses origines, et jusqu’à aujourd’hui, n’a cessé de se battre pour que les représentations du monde puissent s’exprimer dans toutes leurs diversités. Rassembler dans une même programmation plus de 80 films toutes nationalités et périodes confondues, qui ont eu maille à partir avec la censure, c’est explorer les limites de ce que différentes sociétés peuvent accepter de montrer. C’est aussi rendre hommage à la force du cinéma et à l’engagement de ceux qui le font. Enfin, c’est rappeler ce que nous devons au travail de l’ombre mené par tous ceux qui conservent les films. Par définition, les films interdits ont pour vocation à devenir invisibles. Si nous pouvons aujourd’hui consacrer notre festival à cette thématique, c’est bien parce que les archives et les cinémathèques s’emploient depuis de longues années à sauver et à préserver les films.
Zoom Arrière est, une nouvelle fois, l’occasion pour tous les publics de se rassembler autour de ce que notre mémoire collective conserve de plus précieux. Cette 6e édition n’aurait pu voir le jour sans le soutien de nos tutelles et nombreux partenaires : qu’ils en soient ici chaleureusement remerciés.
Martine Offroy
Présidente de la Cinémathèque de Toulouse
Natacha Laurent
Déléguée générale
« rendre hommage
à la force du cinéma
et à l’engagement
de ceux qui le font »
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