Destiné aux journalistes et professionnels des média, l’espace presse propose des éléments rédactionnels (communiqués et dossiers de presse) et visuels (photos de films, portraits de cinéastes…) sur les programmations de la Cinémathèque. Ce type de matériel de presse est également disponible sur d’autres thèmes (restaurations, communication institutionnelle, etc.).
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Fidèle à sa volonté de s’ouvrir à toutes les sensibilités musicales et cinématographiques, La Cinémathèque de Toulouse propose des ciné-concerts de styles très variés.
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Conçu comme un espace de dialogue pédagogique et culturel, l’espace enseignants s’adresse aux professionnels de l’éducation.
Il leur permet de télécharger des documents, dont la brochure annuelle Activités éducatives et culturelles, et de remplir en ligne les demandes de projection dans le cadre de leur projet pédagogique.

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« Si je disparais, cherchez-moi partout dans le monde, sauf là », disait Luis Buñuel à ses amis. Le « sauf là » en question, c’était l’Amérique du Sud. Un « sauf là » où il a passé une grande partie de sa vie et où, loin de disparaître, il est peut-être bien réellement apparu. Il en a pris la nationalité et il y a vécu jusqu’à sa mort. Le Mexique. En bon surréaliste, il y est arrivé par hasard, en 1946, pour ce qui ne devait être que l’escale d’un voyage vers la France et le tournage d’un nouveau film d’après son vieil ami Lorca. Le film ne se fit pas et l’escale prit un tour permanent. Une parenthèse. C’est ce que l’on imagine habituellement quand on évoque la période mexicaine de Buñuel : une parenthèse – parce que quand on dit Buñuel, si l’on excepte Los Olvidados, El, ou Viridiana (tourné en Espagne, mais production hispano-mexicaine avec Silvia Pinal), on pense immanquablement à ses deux premiers films et à ses derniers. Un bien beau paradoxe quand on considère que sur la trentaine de titres de sa filmographie, près de vingt sont mexicains. Une parenthèse, comme une vie alors, qui n’a rien d’une mise entre parenthèses. Et un intitulé qui tient du pléonasme, mais qu’il est bon de rappeler de temps à autre. Buñuel le Mexicain comme on dirait Buñuel le surréaliste.

Quand il débarque au Mexique, Buñuel a déjà plusieurs vies derrière lui, Un chien andalou, un Âge d’or et une Terre sans pain. Un passage par la production, pour la Filmofono, pendant la République. La supervision de documentaires et de films de propagande pour la République pendant la Guerre d’Espagne. Le doublage en espagnol de films américains, à Hollywood, après avoir été remercié par le Musée d’art moderne de New York grâce au livre d’un vieil ami, un certain Salvador Dali devenu Avida Dollar, qui en fit aux yeux des puritains américains un monstrueux athée, une infamie.
Quand il débarque au Mexique, Buñuel n’a pas un sou, pas vraiment d’avenir cinématographique et n’a déjà plus tourné depuis presque quinze ans. Une éternité. Sachant qu’il n’a réalisé jusque-là que trois films qui, mis bout à bout, en tout, font moins de deux heures. Un documentaire et deux films. Deux films qui ont marqué l’histoire du cinéma au fer rouge et à la lame de rasoir, mais réalisés dans des conditions de production très particulières. Hors des conditions industrielles habituelles. Or, c’est dans ces conditions-là qu’il lui faudra travailler dans les studios mexicains. Faire des films commerciaux, avec peu de moyens, pour une industrie cinématographique avec ses codes, ses genres, ses stars. Ranchera, mélodrame familial, comédie picaresque, drame religieux ou urbain… Son premier film mexicain, d’ailleurs, Gran Casino, sera un film chanté, un mélo, avec les deux grandes stars mexicaines, Libertad Lamarque et Jorge Negrete.

Ses premières années mexicaines sont comme un apprentissage. Il s’intéresse à la technique, expérimente, les cadrages, le plan-séquence… et ne respecte pas certaines règles. Luis Buñuel apprend le cinéma, comme il dit, « normal ». Et paradoxalement, il se libère en quelque sorte du cinéma. Faut-il y voir un renoncement, une normalisation de celui qui avait explosé tous les codes, éventré les tabous et réalisé des films comme des œuvres d’art ? Lui, le poète surréaliste de la pellicule, rendu, vendu, au cinéma commercial ? En réalité, de poète il se fait cinéaste. De surréaliste de cinéma, il devient cinéaste surréaliste. Avec le Mexique, il quitte le salon des Noailles et les cercles artistiques pour les salles populaires. Buñuel le Mexicain est un cinéaste véritablement subversif, qui infiltre les normes pour les dynamiter de l’intérieur. Ainsi, toujours dans Gran Casino, la scène du baiser, passage obligé de ce type de production, qu’il ne filme pas, insérant à la place le plan d’un bâton remuant de la boue. Ainsi de tous ses films mexicains, à travers lesquels il développera ses thèmes de prédilection, la frustration sexuelle, le sacré et le profane, opposant toujours aux conventions de situations attendues son instinct créatif. Buñuel le Mexicain, c’est le paradoxe d’un cinéaste qui se fabrique alors qu’il est déjà entré dans l’Histoire. Le paradoxe d’un cinéaste qui s’invente alors qu’il a déjà inventé une nouvelle forme de cinéma. Non plus le surréalisme comme une création, mais de l’usage du surréalisme dans la création. Et pourquoi pas, alors, un Buñuel le Mexicain plus surréaliste que Buñuel le surréaliste…
Franck Lubet
« Pendant longtemps, j’ai été considéré comme l’inventeur du comique cinématographique, dit “slapstick”, mais il est temps que je confesse la vérité : ce sont les Français qui sont les inventeurs du slapstick et je les ai imités. Je n’ai jamais pu m’aventurer aussi loin qu’eux, parce que si vous donnez à un Français l’opportunité d’être comique, il ira jusqu’au bout ». Une belle confession de Mack Sennett, même s’il ne s’agira pas exactement ici du burlesque tel qu’on l’entend habituellement ; celui affilié au muet. D’ailleurs, de quoi s’agit-il ? C’est quoi le burlesque poétique ?

Quand on dit « burlesque poétique », on pense aussitôt à Jacques Tati et Pierre Etaix. Et si l’on veut en donner une définition, on commencera par les prendre en exemple. Par facilité. Parce qu’ils l’incarnent parfaitement, qu’ils en sont à la fois le parfait exemple et finalement la définition. Le burlesque poétique, c’est d’abord eux. Une gestuelle et un jeu avec le corps issus du music-hall et du cirque. L’invention d’un personnage, entre le clown et le pantomime, qu’on lâche dans une histoire bordée de gags.
Mais, à la base, le burlesque poétique n’existe pas. Les deux termes peuvent être associés : le burlesque et le poétique. Mais le burlesque poétique, lui, n’existe pas en soi, en tant que genre ou courant cinématographique. Vous n’en trouverez pas de traces dans les dictionnaires ; au contraire d’un réalisme poétique qui existe bel et bien, lui, reconnu en tant que tel. Et c’est peut-être de lui qu’il faut partir pour essayer de délimiter ce burlesque poétique. Un burlesque poétique à contrario du réalisme poétique, ou comme son prolongement ? En tout cas il y a du Prévert dedans et c’est peut-être bien lui qui fait le lien. Prévert + Carné = réalisme poétique. Prévert + Prévert (Jacques et Pierre) = burlesque poétique. Le goût et l’affection pour les personnages et les environnements populaires sans le fatalisme du réalisme poétique. Ou une forme de réalisme poétique antinaturaliste. Pas une poétisation du réel, mais une poésie qui s’attaque au réel.

Parce que le burlesque poétique garde du burlesque originel son côté anarchisant et destructeur. Sans la benzédrine des Marx Brothers, mais avec l’humanisme des frères Prévert. Le burlesque poétique aime le chaos. Il le sème. Mais pas comme le burlesque sèmerait le vent pour avoir la tempête. Il le sème comme on s’échappe, prenant de vitesse, gagnant de la distance, toujours en avance. Au chaos anarchisant, le burlesque poétique préfère la fantaisie libertaire. Un pique-nique dans les arbres, des voyages surprises, c’est-à-dire désorganisés, comme un séjour de naufragés volontaires sur une île déserte ou la recherche d’une armoire volée qui joue les chaises musicales. L’ordre moins le pouvoir : le désordre. Le désordre au pouvoir ou plutôt le pouvoir du désordre. Ce désordre qui remet les choses en ordre, dans l’ordre des choses. Comme l’exception confirme la règle. Comme l’absurde ramène la raison à la raison, c’est-à-dire la libère. Et pour cela, il fait de la maladresse un art. Celle du rêveur. Comme le terme « rêveur » sert couramment à désigner celui qui est maladroit mais aussi le poète. Maladroit parce que la tête ailleurs, la tête dans un ailleurs. Hors du commun.
Le burlesque poétique aime la zizanie, mais en prenant son temps, en jouant avec son temps aussi. Il est hors du commun, mais part toujours du commun. Il le sublime. Le burlesque poétique naît de l’observation. La société. Les rapports humains. L’homme en société et la place de l’homme dans la société. Il remet l’homme au centre. Il fonctionne sur l’invention d’un personnage qui colle à la peau de celui qui l’incarne, Pierre Etaix, Jacques Tati, Claude Melki, Pierre Richard… Jusqu’au stéréotype. Et paradoxalement ce stéréotype fabriqué de toutes pièces, que l’on connaît, reconnaît aussitôt qu’il apparaît à l’écran, ce stéréotype totalement identifié pour chacun d’eux, c’est aussi nous, spectateurs. C’est surtout nous, acteurs de la vie de tous les jours, ce nous que bien trop souvent nous ignorons. Le burlesque poétique nous le révèle. Il nous révèle à nous-mêmes. Et c’est peut-être cela finalement : un révélateur, qui nous fait sourire de nous-mêmes.
Franck Lubet
En choisissant de mettre l’Antiquité à l’honneur, Zoom Arrière 2011 entend montrer que passé
et présent ne cessent de dialoguer, de se rencontrer et de se réinventer mutuellement. Alors que depuis
une dizaine d’années, le peplum connaît un regain d’intérêt, autant chez les cinéastes que chez
les spectateurs, la Cinémathèque de Toulouse propose d’embrasser plus d’un siècle de cinéma pour
suivre, des origines aux productions les plus actuelles, les différentes incarnations cinématographiques
du monde antique. Qu’il s’agisse des fi gures mythologiques, des dirigeants politiques ou des principaux
événements qui ont marqué les représentations collectives, retrouver l’Antiquité à la lumière du cinéma
c’est revenir aux questions essentielles qui fondent notre civilisation : le rapport au sacré, la guerre, la
violence, l’organisation politique de la société…
Avec plus de 40 fi lms, de Cabiria à Agora, cette programmation est non seulement l’occasion de revoir
sur grand écran des chefs-d’oeuvre du cinéma et de redécouvrir les reconstitutions grandioses de lieux
emblématiques, du Colisée à Rome aux plus beaux temples d’Egypte, mais aussi de renouer avec cette
dimension populaire du cinéma à laquelle la Cinémathèque de Toulouse est attachée. L’invité d’honneur
de la 5e édition de Zoom Arrière incarne cette cinéphilie partagée avec le plus grand nombre : Claude-
Jean Philippe, fondateur du ciné-club pour la télévision publique il y a exactement 40 ans, a transmis
la passion du cinéma à plusieurs générations de spectateurs. L’occasion, aujourd’hui, de le remercier et
de rappeler tout ce que le 7e Art doit aux ciné-clubs !
Il y a cette séquence dans Oldboy de Park Chan-wook. Dans l’étroitesse d’un long couloir verdâtre, dans la durée d’un plan séquence tout en travelling latéral, Choi Min-sink, qui joue le rôle d’un type ivre de vengeance après avoir été séquestré sans raison pendant près de quinze ans, affronte une bonne douzaine d’hommes de main à coups de marteau. Cet homme avec son marteau, c’est le cinéma sud-coréen. Une cinématographie trop longtemps étouffée par l’histoire : l’annexion japonaise, les conflits, les dictatures. Une cinématographie qui aujourd’hui écrase le cinéma mondial par son inventivité et sa vitalité. Im Sang-soo (Girls’ Night Out, The President’s Last Bang, Le Vieux Jardin…), Kim Ki-duk (L’Île, The Coast Guard, Printemps, été, automne, hiver… et printemps…), Bong Joon-ho (The Host, Memories of Murder, *Mother*_…), Park Chan-wook (_*Sympathy for Mr Vengeance*, Old Boy, Lady Vengeance, *Thirst*_…), Lee Chang-dong (_*Poetry*, Secret Sunshine, Oasis)… Des noms et des titres qui évoquent ce qui se fait de plus neuf et de plus excitant actuellement au cinéma.

Grosso modo, si les années 90 ont été la décennie du cinéma hong-kongais, la découverte et la reconnaissance en Occident de cette cinématographie dans toute sa richesse, de même, les années 2000 auront été celles du cinéma sud-coréen. On le sait de par son extrême vitalité, tant à l’exportation qu’à tenir tête au cinéma hollywoodien sur son territoire, commercialement. On le voit à travers les films, artistiquement. On l’a pourtant considéré pendant longtemps comme le parent pauvre des deux grosses cinématographies asiatiques, japonaise et hong-kongaise. À leur traîne, ou reprenant leurs modèles dans des versions plus « cheap ». Reste qu’aujourd’hui, c’est bien le cinéma coréen qui tient de l’avant-garde. Et cette place prépondérante, bien évidemment ne s’est pas gagnée comme ça, par hasard, comme un champignon sorti de la dernière averse.
Il y a une histoire du cinéma coréen, comme il y a une histoire de la Corée, et les deux sont liées. L’annexion et l’occupation par le Japon de 1910 à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. La séparation du pays en deux le long du 38e parallèle. La guerre de Corée de 1950 à 1953. La Corée du Nord et la Corée du Sud depuis 1953. La République de Corée et ses régimes autoritaires, de Syngman Rhee (jusqu’en 1960), de Park Jeong-hee (de 1963 à son assassinat en 1979), de Chun Doo-hwan (de 1980 à 1988), jusqu’à l’élection de Kim Young-sam en 1992, premier civil élu Président de la République depuis 1961. Cinématographiquement, cela se traduit d’abord par une première moitié du XIXe siècle pauvre, d’un cinéma sous le joug de l’occupant nippon et aujourd’hui pour beaucoup disparu. Ce qui nous amène à la véritable naissance du cinéma coréen – sud-coréen – à partir de 1953 et pour une belle décennie, avec quelques noms incontournables tels que Sin Sang-ok, Kim Ki-young… avant que le coup d’État de Park Jeong-hee et la nouvelle mainmise des militaires sur la société, et donc la production cinématographique, ne freinent considérablement un essor que l’on ne connaîtra qu’à partir des années 80 et principalement à travers Im Kwon-taek, figure tutélaire du cinéma coréen.
Toute une période qui fera la part belle au mélodrame, comme souvent quand une cinématographie est sous surveillance (quand on ne veut pas faire de films de propagande, on se tourne vers le mélo pour éviter la censure). Aujourd’hui, depuis la démocratisation entamée en 1988, le cinéma a explosé tous les carcans, dans tous les sens et tous les genres. Et c’est de cette partie visible de l’iceberg (les années 2000) que nous sommes partis pour essayer de remonter le courant comme on remonte le temps. Bien sûr, il est impossible d’embrasser toute une cinématographie en si peu de temps et de titres. Et si l’on n’a pu envisager le cinéma sud-coréen dans toute sa diversité, du moins avons-nous essayé d’en donner une vue en coupe dont on pourra explorer deux spécificités : la guerre et la frontière avec le Nord d’un côté, à différentes époques (La Vallée de Pia, La Saison des pluies, The Coast Guard, Memories of Murder, Le Vieux Jardin). La place des femmes de l’autre, les mœurs et la sexualité (Les Pommes de terre, Une femme en hiver, Le Rouet, l’histoire cruelle des femmes, Les Corrompus, Le Chant de la fidèle Chunhyang, Locataires, Girls’ Night Out, The Housemaid). Un voyage excitant qui aura pour guide un des cinéastes phares de la nouvelle vague coréenne, Im Sang-soo, présent à la Cinémathèque le mercredi 12 janvier.
Franck Lubet
La question est de saison et semble simple. Mais en apparence seulement. Comment définir le bonheur autrement que de façon négative ? Le bonheur serait-il cet état qui nous permet d’échapper au malheur ou est-il simplement une situation qui rend heureux ? Et ça se corse lorsque le 7e Art s’en mêle : qu’est-ce que le bonheur au cinéma ? Faut-il le chercher du côté des films qui le mettent en scène ou de ceux dont la projection rend heureux ?

Nous avons voulu partager ces interrogations avec 11 artistes, fidèles amis de la Cinémathèque. Au cours de ces dernières années, nous avons construit avec eux des liens forts et, à chaque fois, notre histoire a commencé par des films. Des films pour rendre hommage à leur travail, ceux dans lesquels ils ont joué, ceux qu’ils ont mis en scène, ceux qu’ils ont aimés et continuent d’aimer : ces 11 artistes ont en effet été à l’honneur de notre programmation depuis 2005. Ils sont tous venus à la Cinémathèque pour rencontrer le public, à l’exception d’un seul, retenu à l’époque sur un tournage.
Ces 11 amis, tous cinéastes ou comédiens, ont accepté de répondre à la question difficile que nous leur avons posée : choisir trois films qui soient synonymes pour eux de bonheur. À partir de leur réponse, nous nous sommes mis à la recherche des copies existantes et disponibles – quête toujours incertaine, mais qui fonde le travail d’une cinémathèque. Pour certains, c’est le premier film de leur liste qui a été trouvé, et c’est celui que vous verrez. Mais ce n’est pas le cas de tous. Cette carte de vœux collective est donc le résultat du croisement entre les souhaits de ces artistes et la disponibilité des copies.
Chacun a réagi à sa façon, mais ils ont tous répondu avec enthousiasme, prouvant ainsi leur attachement à la Cinémathèque de Toulouse. Ils nous permettent ainsi de vous présenter, d’une certaine façon, la famille de cinéma qui est en train de se constituer autour de notre archive. Tous les membres ne sont pas là, mais nous trouverons d’autres occasions pour les rassembler. Certains ont été surpris par la question tant ils ont l’impression qu’on les associe trop souvent, et à tort, à la tristesse, voire au malheur. D’autres ont éprouvé le besoin d’une longue et chaleureuse conversation téléphonique avant de citer leurs « films-bonheur ». Beaucoup ont adressé de longs mails, commentant leurs choix et partageant les interrogations que notre question suscitait chez eux. Tous ont pris le temps de faire une pause pour nous répondre – qu’ils aient été sur un tournage, en écriture, en montage, ou en préparation d’un prochain film ou d’un prochain spectacle, en France ou à l’étranger.

Cette carte de vœux cinématographique dessine un portrait du bonheur très riche : le bonheur peut être associé à l’enfance, à un film vu dans les premières années de la vie ou dans lequel le monde de l’enfance est présent. Il est aussi suscité par l’euphorie que font naître certains films énergiques, qui portent l’art du spectacle à son apogée et mêlent danse, musique et dialogues avec finesse. Et le bonheur, ce sont aussi de très grands titres, qui accompagnent toute une existence, la nourrissent au quotidien, et sont synonymes d’une certaine plénitude.
Vous allez découvrir le choix de ces 11 artistes, qui ont accepté, pour l’occasion, d’être rassemblés. Certains vont peut-être vous surprendre. Tous vont vous toucher car chacun d’eux est un don qui vous fera découvrir, en partie, le monde intérieur de celui qui l’a choisi. Au moment de recevoir ces cadeaux, nous leur adressons tous nos remerciements, à la fois pour cette carte de vœux, mais aussi, et surtout, pour le bonheur qu’ils nous donnent dans leurs films : leur cinéma nous aide à vivre, et c’est peut-être au fond ce que nous cherchions à leur dire quand nous leur avons proposé de participer à cette programmation-bonheur.
Natacha Laurent
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