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Édito

Qu’est-ce qu’un ciné-concert ? À l’heure où ce vocable se banalise et où l’on voit fleurir toutes sortes d’événements le revendiquer comme « label », la Cinémathèque
de Toulouse continue d’explorer, à travers cette cinquième saison de ciné-concerts, toutes les possibilités de cette forme de spectacle. Ni cinéma au service de la musique, ni musique au service du cinéma, le ciné-concert est d’abord un moment de rencontre originale entre ces deux arts, et plus exactement entre un film du passé et un – ou des – musicien(s) d’aujourd’hui. Et cette rencontre ne peut pas s’envisager sur le mode d’un rapport de force mais bien sur celui d’un véritable dialogue : l’un ne doit pas l’emporter sur l’autre, et c’est bien de la recherche de cet équilibre qu’émergent la spécificité et la magie du ciné-concert.

Cette nouvelle saison est construite autour de deux propositions : l’une thématique, l’autre événementielle. La première trouve son origine dans ce qui constituera
l’un des événements culturels majeurs de la rentrée à Toulouse : l’exposition sur « Benjamin Constant (1845-1902) et l’Orientalisme » organisée par le Musée des Augustins, en collaboration avec le Musée des Beaux-Arts de Montréal. À cette occasion, la Cinémathèque de Toulouse propose de redécouvrir sept films muets essentiels sur cette thématique : un Orient féérique et fantasmé par l’Occident à partir de textes célèbres tels Les Mille et Une Nuits, Salammbô ou L’Atlantide, et incarné par les grandes stars
des années 1920 comme Ivan Mosjoukine, Douglas Fairbanks, Rudolph Valentino.

La deuxième proposition trouve son inspiration dans les collections de la Cinémathèque de Toulouse dont la richesse permet de programmer tant des films connus
(La Terre d’Alexandre Dovjenko) que des titres rarement montrés (Un débris de l’empire de Friedrich Ermler). Et de participer à une restauration d’envergure, dont l’avant-première aura lieu à Toulouse en décembre, et qui clôturera ainsi les 50 ans de l’institution fondée par Raymond Borde en février 1964 : Les Misérables d’Henri Fescourt.

Découvrir ou redécouvrir ces grands films du patrimoine dans une approche à la fois originale, inventive et respectueuse, telle est, cette saison encore, la démarche
de la Cinémathèque de Toulouse.

Natacha Laurent
déléguée générale de la Cinémathèque de Toulouse