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Il était une fois… avant le cinéma | Introduction

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Le terme pré-cinéma désigne les différentes techniques de projection et d’animation d’images ayant précédé l’invention du cinématographe et s’inscrivant donc dans une « pré-histoire » du cinéma.


La Cinémathèque de Toulouse conserve une extraordinaire collection dédiée au pré-cinéma appartenant au Musée Paul-Dupuy : la Collection Rouzaud, du nom du collectionneur Jean Rouzaud. Originaire de Plaisance-du-Touch (31), Jean Rouzaud était un collectionneur et un chineur averti. Féru de cinéma, il a rassemblé pendant plus de 20 ans des appareils de pré-cinéma, ainsi que des objets relatifs au spectacle cinématographique du début du XXe siècle.


Achetée en 1985 par la Ville de Toulouse, la collection Rouzaud rassemble films, revues et livres relatifs à l’histoire du cinéma, photos et affiches de films, appareils, accessoires, ainsi que plaques et vues : seules les plaques de lanternes magiques ainsi que les 100 films de la collection sont déposés à la Cinémathèque de Toulouse, le reste étant conservé au Musée Paul-Dupuy. L’ensemble, regroupant plaques de verre de lanterne magique, vues stéréoscopiques, bandes de praxinoscope et de tachyscope, vient compléter la collection Pré-cinéma appartenant en propre à la Cinémathèque de Toulouse.

Instruments d’optiques : lanterne magique, stéréoscope, kaléidoscope, tachyscope et autres.



Ces pièces rares et fragiles, difficilement communicables au public, se retrouvent réunies grâce à un vaste projet de numérisation entrepris par la Cinémathèque de Toulouse, avec le soutien de de la Mission de la recherche et de la technologie du Ministère de la Culture et de la Communication ainsi que de la Région Midi-Pyrénées.







Ville. Place avec fontaine_] Plaque de lanterne magique, Coll. Rouzaud, mpd90.3.0007 (1)


La lanterne magique

Apparue au cours du XVIIe siècle, la lanterne magique est un instrument d’optique dit à objectif. Elle est considérée comme l’ancêtre des appareils de projection.
Du fait de l’association d’une lentille convergente et d’une source lumineuse destinée à projeter une image peinte sur plaque de verre, le fonctionnement de la lanterne magique est souvent associé à celui du projecteur de diapositives.

Séance de lanterne magique (XVIIIe siècle)


« Les verres vendus par les fabricants de lanternes furent peints à la main jusqu’à la fin du 19ème siècle. Ils étaient au départ copiés par décalque sur des modèles de base en papier. Les couleurs généralement utilisées étaient les bleus de Berlin et d’Anvers, les carmins de cochenille et de garance, le vert végétal ou de vessie, la terre de Sienne brûlée et le noir. Ces teintes, une fois broyées, se mélangeaient à quelques gouttes d’essence de térébenthine. L’esquisse était tracée très légèrement sur le verre, soit au moyen d’une plume et d’encre de Chine, soit avec un pinceau et de la peinture noire. On coloriait enfin le dessin avec la peinture mélangée à du verni de copal et, pour contrebalancer les effets de lumière jaunâtre des lampes à huile, on prenait la précaution de pousser au bleu les violets et les verts, au rouge les bleus et à la terre de Sienne brûlée les jaunes. Par la suite, les dessins au trait furent imprimés mécaniquement sur les verres et seul le coloriage était fait à la main. » Remise, Jac et al. Magie lumineuse. Du théâtre d’ombres à la lanterne magique. Balland, 1979. p. 124/125.


Le praxinoscope

Invention brevetée en 1877 par Émile Reynaud, le praxinoscope est un instrument d’optique visant à donner l’illusion du mouvement. Conçu sur le même principe qu’une toupie, il est composé d’un tambour tournant sur un axe. Cet axe est muni d’un cylindre à 12 facettes, chacune étant munie d’un miroir afin de refléter l’un des 12 dessins imprimés sur une bande que l’on place dans le tambour. La rotation du tambour combinée aux dessins décomposant un mouvement cyclique et à la lumière émanant d’un bougeoir placé sur la partie supérieure de l’axe créent l’illusion du mouvement.
Considéré comme un jouet, le praxinoscope obtiendra néanmoins une “mention honorable” à l’Exposition universelle de Paris de 1878, et aura un franc succès commercial.

En 1879, Émile Reynaud invente le « praxinoscope-théâtre » : les personnages, toujours dessinés sur bandes cartonnées, évoluent dans un décor fixe. L’illusion de mouvement à l’intérieur de ce décor est due à l’utilisation de deux supports distincts, l’un pour les éléments animés et l’autre pour le décor fixe. La première de ce « Théâtre optique » à lieu le 28 octobre 1892, au théâtre du musée Grévin, avec la projection de Pauvre Pierrot (bande restaurée conservée au Centre National de la cinématographie). Jusqu’en 1900, huit pantomimes lumineuses seront ainsi présentées au public.

Fig. 2 – Le praxinoscope. Gravure de E. Chauvet (France, 1879).


Le tachyscope

Inventé en 1887 par Ottomar Anschütz à Lissa, en Prusse orientale (actuelle Pologne), le tachyscope fonctionne sur le même principe de rotation des images que le praxinoscope.












Le stéréoscope

Le stéréoscope est un instrument d’optique destiné à donner l’illusion du relief, imaginé par Wheatstone et perfectionné par Brewster.

En combinant entre elles deux images « dissymétriques » sur la même vue (appelée « vue stéréoscopique »), on crée une impression de relief. En effet, chaque image étant indépendamment perçue l’une de l’autre par chacun des deux yeux, le cerveau les fait se compléter et se superposer jusqu’à n’en former plus qu’une, dotée de relief.

Gravure. Extrait du Catalogue of Optical & Philosophical Instruments (1867), du fabricant William Y. McAllister.







Visuel fond de page : [Ville en flamme], plaque de lanterne magique, Coll. Rouzaud. Droits réservés La Cinémathèque de Toulouse.