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Le film du jeudi

Dans la ville blanche | Alain Tanner

1982. Suisse / Portugal / Grande-Bretagne. 107 min. Couleurs.
Avec Bruno Ganz, Teresa Madruga, Julia Vonderlinn
Paul a déserté. Il a quitté le navire, comme pour mieux larguer les amarres. Avec lui-même, avec le temps. Paul était mécano sur un bateau. Il est descendu à terre lors d’une escale. Et il n’est pas remonté. Il erre dans Lisbonne, prend le temps, ou la mesure du temps. Il tourne des plans avec sa caméra super 8. Il a rencontré Rosa, une serveuse dont il s’est épris. Il le dit à Élisa, sa femme restée en Suisse, par l’intermédiaire de ses films super 8 qu’il lui envoie régulièrement. Il lui faudra bien se décider. À moins qu’elles ne le fassent pour lui…

Séance présentée en partenariat avec le Festival Novelum
(8 novembre > 3 décembre 2011).
Consultez la programmation détaillée sur : www.studio-eole.com

jeudi 10 novembre à 21h

Monika | Ingmar Bergman

(Sommaren med Monika)
1952. Suède. 87 min. Noir & blanc. 35 mm.
Version originale sous-titrée en français.
Avec Harriet Andersson, Lars Ekborg, John Harryson
Monika, c’était déjà Et Dieu créa la femme, écrivait en 1958 dans Arts un certain Godard. Il écrivait encore : « Il faut avoir vu Monika rien que pour ces extraordinaires minutes où Harriet Andersson, avant de recoucher avec un type qu’elle avait plaqué, regarde fixement la caméra, ses yeux rieurs embués de désarroi, prenant le spectateur à témoin du mépris qu’elle a d’elle-même d’opter pour l’enfer contre le ciel. C’est le plan le plus triste de l’histoire du cinéma ». Monika rêve d’évasion. Elle part avec Harry vivre libre sur une île. Mais Monika tombe enceinte…

jeudi 8 décembre à 21h

Orphée | Jean Cocteau

1949. France. 112 min. Noir & blanc. 35 mm.
Avec Maria Casarès, Marie Déa, Jean Marais, François Périer, Jacques Varennes, Juliette Gréco, Jean-Pierre Mocky
« J’ai fait, dit Cocteau, un film policier qui trempe d’un côté dans le mythe, de l’autre dans le surnaturel ». En transposant dans une période contemporaine le héros légendaire considéré comme le poète éternel, Cocteau développe autour d’Orphée les thèmes qui le touchent : la mort et par là même l’immortalité, l’amour, les miroirs et bien sûr la poésie. Une incursion mythique dans le royaume des morts au sortir duquel le cinéma est devenu cinématographe, où les trucages, inventions d’un Méliès communément senti comme le père du fantastique par opposition à Lumière, de simples effets visuels sont devenus véritable langage. Un langage poétique, donc terrifiant, pour parler d’un ailleurs, d’un hors-là, espace mythologique qui n’est pas le lieu d’une invasion du réel par l’imaginaire, mais qui naît de la pénétration de la réalité dans l’imaginaire. C’est de là, de cette pénétration que naît le fantastique propre à l’œuvre de Cocteau, un signe visible de l’invisible.

jeudi 15 décembre à 21h

Qu’est-il arrivé à Baby Jane ? | Robert Aldrich

(What Ever Happened to Baby Jane?)
1962. États-Unis. 132 min. Noir & blanc. 35 mm.
Version originale sous-titrée en français.
Avec Bette Davis, Joan Crawford, Victor Buono, Marjorie Bennett
Mais qu’a-t-il bien pu arriver à Baby Jane ? Elle était jeune, elle était une vedette. Elle est aujourd’hui prisonnière de sa sœur. Deux sœurs, deux monstres sacrés : Bette Davis et Joan Crawford, qui se détestaient cordialement. Et la cruauté du cinéma dans tous ses états. Ou comment, avec deux stars vieillissantes et haineuses, réussir un des plus beaux films sur la folie causée par le star-system hollywoodien. Comme si Shirley Temple assassinait sa sœur, maquillée en clown blanc décrépi, en mime Marceau totalement schizophrène. Bette Davis et Joan Crawford terrifiantes, Robert Aldrich ou la méchanceté faite cinéaste. Un grand film malade, comme dirait Truffaut.

Film interdit à sa sortie aux moins de 12 ans.

jeudi 3 novembre à 21h

La Nuit (La notte) | Michelangelo Antonioni

1961. Italie / France. 122 min. Noir & blanc. Vidéo.
Version originale sous-titrée en français.
Avec Marcello Mastroianni, Jeanne Moreau, Monica Vitti
« Une sorte de croisement improbable entre les paroles silencieuses de Rossellini et les silences plombés de Bergman dans une espèce de no man’s land furieusement sentimental », écrivait Skorecki. Le naufrage d’un couple qui fait semblant une dernière nuit de colmater les fuites, mais qui n’y croit plus vraiment. Une soirée mondaine. Chacun fuit de son côté, à côté, vers des à côtés. Puis la nuit se termine, s’enlacer à l’aube dans un côte à côte désespéré, sans mot dire. Les dernières heures d’un couple à l’agonie, moins à cause d’une difficulté à communiquer que parce qu’il n’a plus rien à se dire. Nuit blanche pour film blanc – ce vide qui ponctue les conversations et qu’on appelle aussi malaise.

Jeudi 20 octobre à 21h