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Le film du jeudi

Le Salaire de la peur | Henri-Georges Clouzot

1953. France / Italie. 156 min. Noir & blanc. 35 mm.
Avec Yves Montand, Charles Vanel, Folco Lulli, Peter Van Eyck, Vera Clouzot
Quand Clouzot expose son univers noir au soleil écrasant. L’atmosphère reste de plomb. L’histoire de quatre baroudeurs qui acceptent d’acheminer deux camions bourrés de nitroglycérine à travers les pistes chaotiques des Andes. Un film d’aventure aux traits hollywoodiens, variation tragique de l’amitié virile hawksienne. L’exposition de quatre caractères trempés et leur évolution/confrontation au cours d’un périple explosif. Un film sur le courage, donc la lâcheté. « Non pas un récit picaresque, mais épique », disait Clouzot.

Jeudi 15 septembre à 21h

Aguirre, la colère de Dieu | Werner Herzog

(Aguirre, der Zorn Gottes)
1972. RFA. 93 min. Couleurs. 35 mm.
Version originale sous-titrée en français.
Avec Klaus Kinski, Helena Rojo, Ruy Guerra
XVIe siècle, une troupe de conquistadors s’enfonce dans la forêt vierge à la recherche de l’Eldorado… Une entreprise folle menée par une bande de fous. La fièvre de l’or et la fièvre tout court. Un film hallucinant comme souvent avec Herzog. Un film halluciné, comme toujours avec Klaus Kinski. Un tournage extrêmement dangereux au fin fond de l’Amazonie et ses rapides, mais surtout, la première rencontre cinématographique des deux hommes, déjà passionnelle, déjà explosive. Kinski voulant quitter le tournage en plein milieu du film, Herzog aurait menacé de le tuer.

Jeudi 16 juin à 21h

Stalker | Andreï Tarkovski

1979. URSS. 161 min. Couleurs. 35 mm.
Version originale sous-titrée en français.
Avec Alexandre Kaïdanovski, Anatoli Solonitsyne, Nicolaï Grinko,
Natacha Abramova
En bref, le stalker, le passeur, guide dans la zone un écrivain et un scientifique jusqu’à la chambre des vœux. Un film de science-fiction comme Dead Man est un western. La reconnaissance topographique d’un territoire hostile et pas tout à fait (in)connu pour approcher justement l’inconnu. Une fuite initiatique par la quête (et inversement) à travers un territoire désolé que l’on ne maîtrise pas : la zone. Une approche du mystère qui passe par le mouvement et surtout l’art de se mouvoir (to stalk : s’approcher furtivement). « Avancer, se replier – Avancer, se replier… mais surtout avancer masqué », dirait Ossang. Un Petit Poucet inversé, où l’on trouve son chemin en jetant devant soi des boulons. Un chemin parsemé des symboles de la fable métaphysique sur lequel le spectateur est amené à stalker. À moins que ce ne soit le film qui stalke le spectateur zone.

Jeudi 9 juin à 21h

Sexe, mensonges et vidéo | Steven Soderbergh

(Sex, Lies and Videotape)
1989. États-Unis. 100 min. Couleurs. 35 mm.
Version originale sous-titrée en français.
Avec James Spader, Andie MacDowell, Peter Gallagher,
Laura San Giacomo
Le mari, la femme, la sœur et l’ami. Le coureur de jupons, la femme réservée, la femme libérée et le voyeur impuissant. Le mari qui trompe sa femme avec sa sœur et l’ami qui filme les confessions des femmes sur leur sexualité. Un tableau des mœurs de l’Amérique des banlieues propres où le caméscope remplace le divan. De l’érotisme et de la psychanalyse. C’était le premier film de Soderbergh, une révélation et une Palme d’or à tout juste vingt-six ans.

Jeudi 26 mai à 21h

Le Ciel est à vous | Jean Grémillon

1943. France. 105 min. Noir & blanc. 35 mm.
Avec Madeleine Renaud, Charles Vanel, Raymonde Vernay,
Jean Debucourt
Jean Grémillon est un grand, un des meilleurs cinéastes français, et il donne ici le plus beau film français sur la passion. L’histoire d’un couple ordinaire qui sacrifie tout à sa passion de l’aviation. L’histoire d’une femme gagnée par le virus de son mari jusqu’à ne plus penser qu’à voler… Mais ce film magnifique est aussi un film tourné pendant l’Occupation. Pétainiste pour les uns : la réussite de gens ordinaires à force de travail. Résistant pour les autres : se défaire du carcan moral et ne pas céder à la résignation. La polémique fut en son temps aussi orageuse que pour Le Corbeau, elle paraîtra obsolète aujourd’hui. Et l’on découvrira un film plus profond que les idéologies. On y verra un superbe portrait de femme.

Jeudi 12 mai à 21h