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Le film du jeudi

La Chienne | Jean Renoir

1931. France. 100 min. Noir & blanc. 35 mm.
Avec Michel Simon, Janie Marèze, Georges Flamant, Roger Gaillard
Legrand, modeste et honnête caissier mal marié, rencontre un beau jour Lulu, fleur de bitume plantée sur le trottoir par un maquereau qui n’a rien de philanthropique. Lulu fait le tapin et pour l’arracher à son souteneur, l’employé modèle tape dans la caisse. Il l’installe dans un petit meublé dans lequel il pourra s’adonner à son violon d’Ingres, la peinture. Le bonheur, qu’il croit le malheureux. Le début des illusions. Les désillusions de Legrand… Ni une comédie ni un drame, annonce le prologue en forme de théâtre de guignol. Fritz Lang en donnera un remake en 1945 avec La Rue rouge.

Jeudi 13 octobre à 21h

La Soif du mal (Touch of Evil) | Orson Welles

1958. États-Unis. 111 min. Noir & blanc. 35 mm.
Version originale sous-titrée en français.
Avec Orson Welles, Charlton Heston, Janet Leigh, Akim Tamiroff,
Marlène Dietrich, Ray Collins, Joseph Cotten, Zsa Zsa Gabor
Au diable le mémo de 58 pages. Un mythe. Un polar noir, qui brille au septième art comme l’étoile polaire détermine les points cardinaux, pour passer la frontière en plan-séquence grammairien. Pour descendre en contre-plongée dans les tréfonds d’une zone frontalière où justement les frontières ne sont jamais fixes. Melting-pot du part et d’autre. Il est gras, sale, lourd, Orson mal léché, se gave de sucreries pour étancher sa soif et nous guide au pays du mal avec la lucidité de ceux qui manquent de sobriété. Parce qu’il n’y a pas de bien sans mal.

Jeudi 22 septembre à 21h

Le Salaire de la peur | Henri-Georges Clouzot

1953. France / Italie. 156 min. Noir & blanc. 35 mm.
Avec Yves Montand, Charles Vanel, Folco Lulli, Peter Van Eyck, Vera Clouzot
Quand Clouzot expose son univers noir au soleil écrasant. L’atmosphère reste de plomb. L’histoire de quatre baroudeurs qui acceptent d’acheminer deux camions bourrés de nitroglycérine à travers les pistes chaotiques des Andes. Un film d’aventure aux traits hollywoodiens, variation tragique de l’amitié virile hawksienne. L’exposition de quatre caractères trempés et leur évolution/confrontation au cours d’un périple explosif. Un film sur le courage, donc la lâcheté. « Non pas un récit picaresque, mais épique », disait Clouzot.

Jeudi 15 septembre à 21h

Aguirre, la colère de Dieu | Werner Herzog

(Aguirre, der Zorn Gottes)
1972. RFA. 93 min. Couleurs. 35 mm.
Version originale sous-titrée en français.
Avec Klaus Kinski, Helena Rojo, Ruy Guerra
XVIe siècle, une troupe de conquistadors s’enfonce dans la forêt vierge à la recherche de l’Eldorado… Une entreprise folle menée par une bande de fous. La fièvre de l’or et la fièvre tout court. Un film hallucinant comme souvent avec Herzog. Un film halluciné, comme toujours avec Klaus Kinski. Un tournage extrêmement dangereux au fin fond de l’Amazonie et ses rapides, mais surtout, la première rencontre cinématographique des deux hommes, déjà passionnelle, déjà explosive. Kinski voulant quitter le tournage en plein milieu du film, Herzog aurait menacé de le tuer.

Jeudi 16 juin à 21h

Stalker | Andreï Tarkovski

1979. URSS. 161 min. Couleurs. 35 mm.
Version originale sous-titrée en français.
Avec Alexandre Kaïdanovski, Anatoli Solonitsyne, Nicolaï Grinko,
Natacha Abramova
En bref, le stalker, le passeur, guide dans la zone un écrivain et un scientifique jusqu’à la chambre des vœux. Un film de science-fiction comme Dead Man est un western. La reconnaissance topographique d’un territoire hostile et pas tout à fait (in)connu pour approcher justement l’inconnu. Une fuite initiatique par la quête (et inversement) à travers un territoire désolé que l’on ne maîtrise pas : la zone. Une approche du mystère qui passe par le mouvement et surtout l’art de se mouvoir (to stalk : s’approcher furtivement). « Avancer, se replier – Avancer, se replier… mais surtout avancer masqué », dirait Ossang. Un Petit Poucet inversé, où l’on trouve son chemin en jetant devant soi des boulons. Un chemin parsemé des symboles de la fable métaphysique sur lequel le spectateur est amené à stalker. À moins que ce ne soit le film qui stalke le spectateur zone.

Jeudi 9 juin à 21h