
Le film du jeudi

Le Fleuve (The River)
Jean Renoir
1950. Inde / États-Unis. 95 min. Couleurs. 35 mm.
Version originale sous-titrée en français.
Avec Nora Swinburne, Esmond Knight, Arthur Shields, Thomas E. Breen
Aux Indes, sur les bords du Gange vit paisiblement avec ses deux filles une famille de colons britanniques. Leur voisin, américain, a aussi une fille, métisse, née d’une mère hindoue. Quand débarque le neveu du voisin, un officier américain qui a perdu une jambe à la guerre, les trois filles en tombent amoureuses… Le premier film en couleurs de Jean Renoir.

Aprile
Nanni Moretti
1998. Italie. 78 min. Couleurs. 35 mm.
Version originale sous-titrée en français.
Avec Nanni Moretti, Silvio Orlando, Silvia Nono, Pietro Moretti
Comme on a dit de Journal intime qu’il était la renaissance après la maladie, Aprile serait-il la naissance ? Celle de Pietro, le fils. Celle de Nanni le père. Être père fait-il de Moretti un adulte ? Non. Explosions de joie partagée. Explosions de colère egocentrique. Blagues de potache et réflexion piquante. Avril en Italie. 1994, la défaite de la gauche. 1996, la victoire de la gauche. Au milieu Pietro et le cinéma. Vie privée, vie publique. Et une narration libre qui découle de la vie. Heurtée. Moretti filme son fils dans le bain comme il filme la vie politique de l’Italie. Et c’est peut-être ça un vrai film politique.

Macadam Cowboy (Midnight Cow Boy)
John Schlesinger
1968. États-Unis. 113 min. Couleurs. 35 mm.
Version originale sous-titrée en français.
Avec Dustin Hoffman, Jon Voight, Sylvia Miles
Joe Buck est décidé. Joe Buck a décidé. Plus étalon que cowboy, Joe quitte son Texas natal pour croquer la grande pomme où il se rêve gigolo de luxe. Mais ses illusions s’échouent rapidement sur la macadam. C’est alors qu’il rencontre un clochard aussi tuberculeux que boiteux qui va le prendre en main… La rencontre de deux solitudes pour une plongée émouvante dans les bas-fonds new-yorkais, une bande originale inoubliable et trois Oscars pour un film classé X.

Le Quai des brumes
Marcel Carné
1938. France. 91 min. Noir & blanc. 35 mm.
Avec Jean Gabin, Michèle Morgan, Michel Simon, Pierre Brasseur, Édouard Delmont, Robert Le Vigan
Un Havre qui n’est pas de paix. Un déserteur et une jolie môme. L’amour en tourments, la mort au tournant. Le film à qui on imputa la défaite de 40. Le réalisme poétique avec les coups de gueule de Gabin et les yeux de Morgan. T’as de beaux yeux tu sais. Avec ces yeux-là. « Le caractère mythologique du film, à l’intérieur du cinéma français, n’est plus à démontrer. Il est dû évidemment au choix judicieux et à l’immense talent des acteurs, mais aussi à un équilibre maintenu de main de maître par Carné entre l’abstraction, le délire, l’irréalisme, le lyrisme, la poésie et, d’autre part, la vérité concrète de l’oeuvre et son enracinement dans l’époque », devait rappeler Lourcelles.

Leo the Last
John Boorman
1970. Grande-Bretagne. 104 min. Couleurs. 35 mm. Version originale. Sous-titrage informatique en français.
Avec Marcello Mastroianni, Billie Whitelaw, Olenna Forster Jones, Calvin Lockhart
Leo est fatigué, malade. Il est à Londres pour se soigner. Leo est le dernier de la lignée. Héritier sans couronne. Son royaume est aujourd’hui une république socialiste et la demeure familiale londonienne en plein ghetto noir. Leo est rêveur. À son arrivée, le gotha mondain l’accapare. Fêtes. Mais Leo préfère les oiseaux. Rivé à ses jumelles, il observe. Les oiseaux, puis les habitants du quartier. Leo voyeur. Vue télescopique. Distance. Vue au téléobjectif. Sentiments distanciés. Et puis Leo va descendre dans la rue… Du ghota au ghetto, la face du monde n’aura peut-être pas changé. Non, mais nous aurons changé l’aspect de notre rue.