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Le film du jeudi

Mamma Roma | Pier Paolo Pasolini

1962. Italie. 110 min. Noir & blanc. Version numérique restaurée. DCP. VOSTF.
Avec Anna Magnani, Ettore Garofolo, Franco Citti
Deuxième film de Pasolini, sorti un an après Accatone, Mamma Roma devait pâtir du succès du premier. La critique de l’époque, préoccupée par la recherche d’un nouveau cinéma, passait à coté de la naissance d’un nouveau cinéaste, et décidait de n’y voir qu’une redite sans intérêt d’Accatone. Même milieu sous-prolétaire, même atmosphère néo-réaliste renforcée par la présence d’Anna Magnani dans le rôle d’une prostituée qui cherche la Rédemption dans l’éducation de son fils. Il fallut attendre 13 ans (laps de temps pour que le film sorte en France) et la mort de Pasolini avant d’admettre que cette tragédie des bas-fonds n’avait rien d’un Mamma Roma ville ouverte. Pasolini ne dépeint pas la vie des bidonvilles, il élève les pauvres au rang de héros tragiques. Tragédie chrétienne ou christique. Il fait d’une prostituée et d’un voleur les apôtres de son chemin de croix. À moins que ce ne soit simplement une version du Capital écrite par Claudel.

Deux autres films de Pier Paolo Pasolini seront présentés en version restaurée : Salò ou les 120 journées de Sodome les 23 et 27 novembre et Médée le 26 novembre.

jeudi 21 novembre à 21h

Monsieur Klein | Joseph Losey

1976. France / Italie. 122 min. Couleurs. 35 mm.
Avec Alain Delon, Jeanne Moreau, Suzanne Flon, Michael Lonsdale, Juliet Berto
Marchand d’art, Monsieur Klein, sans scrupule, sait profiter de l’Occupation pour faire ses petites affaires. Il achète à bas prix les tableaux des Juifs traqués pour mieux les revendre. Quand il trouve dans sa boîte aux lettres un journal d’obédience juive. Il découvre alors qu’il a un homonyme juif qui vit dans la clandestinité et craint d’être lui-même pris pour juif… La France occupée de 1942 et la rafle du Vel’d’Hiv. Mais ce qui fait de ce film produit par Alain Delon un grand classique du cinéma français tient davantage dans la parabole métaphysique : un personnage borgésien recherche son moi dans un univers kafkaïen.

suivi d’une intervention d’Ophir Lévy (Université Paris I Panthéon-Sorbonne)

en partenariat avec le Mémorial de la Shoah, dans le cadre des Journées européennes de la culture et du patrimoine juifs de France

jeudi 14 novembre à 21h

Sous le sable | François Ozon

2000. France. 95 min. Couleurs. 35 mm.
Avec Charlotte Rampling, Bruno Cremer, Jacques Nolot

Sous le sable, il y a 25 ans d’un mariage heureux. Une vie qui file entre les doigts, le temps d’un sablier retourné. Dans l’eau, il y a Bruno Cremer parti comme un plouf. Sur le sable, il y a Charlotte Rampling échouée, et c’est assez. Sous le sable est un film fin sur le deuil, son refus, son reflux. Sous le sable, il y a les vagues de Virginia Woolf. Un film sur la disparition et l’empreinte, le « qui laisse une trace laisse une plaie » de Michaux. La disparition, c’est l’absence du corps qui empêche d’accepter la mort. L’empreinte, c’est la porte ouverte à l’apparition (quasi du fantastique) qui fait du mort un hors-là.

présenté dans le cadre de la carte blanche à Charlotte Rampling

jeudi 17 octobre à 21h

Akira

Katsuhiro Ôtomo
1988. Japon. 124 min. Couleurs. Vidéo. VOSTF.
Le film culte qui a révolutionné le cinéma d’animation et changé le regard de l’Occident sur le manga. Tokyo 2019. La mégalopole futuriste est sur le point d’éclater. Tetsuo, jeune motard désœuvré, a fait l’objet d’étranges expériences menées dans le cadre d’un programme militaire top secret. Alors qu’il a réussi à s’enfuir, il n’est plus tout à fait le même. Pendant ce temps, dans les rues, la révolte gronde. On parle d’un certain Akira, annoncé comme le nouveau Messie. À moins que ce ne soit l’ange exterminateur…

présenté dans le cadre du On Cartoon Festival

jeudi 19 septembre à 21h

Huit et demi (Otto e mezzo) | Federico Fellini

1963. Italie. 130 min. Noir & blanc. Numérique DCP. VOSTF.
Avec Marcello Mastroianni, Anouk Aimée, Sandra Milo, Claudia Cardinale, Barbara Steele
Les angoisses et les délices de la création artistique vus par un cinéaste en panne d’inspiration. Est-il nécessaire d’en dire plus ? Peut-être rappeler le plaisir de Fellini à jouer avec le vrai et le faux, le réel et l’imaginaire qu’il imbrique sans cesse pour affirmer sa vérité. « Je suis un menteur, mais je suis sincère. » Qu’importe le vrai du faux, seule importe l’intention. Moins un faux vrai autoportrait du cinéaste en cinéaste qu’un film en forme de note d’intention. Le huitième et demi film de Fellini, comme une pose, un besoin de faire le tri des images de lui-même que lui renvoyaient ses films précédents. L’histoire d’un cinéaste en panne d’inspiration pour le film d’un cinéaste qui prenait une inspiration.

jeudi 20 juin | 21h