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Le film du jeudi

Sous le sable | François Ozon

2000. France. 95 min. Couleurs. 35 mm.
Avec Charlotte Rampling, Bruno Cremer, Jacques Nolot

Sous le sable, il y a 25 ans d’un mariage heureux. Une vie qui file entre les doigts, le temps d’un sablier retourné. Dans l’eau, il y a Bruno Cremer parti comme un plouf. Sur le sable, il y a Charlotte Rampling échouée, et c’est assez. Sous le sable est un film fin sur le deuil, son refus, son reflux. Sous le sable, il y a les vagues de Virginia Woolf. Un film sur la disparition et l’empreinte, le « qui laisse une trace laisse une plaie » de Michaux. La disparition, c’est l’absence du corps qui empêche d’accepter la mort. L’empreinte, c’est la porte ouverte à l’apparition (quasi du fantastique) qui fait du mort un hors-là.

présenté dans le cadre de la carte blanche à Charlotte Rampling

jeudi 17 octobre à 21h

Akira

Katsuhiro Ôtomo
1988. Japon. 124 min. Couleurs. Vidéo. VOSTF.
Le film culte qui a révolutionné le cinéma d’animation et changé le regard de l’Occident sur le manga. Tokyo 2019. La mégalopole futuriste est sur le point d’éclater. Tetsuo, jeune motard désœuvré, a fait l’objet d’étranges expériences menées dans le cadre d’un programme militaire top secret. Alors qu’il a réussi à s’enfuir, il n’est plus tout à fait le même. Pendant ce temps, dans les rues, la révolte gronde. On parle d’un certain Akira, annoncé comme le nouveau Messie. À moins que ce ne soit l’ange exterminateur…

présenté dans le cadre du On Cartoon Festival

jeudi 19 septembre à 21h

Huit et demi (Otto e mezzo) | Federico Fellini

1963. Italie. 130 min. Noir & blanc. Numérique DCP. VOSTF.
Avec Marcello Mastroianni, Anouk Aimée, Sandra Milo, Claudia Cardinale, Barbara Steele
Les angoisses et les délices de la création artistique vus par un cinéaste en panne d’inspiration. Est-il nécessaire d’en dire plus ? Peut-être rappeler le plaisir de Fellini à jouer avec le vrai et le faux, le réel et l’imaginaire qu’il imbrique sans cesse pour affirmer sa vérité. « Je suis un menteur, mais je suis sincère. » Qu’importe le vrai du faux, seule importe l’intention. Moins un faux vrai autoportrait du cinéaste en cinéaste qu’un film en forme de note d’intention. Le huitième et demi film de Fellini, comme une pose, un besoin de faire le tri des images de lui-même que lui renvoyaient ses films précédents. L’histoire d’un cinéaste en panne d’inspiration pour le film d’un cinéaste qui prenait une inspiration.

jeudi 20 juin | 21h

Maurice | James Ivory

1987. Grande-Bretagne. 130 min. Couleurs. 35 mm. VOSTF.
Avec James Wilby, Hugh Grant, Rupert Graves
Dans le prolongement de Chambre avec vue, James Ivory met sa mise en scène élégante au service de l’introspection de personnages étouffés par le poids d’une société oppressante. Où il est question d’assumer son homosexualité dans une société où elle est passible, au mieux, de prison. Début du siècle dernier à Cambridge, Maurice se découvre une forte attirance pour Clive, un aristocrate. Une attirance visiblement réciproque, mais qui doit rester inavouée, purement platonique, au risque de provoquer d’autres troubles que sexuels…

En collaboration avec l’association Arc-en-ciel, dans le cadre de l’exposition « Le cinéma contre l’homophobie » à l’Espace des diversités et de la laïcité de Toulouse du 1er au 22 juin 2013.

jeudi 13 juin | 21h

L’Armée des ombres | Jean-Pierre Melville

1969. France / Italie. 143 min. Couleurs. 35 mm.
Avec Lino Ventura, Simone Signoret, Paul Meurisse, Jean-Pierre Cassel, Paul Crauchet
Le plus beau portrait de la Résistance, d’après le roman de Joseph Kessel, auquel le cinéaste ajoute ses propres souvenirs – c’est pendant la guerre, quand il rejoint la Résistance, qu’il prend le pseudonyme de Melville. Plongée dans un des réseaux qui font l’armée clandestine refusant l’Occupation et Vichy. Où les silences et la stylisation (cadre, photo, bande son) de Melville finissent par donner un effet de réel qui prend toujours aux tripes. Un pur film d’action, dans le sens où les personnages se définissent avant tout par leurs actes, où ce sont les actes qui commandent les émotions et non l’inverse.

jeudi 30 mai | 21h