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Le film du jeudi

L’Apiculteur (O Melissokomos)

Theo Angelopoulos
1986. Grèce / France. 120 min. Couleurs. 35 mm.
Version originale sous-titrée en français.
Avec Marcello Mastroianni, Nadia Mourouzi, Serge Reggiani, Jenny Roussea
L’Apiculteur fait songer au Cri d’Antonioni, c’est un film de l’intériorité, écrivait Michel Ciment. Un road movie, un voyage entrepris par un Mastroianni grisonnant et las, habité par la mélancolie brumeuse de ceux qui meurent de trop de vide. L’apiculteur part vers la mort. La sienne. Il est serein. Parce qu’il est temps. Parce qu’il est l’heure. Et très loin des clichés touristiques habituels, la Grèce, enneigée et parsemée de stations services sinistres, accompagne, méditative, les derniers pas de ce vivant mort qui ne fait que passer.

jeudi 7 juin à 21h15

Vol au-dessus d’un nid de coucou (One Flew Over the Cuckoo’s Nest)

Milos Forman
1975. États-Unis. 134 min. Couleurs. 35 mm. Version française.
Avec Jack Nicholson, Louise Fletcher, William Refield, Will Sampson
Un prisonnier de droit commun est transféré dans un hôpital psychiatrique où il s’oppose à l’autoritarisme de l’infirmière en chef. Trublion, il sème la zizanie chez les zinzins levant un vent de folie qui a pour souffle liberté. Un désir de liberté que les autorités médicales tenteront de lui faire passer à coup d’électrochocs, avant de le lobotomiser. Mais sa présence aura débloqué quelques esprits. Finalement, moins un film sur la folie telle que Fuller a pu la toucher avec Shock Corridor, qu’un film contre l’aliénation.

Film interdit aux moins de 12 ans.

jeudi 31 mai à 21h

Lola, une femme allemande (Lola)

Rainer Werner Fassbinder
1981. RFA. 113 min. Couleurs. 35 mm.
Version originale sous-titrée en français.
Avec Barbara Sukowa, Armin Mueller-Stahl, Mario Adorf, Matthias Fuchs
Fassbinder a le don du mélodrame politique. Il manie également l’ironie comme une guillotine à cigare. Gare à ne pas y passer le doigt. Sur le fil du grotesque à la George Grosz, un tableau de l’Allemagne d’après-guerre, un portrait de femme, un bordel. 1957, province allemande : reconstruction et spéculation. Quand l’ordre du jour joue du désordre de la nuit. Un entrepreneur cynique mène la barque et la danse, patron qu’il est aussi d’une maison close. Le gouvernement envoie un nouveau directeur des travaux publics pour réguler la corruption ambiante. Mais au boxon, Lola pousse la chanson et du cœur de l’intègre pourrait bien avoir raison…

jeudi 10 mai à 21h

1984 (Nineteen Eighty-Four)

Michael Radford
1984. Grande-Bretagne. 113 min. 35 mm.
Version originale sous titrée en français
Avec John Hurt, Richard Burton, Suzanna Hamilton
« Si vous désirez une image de l’avenir, imaginez une botte piétinant un visage humain… éternellement. » Bien plus qu’une critique des systèmes totalitaires de l’après Seconde Guerre mondiale, 1984, sous sa forme de roman, était une mise en garde effrayante et prophétique. En respectant scrupuleusement le roman d’Orwell, Michael Radford n’a fait que prolonger cet avertissement. En situant intelligemment son film dans le passé, le réalisateur anglais n’en commente que mieux le présent et certainement le futur. La police de la pensée et le ministère de la vérité trouvent alors d’étonnantes résonances. Et si 1984, le roman comme le film, annonce la défaite de l’homme face au système, ce n’est que pour mieux l’éviter.

Séance présentée en collaboration avec l’ESC Toulouse.

jeudi 26 avril à 21h

Tout ce que le ciel permet (All That Heaven Allows)

Douglas Sirk
1955. États-Unis. 89 min. Couleurs. 35 mm.
Version originale sous-titrée en français.
Avec Rock Hudson, Jane Wyman, Charles Drake
Au mélodrame flamboyant qu’il mit en valeur avec Le Secret magnifique, Douglas Sirk opposa aussitôt un mélo froid, Tout ce que le ciel permet. Un magnifique contre-pied. Une histoire d’amour impossible, comme il se doit, mais sur fond de lutte des classes. Une veuve, mère de deux enfants déjà bien grands, tombe amoureuse d’un pépiniériste bien plus jeune qu’elle. Scandale ; d’autant qu’il est de condition sociale inférieure. Ou de la difficulté de marier la robe de soirée et la chemise de bûcheron quand les conventions sociales demandent qu’on ne mélange pas les serviettes et les torchons.

jeudi 5 avril à 21h