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Le cabinet de curiosités

Les Abysses | Nikos Papatakis

1962. France. 90 min. Noir & blanc. 35 mm.
Avec Francine Bergé, Colette Bergé, Pascale de Boysson, Colette Régis, Paul Bonifas
De l’hystérie au crime de classe. Dévastateur ; comme un torrent sorti de son lit, le fait-divers fait tragédie. Les Abysses raconte les sœurs Papin, ces domestiques liées par le sang qui dans les années 30 devaient assassiner leurs employeurs. Une explosion de détresse, la misère en révolte, belle, sauvage et atroce ; voilà ce que sont les abysses que Papatakis nous propose de sonder, celles des passions humaines, à travers les sœurs faites furies : ces déesses infernales qui tourmentent les médiocres. Le film qui a réuni André Breton, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Georges Bataille, Michel Leiris, Jacques Lacan… pour en empêcher la censure.

mardi 21 février à 19h15 (salle 2)

Trois jours de bringue à Paris | Émile Couzinet

1954. France. 84 min. Noir & blanc. 16 mm.
Avec Lucien Baroux, Milly Mathis, Catherine Cheiney, Pierre Larquey
Du Couzinet enfin sur votre écran. On y rit, on ira. Émile Couzinet : le mogul girondin, producteur, scénariste, réalisateur, distributeur, exploitant. Un vrai patron de studio, les Studios de la Côte d’Argent situés à Bordeaux. Et avec lui tout un pan de cinéma populaire. Ici, une comédie délirante d’après Eugène Labiche. Une bande de trublions de province, tous plus hauts en couleur les uns que les autres, monte à Paris pour dépenser comme il se doit le montant d’une cagnotte. Mais la virée tourne rapidement à la débandade…

mercredi 25 janvier à 19h15 (salle 2)

Judex 34 | Maurice Champreux

1933. France. 95 min. Noir & blanc. 35 mm.
Avec René Ferté, Marcel Vallée, Alexandre Mihalesco, Louise Lagrange

Gendre de Louis Feuillade, Maurice Champreux en reprend le Judex qui avait marqué le serial muet. L’histoire d’un mystérieux justicier qui séquestre un banquier acquis aux malversations. Loin d’être un chef-d’œuvre, son Judex 34 ne marqua pas, quant à lui, l’histoire. Oublié, pris en tenailles entre son illustre prédécesseur et celui de Franju, véritable revival dans les années 60. Pris en tenaille ? Ou lien entre les deux ? Comment rendre la poésie du cinéma muet quand le parlant en est encore à balbutier ?

mercredi 9 novembre à 19h15 (salle 2)

Cinéma expérimental canadien

Du vertige et des ruines / Nords parasités

Réfractions et dissidences en cinémas d’avant-gardes canadiens

L’architecture du corps et de la matière envoyée en éclat. À la grâce de vertiges et d’ivresses sans possible retour, le point d’ancrage est dans les cieux et le cinéma est démantelé, ravagé, en débris et en lumière. Des fenêtres aux jalousies rabattues devant des miroirs rompus. Les chemins d’hiver sont longs sur les territoires à débaliser. Les pèlerins tenaces. Au gré de cinémas aux oraisons érotiques et de courts-circuits des pôles magnétiques.

Parmi les films programmés : Trains de Karl Lemieux (2010), Bad Blood for the Vampyr de Lysanne Thibodeau (1984), La Dernière Voix de Karim Hussain et Julien Fonfrède (2002), Ville Marie d’Alexandre Larose (2006-2010), Alias d’Edmund Alleyn (1969), The Sex of Self-Hatred de Solomon Nagler (2004), Chromo Sud d’Étienne O’Leary (1968).

durée totale du programme : 99 minutes

En présence de Pierre-Luc Vaillancourt, directeur artistique et commissaire à la programmation de l’Institut pour la coordination et la propagation des cinémas exploratoires (Montréal, Canada)

mardi 29 novembre à 19h15 (salle 2)

L’Enclos | Armand Gatti

1960. France / Yougoslavie. 115 min. Noir & blanc. 16 mm. Avec Hans-Christian Blech, Jean Négroni
Gatti le passeur de parole. Gatti et son Archeoptéryx, atelier de création populaire qui occupa la scène toulousaine dans les années 80. Gatti et sa parole errante. Gatti des camps et de la Résistance. Gatti, la poésie, le théâtre. Et Gatti le cinéma. Son premier film, choc et clé, sur l’univers concentrationnaire. Le commandant d’un camp de concentration, pour un pari avec un autre nazi, fait enfermer deux détenus dans un enclos. Un prisonnier politique et un juif. Ils doivent y passer la nuit. Et au petit matin, il ne doit en rester qu’un seul de vivant. Celui qui tuera l’autre aura la vie sauve…

Mercredi 19 octobre à 19h15 (salle 2)