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Tourneur, père et fils – Julio Bressane

Comment repartir après un cinquantenaire copieusement fêté ?… Essoufflés ?… Certainement pas. Nous soufflerons justement en ce début d’année 2015 les dernières bougies de nos cinquante ans, tout en vous proposant de traverser un siècle de cinéma. Un formidable voyage qui commencera avec Maurice Tourneur, dont la filmographie qui s’étend de 1913 à 1948 croisera celle de Jacques Tourneur, son fils, qui, elle, court de 1931 à 1966, pour finir avec Julio Bressane, cinéaste brésilien dont l’œuvre trop confidentielle a débuté à la fin des années 1960 et se poursuit encore aujourd’hui.

« Nous soufflerons en ce début d’année 2015 les dernières bougies de nos cinquante ans, tout en vous proposant de traverser un siècle de cinéma. »

Un voyage comme une course de relais, qui ne se contentera pas de visiter un siècle de cinéma en comptant les années, mais à travers lequel se réfléchit le cinéma et, de fait, se vit la cinéphilie.
Avec Maurice Tourneur, nous partirons de la formation de l’écriture cinématographique, l’invention d’un style et d’une narration dont la grammaire deviendra classique, parfaitement reprise et maîtrisée par la génération suivante, celle de Jacques Tourneur, le fils, et que Julio Bressane bouscule en cherchant à donner un autre sens au cinéma : ne plus seulement raconter des histoires, mais raconter l’Histoire. Le pionnier, le classique et le prophète exégète. Le père, le fils et le libre esprit. Les débuts, le classicisme et la modernité. Trois dimensions à travers lesquelles se construit un regard sur le cinéma. Une 3D qui remodèle les perspectives puisqu’il s’agira de revoir une œuvre déjà fort connue, celle de Jacques Tourneur, d’en redécouvrir une en passe de tomber dans l’oubli, celle de Maurice Tourneur, et d’en découvrir une en train de s’inscrire dans l’histoire, celle de Julio Bressane.
Rien de tel pour commencer une nouvelle année que de remettre en perspectives et en ouvrir de nouvelles. Tels sont nos vœux et ceux que nous vous souhaitons.

Jim Jarmusch

La saison 2014-2015 de la Cinémathèque de Toulouse s’ouvre sur deux grands artistes que tout a priori oppose : d’un côté l’Américain Jim Jarmusch, issu de la scène underground new-yorkaise, figure centrale du cinéma indépendant outre-Atlantique d’aujourd’hui ; de l’autre Andrei Tarkovski, cinéaste soviétique majeur, incarnant la résistance par l’art au régime communiste et disparu au milieu des années 1980 – au moment même où l’on découvrait les premiers films de Jim Jarmusch. Mais la coïncidence de ces programmations ouvre des perspectives de rapprochement inédites entre ces deux cinéastes, épris l’un et l’autre de liberté, passionnés par le temps et ses expressions, habités par la poésie.

« Cette nouvelle saison montrera, comme Andrei Tarkovski le rappelait, que le cinéma nous aide à vivre. »

Dans les deux cas, la Cinémathèque de Toulouse propose une intégrale ; et dans les deux cas, cela constitue un événement – tant la projection de certains de ces titres en salle est devenue rare. Si l’œuvre de Jarmusch est loin d’être terminée, celle de Tarkovski est close depuis Le Sacrifice (1986) et s’inscrit ici dans une approche renouvelée du cinéma soviétique : alors que celui-ci est trop souvent perçu, du moins en France, à travers un prisme uniquement politique, cette programmation, qui met également à l’honneur Alexandre Dovjenko, Serguei Paradjanov et Artavazd Pelechian, s’attache à montrer que la poésie en est l’une des dimensions vitales.

Cette rentrée est l’occasion, plus que jamais, d’accueillir de nombreux invités et de nouer des partenariats très divers, tant au niveau local, que national et international. Car si la Cinémathèque de Toulouse conçoit toujours sa programmation en cherchant à promouvoir un regard spécifique sur le patrimoine cinématographique, elle est également très ouverte aux échanges et au dialogue. Avec une préoccupation majeure : échapper aux effets de mode pour continuer à chercher du sens. Cette nouvelle saison nous emmènera de Marseille en Inde en passant par les États-Unis et le Brésil, et alternera monographies et thématiques, découvertes et confirmations. Et montrera, comme Andrei Tarkovski le rappelait, que le cinéma nous aide à vivre. Jour après jour.

Natacha Laurent

Cinéma en plein air

Cinéma en plein air, 10e édition ! Depuis 2005, chaque été, la cour de la Cinémathèque de Toulouse se transforme en une salle de cinéma unique, à ciel ouvert. Pour retrouver la simplicité magique de ces projections pas comme les autres et regarder des grands titres de l’histoire du cinéma comme on a rarement l’occasion de le faire : sur grand écran, collectivement, et dans la douceur d’une nuit d’été toulousaine. Chaleur de la pierre et de la brique qui s’apaise, bruissement de l’air dans les feuilles des quatre platanes de la cour du 69 rue du Taur, lumière du projecteur, et l’écran, spécialement dressé sur la façade de la Cinémathèque pour l’occasion, devient l’aimant vers lequel convergent tous les regards. 27 films, tous les soirs du mardi au samedi, du 27 juin au 2 août, pour retrouver des films aussi différents que Drôle de frimousse, Les Dents de la mer, L’Homme de Rio, Raining Stones ou Quai des brumes, et répondre à l’invitation de Sigourney Weaver, Marcello Mastroianni, Jeanne Moreau, George Clooney, Audrey Hepburn, John Travolta, Jean Gabin, Romy Schneider, et bien d’autres, qui viendront illuminer ces soirées toulousaines.
Pour la première fois, une partie des projections se déroulera en numérique : jusqu’à la mi-juillet, la pellicule règnera dans la cour du 69 du Taur, pour laisser ensuite la place au projecteur numérique. Tout simplement parce qu’un nombre croissant de classiques de l’histoire du cinéma ne sont plus disponibles que sur support numérique. Et il est donc logique que désormais la Cinémathèque de Toulouse, à l’intérieur comme à l’extérieur, propose des projections dans les deux formats.
Enfin, au cours de cet été, deux festivals importants, amis de longue date, invitent la Cinémathèque de Toulouse à fêter ses 50 ans : la Cinémathèque proposera ainsi, au festival de la Rochelle, une rétrospective sur l’âge d’or du cinéma muet soviétique. Quant au festival de Gindou, qui célèbre, lui, ses 30 ans, il accueillera une sélection de films phares des années 1980 issus de nos archives. L’occasion de mettre à l’honneur deux parties particulièrement riches de notre collection et de les partager avec un large public. Bel été à tous !

Natacha Laurent

Mai | Juin 2014

Pour terminer la saison 2013-2014, et avant le désormais traditionnel Cinéma en plein air de l’été, la Cinémathèque de Toulouse propose de revenir sur deux cinéastes majeurs du XXe siècle, fort différents, n’appartenant pas à la même génération, mais unis par un attachement profond à leur indépendance : le Français Jean Grémillon, dont la carrière débuta au temps du Muet, et se poursuivit, non sans difficultés, jusque dans les années 1950 ; l’Italien Federico Fellini, qui commença dans le sillage du néoréalisme et s’en affranchit rapidement pour abolir les traditionnelles frontières entre rêve, imaginaire et réalité. L’occasion de retrouver les films les plus connus de l’un et de l’autre – Gueule d’amour et Remorques pour le premier, Huit et demi et La Dolce Vita pour le second par exemple – mais aussi de découvrir des titres plus rarement programmés.

La fin de ce printemps 2014 est aussi l’occasion, pour la Cinémathèque de Toulouse, de poursuivre, sur un autre rythme, la célébration de ses 50 ans. Après les deux temps forts constitués par l’exposition « Du cinéma plein les yeux », qui s’est tenue à l’Espace EDF Bazacle du 1er février au 27 avril, et la 8e édition du festival Zoom Arrière « Spécial 50 ans » qui s’est déroulée du 4 au 12 avril, le cinquantenaire est entré dans une nouvelle phase, marquée par le riche programme des « 50 ans, 50 moments de cinéma ». Les mois de mai et juin sont ainsi l’occasion, grâce à ce rendez-vous qui n’existera que le temps de 2014, d’accueillir de nombreux invités : Pierre Breinan, Guy Cavagnac, Jacques Mitsch, Marie-Pierre Lafargue, Sébastien Lifshitz, Dominique Blanc. Chacun viendra, à sa manière, pour une soirée, et avec un ou plusieurs films, raconter les liens qui l’unissent à la Cinémathèque. Et lorsque 2014 touchera à sa fin, il sera temps de rassembler ces 50 moments, qui à eux seuls, et tous ensemble, écriront une histoire de la Cinémathèque de Toulouse.

Natacha Laurent

« Le cinquantenaire est entré dans une nouvelle phase,
marquée par le riche programme des “50 ans, 50 moments de cinéma”. »

8e festival Zoom Arrière – Spécial 50 ans

La programmation revient sur ce qui fonde aujourd’hui la raison d’être d’une cinémathèque de dimension internationale.

Fondée le 12 février 1964 par Raymond Borde et l’équipe de cinéphiles qui s’est rassemblée autour de lui, la Cinémathèque de Toulouse, célèbre tout au long de 2014 ses 50 ans. La 8e édition du festival Zoom Arrière, qui est entièrement consacrée à cet événement, est l’un des principaux moments de cet anniversaire. Tout en jouant avec l’année 1964 et le chiffre 50, la programmation revient sur ce qui fonde aujourd’hui la raison d’être d’une cinémathèque de dimension internationale. Confronter 1964 et 2014, articuler ces deux moments à la fois du point de vue cinématographique et patrimonial, mettre en évidence les correspondances mais aussi les différences entre ces périodes, tel est l’enjeu de cette nouvelle édition de Zoom Arrière.
Ce « Spécial 50 ans » est donc l’occasion de revenir sur les origines de la Cinémathèque de Toulouse et surtout de transmettre ce patrimoine à un large public. À l’heure où les modalités d’accès aux films connaissent de profondes transformations, il est essentiel de rappeler que le cinéma est un spectacle qui se découvre sur grand écran et collectivement. Depuis plusieurs années, la Cinémathèque de Toulouse a fait de l’élargissement des publics l’une de ses priorités et Zoom Arrière est devenu l’un des principaux outils de ce projet.
Cette 8e édition n’aurait pu voir le jour sans le soutien de nos tutelles et nombreux partenaires : qu’ils en soient ici chaleureusement remerciés. Fidèle aux intentions de son fondateur, la Cinémathèque de Toulouse continue ainsi de proposer une autre approche du patrimoine cinématographique, qui s’attache à la fois à explorer des pages méconnues de l’histoire du cinéma tout en veillant à y associer un large public.

Martine Offroy
Présidente de la Cinémathèque de Toulouse

Natacha Laurent
Déléguée générale