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Janvier 2014

Le mélodrame, et son cortège de passions contrariées, de larmes, de destins déchirants, pour ouvrir 2014. Drôle d’idée, diront certains. Non, évidence pour la Cinémathèque de Toulouse, qui célèbre cette année les 50 ans de sa fondation. Tout simplement parce que le mélodrame, genre souvent sous-estimé voire méprisé, fut l’objet, au début et à la fin des années 1970, de deux rétrospectives importantes organisées par Raymond Borde et la Cinémathèque de Toulouse. Et qui ont fait date. Cet intérêt pour la dimension populaire du cinéma, cette curiosité permanente pour les films moins connus, cette capacité à proposer un regard différent et donc à réévaluer en permanence l’histoire du cinéma, restent aujourd’hui les caractéristiques de cette institution quinquagénaire.
Retrouver plus de 25 mélodrames flamboyants, des débuts du cinéma aux années 1960, réalisés par des cinéastes américains (de Cecil B. DeMille à Douglas Sirk, en passant par Frank Borzage), mais également par des auteurs italiens, français, finlandais, et même mexicains, c’est donc rappeler que, dès son plus jeune âge, la Cinémathèque de Toulouse a proposé une approche originale, parfois inattendue, du patrimoine. Et qu’elle a toujours accepté que le cinéma fonctionne à la fois comme un extraordinaire réservoir d’émotions et comme une invitation permanente à la réflexion.

Tout au long de l’année 2014, à Toulouse et ailleurs, la Cinémathèque va fêter son demi-siècle en mettant son identité, son histoire et ses collections au service du futur. Puisqu’un anniversaire n’est pas tant l’occasion de se réjouir de ce qui est passé que de célébrer la vie, l’énergie du présent et l’espoir du lendemain. Douze mois de festivités, qui permettront de mettre en lumière « l’autre » cinémathèque, à travers des thématiques mensuelles, des événements spécifiques, et un rendez-vous qui ne durera que le temps de 2014 : « 50 ans, 50 moments de cinéma ». Bonne année à tous, et longue vie à la Cinémathèque de Toulouse !

Natacha Laurent

8e festival Zoom Arrière – Spécial 50 ans

La programmation revient sur ce qui fonde aujourd’hui la raison d’être d’une cinémathèque de dimension internationale.

Fondée le 12 février 1964 par Raymond Borde et l’équipe de cinéphiles qui s’est rassemblée autour de lui, la Cinémathèque de Toulouse, célèbre tout au long de 2014 ses 50 ans. La 8e édition du festival Zoom Arrière, qui est entièrement consacrée à cet événement, est l’un des principaux moments de cet anniversaire. Tout en jouant avec l’année 1964 et le chiffre 50, la programmation revient sur ce qui fonde aujourd’hui la raison d’être d’une cinémathèque de dimension internationale. Confronter 1964 et 2014, articuler ces deux moments à la fois du point de vue cinématographique et patrimonial, mettre en évidence les correspondances mais aussi les différences entre ces périodes, tel est l’enjeu de cette nouvelle édition de Zoom Arrière.
Ce « Spécial 50 ans » est donc l’occasion de revenir sur les origines de la Cinémathèque de Toulouse et surtout de transmettre ce patrimoine à un large public. À l’heure où les modalités d’accès aux films connaissent de profondes transformations, il est essentiel de rappeler que le cinéma est un spectacle qui se découvre sur grand écran et collectivement. Depuis plusieurs années, la Cinémathèque de Toulouse a fait de l’élargissement des publics l’une de ses priorités et Zoom Arrière est devenu l’un des principaux outils de ce projet.
Cette 8e édition n’aurait pu voir le jour sans le soutien de nos tutelles et nombreux partenaires : qu’ils en soient ici chaleureusement remerciés. Fidèle aux intentions de son fondateur, la Cinémathèque de Toulouse continue ainsi de proposer une autre approche du patrimoine cinématographique, qui s’attache à la fois à explorer des pages méconnues de l’histoire du cinéma tout en veillant à y associer un large public.

Martine Offroy
Présidente de la Cinémathèque de Toulouse

Natacha Laurent
Déléguée générale

Septembre | Octobre 2013

La Cinémathèque de Toulouse ouvre la saison 2013-2014 avec deux propositions qui sont à l’image de la programmation que nous défendons, c’est-à-dire ouverte et curieuse. Le mois de septembre sera ainsi consacré à un cinéaste français d’aujourd’hui, inclassable, souvent provocateur, dont l’humour volontiers grinçant révèle l’absurdité du monde, et qui n’a pas son pareil pour mettre en scène les acteurs : Michel Blanc, Miou-Miou, Carole Bouquet, Gérard Depardieu, Anouk Grinberg sont tous passés devant la caméra de Bertrand Blier, qui des Valseuses à Combien tu m’aimes ? en passant par Tenue de soirée met en scène les travers et les lâchetés humaines. Et dresse un portrait sans concession des évolutions de la société française.

Octobre sera l’occasion d’explorer le patrimoine cinématographique sous un angle résolument autre, à travers une thématique qui permettra de balayer près d’un siècle de cinéma et de croiser des univers culturels très différents. En collaboration avec La Novela, la Cinémathèque de Toulouse propose de partir « en pleine nature » à la découverte de la façon dont le cinéma a regardé, mis en scène, utilisé la nature – le voyage sera plein de surprises…

Enfin, l’ouverture de cette saison montre une nouvelle fois que la Cinémathèque de Toulouse continue, plus que jamais, à décliner le patrimoine cinématographique sur le mode de la création. Le programme de ciné-concerts pour 2013-2014 est un lieu de rencontre unique entre musique et cinéma, et plus particulièrement entre l’extraordinaire richesse de la scène musicale toulousaine et celle de nos collections. Quant à l’exposition de la rentrée, il s’agit d’une carte blanche à un jeune plasticien toulousain, Mathieu Bourrillon, qui a exploré notre collection de photographies pour créer une vingtaine de dessins directement inspirés de plans de cinéma. Cette exposition s’intitule « Relations » : comment mieux incarner le projet de la Cinémathèque de Toulouse qui est d’assurer le lien entre l’art cinématographique d’hier et les artistes d’aujourd’hui ?

Natacha Laurent

Juillet | Août 2013

Nous attendons tous ce moment avec impatience. Les projections en plein air, dans la cour du 69 rue du Taur, constituent désormais un rendez-vous privilégié de redécouverte du patrimoine cinématographique : du 28 juin au 3 août, tous les soirs du mardi au samedi, et pendant six semaines, la Cinémathèque de Toulouse propose 27 films à partager dans la douceur et la convivialité d’une soirée d’été. 27 grands titres de l’histoire du cinéma, anciens et récents, français et étrangers, tous genres confondus, qui vont nous permettre de voyager dans le temps et l’espace, et qui vont être magnifiés par la projection en plein air. De L’Aventure de Madame Muir à OSS 117 : Le Caire, nid d’espions en passant par Pierrot le fou ou Priscilla, folle du désert, cette programmation est une invitation à retrouver le cinéma en toute liberté et dans la magie de ce qui a fondé cet art : la projection de la pellicule argentique.
Ces séances en plein air trouveront, pour la première fois, un prolongement à la fin du mois d’août grâce à quatre projections organisées en collaboration avec Toulouse Plages, au jardin Raymond VI. Cela témoigne de la volonté, toujours renforcée, de la Cinémathèque de sortir de ses murs pour aller vers de nouveaux publics. L’été 2013 sera l’occasion de prendre la route des festivals, en Midi-Pyrénées, de Foix, Sorèze, Gindou, mais aussi, au niveau national, de La Rochelle et, à l’étranger, de Bologne. Pour à chaque fois faire rayonner les raretés des collections de la Cinémathèque de Toulouse et réaffirmer que notre institution s’attache, tous les jours, à faire aimer le cinéma auprès d’un large public.

Natacha Laurent

« retrouver le cinéma en toute liberté
et dans la magie de ce qui a fondé cet art :
la projection de la pellicule argentique »

Mai | Juin 2013

Le portrait croisé de Gina Lollobrigida et Sophia Loren que la Cinémathèque de Toulouse propose en ce mois de mai est assurément une invitation à retrouver ces deux icônes du cinéma italien dans certains de leurs plus grands rôles. Mais aussi à les regarder ensemble pour mieux apprécier les ressemblances, les complémentarités, les différences de ce légendaire duo méditerranéen. Quant à Orson Welles, auquel le mois de juin sera intégralement consacré, il s’est imposé depuis longtemps comme l’un des cinéastes majeurs du XXe siècle. Cette programmation est enfin l’occasion de rassembler l’intégrale des films réalisés et achevés par l’auteur de Citizen Kane, mais aussi de proposer une sélection des très nombreux titres, américains et européens, dans lesquels il s’est simplement illustré comme acteur.

Le premier semestre 2013 confirme l’importance, tant en qualité qu’en quantité, des enrichissements que connaissent actuellement les collections de la Cinémathèque de Toulouse. Plus de 2 000 copies, près de 5 000 affiches, plusieurs fonds d’archives uniques ont ainsi rejoint, au cours de l’année 2012, le Centre de conservation et de recherche, situé à Balma. La Cinémathèque de Toulouse conserve désormais plus de 42 000 copies inventoriées, 500 000 photos, 70 000 affiches, et le rythme des enrichissements s’accélère. À l’heure où le cinéma connaît une révolution majeure – le passage au numérique et la dématérialisation des supports – la collection apparaît, plus que jamais, comme un ensemble précieux et rare. Elle est le résultat d’une histoire collective et unique de près de 50 ans. Et s’affirme toujours comme un objet vivant, en devenir, et essentiel pour la mémoire du cinéma.

Natacha Laurent