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Dogme 95 | Sam Peckinpah

La rentrée de la Cinémathèque pourrait ressembler à un maelstrom tant d’événements et de rendez-vous s’y bousculent en septembre et octobre. On pourrait se sentir perdu, penser que cela part dans toutes les directions. Mais ce serait oublier qu’une telle prolifération d’événements est aussi le gage d’une institution qui est au cœur de la vie culturelle de la ville et de la région.
Et si la Cinémathèque a le sens du devoir, et du plaisir, en accueillant et en collaborant avec différents acteurs culturels, elle n’en n’oublie pas de continuer à (re)poser les jalons d’une histoire du cinéma toujours à revisiter.

« Une telle prolifération d’événements
est le gage d’une institution
qui est au cœur de la vie culturelle
de la ville et de la région. »

En cette rentrée, deux cycles pour mettre les sens dessus-dessous. Un retour, d’abord, sur le Dogme 95, un mouvement qui a duré dix ans (1995-2005), une bourrasque venue du Nord – initiée par Lars von Trier et Thomas Vinterberg – qui avait pour ambition de rafraîchir le cinéma en bousculant ses conventions. Une intégrale ensuite de Sam Peckinpah (ses films réalisés pour le cinéma), le « Bloody Sam », cinéaste majeur du cinéma américain au moment où le Hollywood classique laissait place au Nouvel Hollywood. Un cinéma habité par la violence et la mélancolie d’un temps révolu tout en inventant une esthétique fondatrice du cinéma de genre moderne.
Deux cycles très différents, par leur position chronologique et leur place dans l’histoire. L’un a été comme une parenthèse : le Dogme 95. L’autre est un trait d’union : Sam Peckinpah. Différents et pourtant pas si éloignés que cela dans l’esprit. La rupture et la continuité, l’une n’allant jamais sans l’autre. L’ancien et le nouveau. Avec toujours l’idée du REnouveau. Ce mot pourrait être d’ailleurs le mot d’ordre de cette saison riche et variée que nous aurons le plaisir de vous dévoiler le 23 septembre prochain.
Bonne saison de cinéma à tous !

Franck Loiret, Directeur délégué
Franck Lubet, Programmateur

Stanley Kubrick

Depuis 2010, la Cinémathèque de Toulouse a choisi de terminer sa saison en rendant hommage à un géant, aujourd’hui disparu, de l’histoire du cinéma. Après John Ford, Luchino Visconti, Alfred Hitchcock, Orson Welles et Federico Fellini, place en juin 2015 à Stanley Kubrick !

« La Cinémathèque de Toulouse a choisi
de terminer sa saison en rendant hommage
à un géant de l’histoire du cinéma : Stanley Kubrick. »

 

Né en 1928 et mort en 1999, celui que l’on présente traditionnellement comme un autodidacte devenu un « mégalomane perfectionniste » est avant tout l’auteur d’une œuvre resserrée (13 longs métrages, qui sont tous présentés dans cette rétrospective) et qui reste majeure. De Fear and Desire (1953) à Eyes Wide Shut (1999) en passant par Spartacus, 2001, l’Odyssée de l’espace, Barry Lyndon, Orange mécanique, Shining ou Full Metal Jacket, Stanley Kubrick a signé des films visionnaires, d’une puissance singulière, dans lesquels horreur et splendeur se mêlent pour explorer tout ce que l’âme humaine peut recéler d’inquiétant. Se saisissant de tous les genres du cinéma américain – péplum, film de guerre, science-fiction, film historique, thriller, comédie – il les transfigura pour les subvertir et les mettre au service de son imaginaire. Et choisit de toujours conserver une certaine distance avec Hollywood, ce qui le conduisit dès le début des années 1960 à s’installer en Angleterre.

Véritable bourreau de travail, réunissant pour chacun de ses films une documentation monumentale, assurant son contrôle sur toutes les étapes de la création, animé par une volonté d’expérimentation technique particulièrement poussée, Stanley Kubrick resta toujours réticent à parler de son œuvre et préférait que l’on voie, tout simplement, ses films. Deux guides précieux viendront néanmoins à la Cinémathèque de Toulouse pour accompagner cette rétrospective : Michel Ciment, l’un des principaux exégètes de Stanley Kubrick, et Jan Harlan, qui fut son assistant puis son producteur. L’occasion de mettre en perspective, et de mieux comprendre, l’œuvre de cet inlassable bâtisseur tourmenté par la perspective d’un proche effondrement.

Natacha Laurent

Cinéma en plein air

Comme chaque été depuis 2005, la Cinémathèque de Toulouse transforme la cour du 69 rue du Taur en une salle de projection à ciel ouvert. Pour retrouver sur grand écran, tous les soirs du mardi au samedi, dans la simplicité et la douceur d’une nuit estivale, une sélection de grands titres du patrimoine cinématographique tous genres, auteurs et nationalités confondus. Pour se rebeller avec Nicholas Ray et La Fureur de vivre, danser avec Jean Renoir et French Cancan, pleurer avec Pedro Almodóvar et Tout sur ma mère, sombrer avec Martin Scorsese et Taxi Driver, sourire avec Ettore Scola et Parlons femmes, se venger avec les frères Coen et True Grit, aimer avec Michael Curtiz et Casablanca.

« Toulouse s’affirme comme l’une
des grandes métropoles d’Europe
où l’été rime avec projections à ciel ouvert. »

 

D’année en année depuis 10 ans, le Cinéma en plein air s’est patiemment construit et s’est, chaque été, amélioré. Après avoir tenté tous les côtés de la cour (ou presque !) pour installer l’écran de projection, nous avons définitivement opté pour la façade de la Cinémathèque. Alors que les séances ne pouvaient avoir lieu en 2005 que le vendredi et le samedi, elles ont rapidement pu être portées à cinq par semaine. Afin de pouvoir accueillir des spectateurs de plus en plus nombreux, la jauge a été augmentée grâce notamment à l’installation d’une tribune. Pour rompre avec le rythme habituel de la Cinémathèque, la programmation s’est libérée de toutes contraintes thématiques et propose désormais, tout simplement, des grands films de l’histoire du cinéma. En 2014, l’écran a été agrandi et l’acquisition d’un projecteur numérique a permis, tout en maintenant des séances en 35 mm, de proposer des projections en format numérique. Enfin, cette année, pour répondre à une demande récurrente du public, les projections dans la cour du 69 rue du Taur seront prolongées jusqu’au 15 août. Au total 32 soirées à partir du 3 juillet : avec ce chiffre record, Toulouse s’affirme comme l’une des grandes métropoles d’Europe où l’été rime avec projections à ciel ouvert.

Le Cinéma en plein air est aujourd’hui, à la Cinémathèque de Toulouse, une évidence : nous nous en réjouissons. Merci à vous, spectateurs, pour votre confiance et votre fidélité, et très bel été à tous !

Natacha Laurent

Marseille, ville de cinéma | Panorama des cinémas d’Inde

Après un Zoom Arrière haut en couleurs, qui fut l’occasion de traverser près de 100 ans d’histoire du cinéma et d’explorer des cinématographies très variées, la Cinémathèque de Toulouse vous convie, pour ce printemps 2015, à découvrir deux lieux qui ont inspiré le cinéma. Deux lieux fort différents bien sûr – le premier est une grande ville française, le second est un pays à l’allure de continent – mais dans les deux cas l’approche est géographique et interroge ce qui fonde une identité culturelle forte.

 

« La Cinémathèque de Toulouse vous convie, pour ce printemps 2015,
à découvrir deux lieux qui ont inspiré le cinéma. »

 

En avril, direction Marseille, capitale de ce qui est, vu de Toulouse, « l’autre » Sud français. Et cette programmation s’est imposée pour une raison évidente : Marseille est incontestablement, après Paris, l’autre ville de cinéma de l’hexagone. Lieu ancien de tournage et de production, sujet et personnage de nombreux films, la cité phocéenne n’a cessé, depuis la célèbre arrivée d’un train en gare de la Ciotat tournée par les frères Lumière en 1895, d’inspirer les cinéastes. Et on retrouvera dans cette programmation tout aussi bien les lieux emblématiques de Marseille, que les combats qui ont forgé son identité et les types de personnages qui y sont attachés. Du Vieux-Port au quartier du Panier, du truand à l’ouvrier, de la mémoire de la guerre d’Algérie à la rencontre des différentes immigrations : l’occasion de retrouver certains mythes mais aussi de les questionner en venant rencontrer nos différents invités, dont Jean-Louis Comolli le 29 avril.

Et en mai, le dépaysement sera total avec un voyage au cœur du cinéma indien, ou plus exactement des cinémas d’Inde. Près de 30 films qui embrassent une large période – du début des années 1950 à aujourd’hui – mêlent films d’auteur, cinéma populaire, titres connus, auteurs à découvrir. Pour à la fois retrouver la richesse de la production de ce pays-continent et se laisser surprendre par son extraordinaire diversité.

Natacha Laurent

Tourneur, père et fils – Julio Bressane

Comment repartir après un cinquantenaire copieusement fêté ?… Essoufflés ?… Certainement pas. Nous soufflerons justement en ce début d’année 2015 les dernières bougies de nos cinquante ans, tout en vous proposant de traverser un siècle de cinéma. Un formidable voyage qui commencera avec Maurice Tourneur, dont la filmographie qui s’étend de 1913 à 1948 croisera celle de Jacques Tourneur, son fils, qui, elle, court de 1931 à 1966, pour finir avec Julio Bressane, cinéaste brésilien dont l’œuvre trop confidentielle a débuté à la fin des années 1960 et se poursuit encore aujourd’hui.

« Nous soufflerons en ce début d’année 2015 les dernières bougies de nos cinquante ans, tout en vous proposant de traverser un siècle de cinéma. »

Un voyage comme une course de relais, qui ne se contentera pas de visiter un siècle de cinéma en comptant les années, mais à travers lequel se réfléchit le cinéma et, de fait, se vit la cinéphilie.
Avec Maurice Tourneur, nous partirons de la formation de l’écriture cinématographique, l’invention d’un style et d’une narration dont la grammaire deviendra classique, parfaitement reprise et maîtrisée par la génération suivante, celle de Jacques Tourneur, le fils, et que Julio Bressane bouscule en cherchant à donner un autre sens au cinéma : ne plus seulement raconter des histoires, mais raconter l’Histoire. Le pionnier, le classique et le prophète exégète. Le père, le fils et le libre esprit. Les débuts, le classicisme et la modernité. Trois dimensions à travers lesquelles se construit un regard sur le cinéma. Une 3D qui remodèle les perspectives puisqu’il s’agira de revoir une œuvre déjà fort connue, celle de Jacques Tourneur, d’en redécouvrir une en passe de tomber dans l’oubli, celle de Maurice Tourneur, et d’en découvrir une en train de s’inscrire dans l’histoire, celle de Julio Bressane.
Rien de tel pour commencer une nouvelle année que de remettre en perspectives et en ouvrir de nouvelles. Tels sont nos vœux et ceux que nous vous souhaitons.