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5e festival Zoom Arrière

En choisissant de mettre l’Antiquité à l’honneur, Zoom Arrière 2011 entend montrer que passé et présent ne cessent de dialoguer, de se rencontrer et de se réinventer mutuellement. Alors que depuis une dizaine d’années, le peplum connaît un regain d’intérêt, autant chez les cinéastes que chez les spectateurs, la Cinémathèque de Toulouse propose d’embrasser plus d’un siècle de cinéma, de Cabiria à Agora, pour retrouver l’univers des Anciens et revenir aux questions essentielles qui fondent notre civilisation : le rapport au sacré, la guerre, la violence, l’organisation politique de la société…

Cette programmation est aussi l’occasion d’amplifier le travail que nous menons à l’année longue pour assurer la diffusion du patrimoine cinématographique en dehors des salles de la Cinémathèque et pour nous associer à des lieux très divers, qu’ils soient situés à Toulouse, dans le Grand Toulouse, en Haute-Garonne, en Midi-Pyrénées, et au-delà. Rencontres, projections, expositions, ciné-concerts, Zoom Arrière fait une nouvelle fois le pari de rassembler tous les publics autour du 7e Art.

L’invité d’honneur de la 5e édition de Zoom Arrière incarne cette cinéphilie partagée avec le plus grand nombre : Claude-Jean Philippe, fondateur du ciné-club pour la télévision publique il y a exactement 40 ans, a transmis la passion du cinéma à plusieurs générations de spectateurs. L’occasion, aujourd’hui, de le remercier et de rappeler tout ce que le 7e Art doit aux ciné-clubs !

Natacha Laurent
Déléguée générale de la Cinémathèque de Toulouse

« rassembler tous les publics autour du 7e Art »

Janvier | Février | 2011

La carte de vœux traditionnelle perd progressivement du terrain. Mais la volonté de se souhaiter le meilleur pour la nouvelle année reste, elle, intacte. Ce moment d’échange privilégié, de retrouvailles, de réaffirmation d’une fidèle amitié, la Cinémathèque de Toulouse tient à le fêter. Mais à sa façon, autrement dit collectivement et avec le cinéma.

Nous avons donc demandé à 11 artistes, amis fidèles et proches de la Cinémathèque de Toulouse, de choisir un film qui est pour eux synonyme de bonheur. C’est à la fois une carte de vœux originale et une photo de famille étonnante que nous vous adressons, en ce début d’année : 11 artistes, 11 films, du bonheur pour 2011 ! À vous de découvrir maintenant ce que chacun d’eux vous envoie…

L’autre temps fort de ce début d’année est la rétrospective de cinéma coréen que nous vous proposons à partir du 12 janvier, et en collaboration bien sûr avec le festival Made in Asia. L’occasion de découvrir, dans sa profondeur chronologique, une cinématographie particulièrement inventive et dynamique : des films plus anciens comme la Vallée de Pia (1955) ou les Pommes de terre (1968) aux œuvres les plus récentes, symboles de la richesse actuelle de ce cinéma (Ivres de femmes et de peinture ou Oasis), c’est à un voyage au cœur des 50 dernières années de l’histoire de la Corée du Sud que nous vous convions. L’un des principaux représentants de la nouvelle vague coréenne, Im Sang Soo, auteur notamment du Vieux Jardin, de Girls’ Night Out, et tout récemment de The Housemaid, sera notre invité d’honneur et viendra rencontrer le public le 12 janvier. La famille de la Cinémathèque de Toulouse s’élargit. Bonne année à tous !

Natacha Laurent

Rencontres du 3e type

Pour terminer l’année, nous vous invitons à un voyage que seul le cinéma peut proposer à un large public : à moins en effet d’être astrophysicien ou astronome, il n’est pas possible d’aller à leur rencontre. Mais le 7e Art a cette force unique de pouvoir nous arracher à la gravité terrestre et d’imaginer les diverses formes que pourrait prendre la vie en dehors de notre chère planète. Être humanoïde ou créature monstrueuse, ennemi ancestral ou avenir de l’humanité, l’extraterrestre inspire le cinéma depuis ses origines. Il était donc tout naturel que nous choisissions de nous associer à la Cité de l’Espace qui présente actuellement une belle exposition sur cette thématique.

Laisser l’imaginaire cinématographique nous emmener à la découverte des extraterrestres, c’est bien entendu accepter de se poser des questions essentielles, qui nous renvoient à la modestie de l’être humain et au vertige infini de l’univers. Et c’est aussi partager un ensemble de représentations collectives qui, de l’inévitable Star Wars au classique Alien en passant par Rencontres du 3e type ou L’Homme qui venait d’ailleurs, ont nourri nos interrogations, nos aspirations et parfois nos peurs. Le dernier « Métier de cinéma » de l’année 2010 sera donc l’occasion de confronter créatures imaginaires et connaissances scientifiques : quel regard les savants portent-ils sur cet univers cinématographique ? Y aurait-il une part de réalité dans ces films qui nous offrent des voyages interstellaires inespérés ? Venez à la rencontre de Sylvestre Maurice, astrophysicien, qui partagera avec le public, le 11 décembre prochain, son savoir et sa passion pour le légendaire E.T. Alors, prêts au départ ?

Natacha Laurent

Festival Extrême Cinéma | Inferno

Les premières morsures de l’hiver signent désormais le retour d’Extrême Cinéma, avec son cortège d’ombres, de fureur, de sang et de frissons… Pas comme les autres, explorant les limites de ce que le cinéma peut montrer, se moquant des normes établies, ce festival reste toujours l’enfant terrible de la Cinémathèque de Toulouse : étrange, bizarre, décalé, imprévisible, passant de l’insupportable à la distance salvatrice, Extrême Cinéma reste plus que jamais un espace de liberté et de découverte. Depuis maintenant douze ans, il investit régulièrement l’univers de nos peurs, de toutes nos peurs, des grandes comme des petites, des nobles comme de celles que l’on préfèrerait ignorer. Et nous montre, toujours l’air de rien, que le cinéma permet d’appréhender, voire d’apprivoiser, cette part de l’ombre qui nous habite.

Extrême Cinéma revient cette année dans la formule que nous avions inaugurée l’hiver dernier : plus resserré dans le temps et plus dynamique, avec de nombreux invités et un événement tous les soirs, le festival ouvre cette année les portes de l’Enfer. Et cet Inferno prend la forme d’une créature étonnante, qui mêle forme humaine, tentacules marines et attributs classiques du vampire. Réalisé par Morgan Pansier, talentueux graphiste fraîchement diplômé de l’École des Beaux-Arts de Toulouse, le dessin qui incarne la douzième édition d’Extrême Cinéma montre, une fois de plus, la force du patrimoine quand il inspire la création contemporaine. Et c’est lui qui vous invite à traverser le Styx…

Natacha Laurent

St-Pétersbourg Moscou en 22 films

Participer à l’ année croisée France-Russie est, pour la Cinémathèque de Toulouse, une évidence. Les collections, l’histoire et le rayonnement international de notre institution doivent en effet beaucoup à la Russie, et en particulier au Gosfilmofond, les archives nationales du cinéma de Russie. Alors même que la Cinémathèque de Toulouse venait, en 1965, de rejoindre la Fédération Internationale des Archives du Film (FIAF), notre fondateur, Raymond Borde, faisait une rencontre décisive avec Viktor Privato, alors directeur du Gosfilmofond. Les deux hommes partageaient la même passion du cinéma, et très vite une collaboration durable, fondée sur l’amitié et la confiance, se mit en place. Depuis les années soixante, cette relation exceptionnelle n’a fait que se renforcer et a donné lieu à des échanges, des programmations, des restaurations communes.

Durant l’été dernier, la Cinémathèque de Toulouse a été invitée à présenter, dans le cinéma le plus ancien de Moscou, un programme de films russes et français emblématiques de cette histoire partagée, et qui ont été plébiscités par le public moscovite. C’est maintenant au tour de Toulouse de mettre à l’honneur le cinéma russe en proposant une programmation intégralement consacrée aux deux capitales, Moscou et Saint-Pétersbourg. L’occasion de revoir de grands classiques mais aussi de découvrir des chefs-d’œuvre méconnus et d’aller à la rencontre de la jeune génération du 7e Art russe. Avec le cinéaste Igor Minaiev, que nous aurons le plaisir de recevoir le 17 novembre, nous vous invitons à mettre le cap à l’Est !

Natacha Laurent