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St-Pétersbourg Moscou en 22 films

Participer à l’ année croisée France-Russie est, pour la Cinémathèque de Toulouse, une évidence. Les collections, l’histoire et le rayonnement international de notre institution doivent en effet beaucoup à la Russie, et en particulier au Gosfilmofond, les archives nationales du cinéma de Russie. Alors même que la Cinémathèque de Toulouse venait, en 1965, de rejoindre la Fédération Internationale des Archives du Film (FIAF), notre fondateur, Raymond Borde, faisait une rencontre décisive avec Viktor Privato, alors directeur du Gosfilmofond. Les deux hommes partageaient la même passion du cinéma, et très vite une collaboration durable, fondée sur l’amitié et la confiance, se mit en place. Depuis les années soixante, cette relation exceptionnelle n’a fait que se renforcer et a donné lieu à des échanges, des programmations, des restaurations communes.

Durant l’été dernier, la Cinémathèque de Toulouse a été invitée à présenter, dans le cinéma le plus ancien de Moscou, un programme de films russes et français emblématiques de cette histoire partagée, et qui ont été plébiscités par le public moscovite. C’est maintenant au tour de Toulouse de mettre à l’honneur le cinéma russe en proposant une programmation intégralement consacrée aux deux capitales, Moscou et Saint-Pétersbourg. L’occasion de revoir de grands classiques mais aussi de découvrir des chefs-d’œuvre méconnus et d’aller à la rencontre de la jeune génération du 7e Art russe. Avec le cinéaste Igor Minaiev, que nous aurons le plaisir de recevoir le 17 novembre, nous vous invitons à mettre le cap à l’Est !

Natacha Laurent

John Boorman

Nous en avions rêvé. Il sera là. Et lorsque nous lui avons demandé quel film il souhaiterait présenter, sa réponse est tombée, immédiate, laconique : Excalibur. Rassembler la presque totalité des films de John Boorman et avoir l’honneur de le recevoir, c’est l’assurance, pour le public, d’une rencontre inoubliable avec un univers unique. Un univers habité par une proximité exceptionnelle avec la nature, et dans lequel les éléments, et notamment l’eau, sont structurants. L’œuvre de Boorman est tout entière traversée par un souffle qui, à chaque film, nous plonge dans des situations qui remettent en cause l’essentiel et nous conduisent donc à nous interroger sur nos limites. Qu’il s’agisse du Point de non retour, de Délivrance ou de Rangoon par exemple, c’est toujours à un voyage stupéfiant que nous sommes confrontés et au cours duquel les êtres et le monde subissent de profondes transformations. Son sens exceptionnel du visuel, qui place le regard au centre de la plupart de ses films, comme dans Leo the Last, sert un imaginaire dans lequel les mythes sont en permanence revisités à travers, le plus souvent, une réinvention des principaux genres du cinéma.

Cette programmation sera ouverte le 21 septembre par l’un de ceux qui connaissent le mieux John Boorman et son univers : Michel Ciment, directeur de la publication de Positif et voix familière de l’émission « le Masque et la Plume ». Cette rencontre sera sans doute l’une des meilleures façons de se préparer à recevoir John Boorman, qui sera à la Cinémathèque de Toulouse le 16 octobre pour un « Métier de cinéma » exceptionnel : l’occasion de découvrir, en direct, l’un des cinéastes les plus originaux d’aujourd’hui. Vous avez dit tellurique ?

Natacha Laurent

Zoom arrière

Ouverture plus forte vers l’extérieur

Pour sa troisième édition, Zoom arrière reste fidèle à son identité – partager le patrimoine cinématographique avec un large public – mais fait le pari, cette année, d’une ouverture plus forte vers l’extérieur. Avec la volonté d’un double mouvement : aller à la rencontre de publics différents pour faire rayonner le cinéma dans sa profondeur historique et enrichir, en retour, notre propre regard sur le patrimoine.

Zoom arrière se déroulera ainsi dans plusieurs quartiers et lieux de Toulouse, de la Haute-Garonne et de Midi-Pyrénées. Une partie de la programmation sera reprise à Paris, Grenoble, Nice et Perpignan, et trouvera même un écho lors du prochain festival de Bologne au début de l’été 2009. Plusieurs cinémathèques européennes viendront montrer leurs dernières restaurations, tandis que le public jeune se verra proposer de nouveaux outils pour se familiariser avec le patrimoine cinématographique. Le cinéma s’est toujours moqué des frontières, quelles qu’elles soient, et c’est bien cette dimension essentielle du 7e Art que la Cinémathèque de Toulouse choisit de mettre à l’honneur durant Zoom arrière.

Natacha Laurent · Mars 2009.

Rétrospective Elia Kazan

Marlon Brando, James Dean, Faye Dunaway, Robert de Niro, Katharine Hepburn, Deborah Kerr, Kirk Douglas, ils sont tous passés devant sa caméra.

La liste est majestueuse et est à elle seule une histoire du cinéma américain.

Elia Kazan aurait eu 100 ans en 2009. De ses débuts au théâtre, d’abord comme comédien, puis comme metteur en scène, il garda un fort attachement à la littérature et aux acteurs. Sa capacité à prendre de la distance avec le système hollywoodien, à faire émerger des thématiques audacieuses et de nouveaux talents – notamment grâce au célèbre Actor’s studio, dont il fut l’un des co-fondateurs en 1947, font de Kazan l’un des cinéastes majeurs du 7e Art. Son œuvre, monumentale, tisse des liens particuliers entre d’une part les grands moments ou événements de l’Amérique moderne (la guerre du Vietnam, le New Deal, l’immigration par exemple) et d’autre part son histoire personnelle, celle d’un homme en proie aux doutes et aux questions essentielles de l’existence.

Toutes ces questions seront au centre de la rencontre du 1er avril avec Michel Ciment, critique et historien du cinéma, auteur d’un ouvrage essentiel sur Elia Kazan.
Sur les Quais, Baby Doll, La Fièvre dans le sang, nous avons rassemblé la presque totalité de ses films. Il n’en manquera que trois – et c’est tout simplement, et malheureusement, parce qu’il aurait fallu faire venir les copies des États-Unis et assurer un sous-titrage électronique, ce que notre budget ne nous permet pas de faire tout le temps. Mais l’essentiel des films de Kazan seront bien là, et notamment America, America, extraordinaire fresque sur l’immigration, inspirée de l’histoire de sa propre famille originaire d’Anatolie. Une belle façon pour nous d’annoncer la deuxième édition d’« Étrangers d’ici », programmation entièrement consacrée à l’histoire de l’immigration en France et à ses représentations au cinéma. Du 24 au 26 avril, venez découvrir d’autres images de la diversité culturelle et rencontrer le parrain de cette deuxième édition, Rabah Ameur Zaïmeche, qui présentera tous ses films.

Natacha Laurent · Avril 2009.

La Nouvelle Vague

Pouvions-nous y résister ? Sûrement pas !

50 ans après la révélation de Truffaut et de ses Quatre cents coups au Festival de Cannes, qui allaient marquer le début officiel de la Nouvelle Vague, La Cinémathèque de Toulouse vous invite à redécouvrir ce moment essentiel de l’histoire du cinéma. Comme ces deux héroïnes du film de Jacques Rozier Adieu Philippine que nous avons choisies pour notre affiche, la Nouvelle Vague est partie à la conquête du monde, avec l’énergie, la fraîcheur et l’insouciance de la jeunesse.

Nouvelle génération, nouvelles thématiques, nouvelle façon de faire du cinéma, ce phénomène qui a trouvé en France son nom et son expression la plus achevée a sans aucun doute bouleversé le 7e Art bien au-delà des frontières hexagonales. Mais nous avons choisi de nous concentrer, durant ce mois de mai, sur la production française avant d’explorer, à l’automne prochain, les nouvelles vagues étrangères.

Ce serait mentir que d’affirmer que cette programmation a été simple à construire. Elle nous a au contraire posé beaucoup de questions. Car si certains titres tels Le Beau Serge ou À bout de souffle devaient, de toute évidence, faire partie de la sélection, d’autres films ont été plus difficiles à appréhender, tels ceux de Jean-Pierre Mocky, de Louis Malle ou d’Alain Cavalier. Où s’arrête donc la Nouvelle Vague ? Faut-il se contenter d’une borne chronologique ou croiser esthétique, histoire et économie pour comprendre ce phénomène si particulier ? Notre sélection, qui n’est bien entendu pas exhaustive, donne sans nul doute une certaine définition de ce moment si particulier de l’histoire de notre cinéma.

Natacha Laurent · Mai 2009.