
Colloque
Journée d’études consacrée à la guerre d’Algérie au cinéma – 15 mars 2012
Bien qu’officiellement close depuis cinquante ans, la Guerre d’Algérie n’a cessé de traverser nos sociétés, des deux côtés de la Méditerranée. Mais si l’on connaît mieux désormais les films de fiction qui, des années de guerre à nos jours, évoquent cette période brûlante de notre histoire, c’est bien moins le cas des images parfois interdites, parfois réservées à un contexte de diffusion bien particulier, qui font l’objet de cette journée d’études. Films de propagande commandés par l’Etat, films amateurs réalisés par des appelés du contingent ou de simples civils, films militants enfin, réduits à la clandestinité et parfois menacés de disparition en raison de la prohibition qui les frappe depuis un demi-siècle, tous ont en commun d’avoir été voués à une forme d’oubli, alors qu’ils participent pleinement d’une histoire qui ne saurait s’écrire en leur absence.
Pour parler de ces films rares (certains d’entre eux n’ont quasiment jamais été montrés), et en complément de la programmation autour de la Guerre d’Algérie que propose la Cinémathèque de Toulouse, nous avons choisi de croiser les regards d’historiens (Jean-Pierre Bertin-Maghit, Sébastien Denis, Tangui Perron, Malika Rahal) et de réalisateurs (Cécile Decugis, Daniel Goldenberg, René Vautier) ayant parfois risqué leur liberté en montrant des images qui ne s’accommodaient pas des récits officiels.
A l’occasion de cette journée d’études, un hommage tout particulier sera rendu au grand documentariste Yann Le Masson, co-réalisateur de J’ai huit ans, sur les enfants algériens réfugiés en Tunisie pendant la guerre, et dont les films et le matériel de travail ont été dernièrement déposés à la Cinémathèque de Toulouse.
Intervenants
Jean-Pierre Bertin-Maghit, historien
(Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3, Institut universitaire de France)
Cécile Decugis, monteuse et cinéaste
Sébastien Denis, historien (Aix-Marseille Université)
Sophie Dulucq, historienne (Université Toulouse II-Le Mirail / FRAMESPA)
Daniel Goldenberg, écrivain et cinéaste
Tangui Perron, historien (Association Périphéries, Montreuil)
Raphaël Pillosio, documentariste et réalisateur d’Algérie, d’autres regards (2004)
Malika Rahal, historienne (Institut d’histoire du temps présent, CNRS)
Colette Zytnicki, historienne (Université Toulouse II-Le Mirail / FRAMESPA)
Organisation scientifique de la journée d’études
Natacha Laurent (déléguée générale de la Cinémathèque de Toulouse,
Université Toulouse II-Le Mirail)
Christophe Gauthier (conservateur de la Cinémathèque de Toulouse, IHTP-CNRS)
Grande salle de la Cinémathèque, entrée libre.
9h | Accueil par Natacha Laurent, déléguée générale de la Cinémathèque de Toulouse, et mot d’introduction de Daniel Filâtre, président de l’Université Toulouse II-Le Mirail
Être appelé en Algérie
Modération : Sophie Dulucq
9h15 | Ouverture de la journée d’études
9h30 | Comment filmer une « non-guerre » : la propagande française pendant la Guerre d’Algérie, par Sébastien Denis
10h15 | Le Retour (France, 1959) de Daniel Goldenberg : projection du film et rencontre avec le réalisateur
11h | Pause
11h15 | Lettres filmées d’Algérie : les films amateurs des soldats français, 1954-1962, par Jean-Pierre Bertin-Maghit
Réfugiés : regards croisés
Modération : Colette Zytnicki
14h | Les Réfugiés (France-Tunisie, 1957-2011) de Cécile Decugis : projection du film et rencontre avec la réalisatrice
14h45 | J’ai huit ans (France-Tunisie, 1961) de Yann Le Masson et Olga Poliakoff : projection du film
14h55 | Dessine-moi la guerre : masculinité, enfance et usages de la langue dans J’ai huit ans, par Malika Rahal
15h45 | Pause
16h | La Guerre d’Algérie de Yann Le Masson. Aux origines d’un long combat cinématographique et politique, par Tangui Perron
16h45 – 17h30 | Table ronde avec Cécile Decugis, Daniel Goldenberg, Tangui Perron et Raphaël Pillosio
18h15 | Hommage à Yann Le Masson, projection de J’ai huit ans (France-Tunisie, 1961) et de Kashima Paradise (France-Japon, 1973)
21h | Afrique 50 et Avoir vingt ans dans les Aurès de René Vautier