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Présentation générale
Guide du lecteurAlexandre Volkoff.1927. France. 133 min. Teinté. 35 mm. Muet. Intertitres français. Avec Ivan Mosjoukine, Suzanne Bianchetti, Dianna Karenne, Jenny Jugo Extrême Cinéma
Épique, virevoltant, frondeur et merveilleux. Voilà ce qui arrive quand un cinéaste et un acteur entrent en parfaite symbiose avec leur sujet. Le metteur en scène c’est Alexandre Volkoff, jusqu’alors synonyme de respectabilité. L’acteur c’est le bondissant Ivan Mosjoukine, improbable croisement entre Bela Lugosi et Douglas Fairbanks. Et enfin le sujet : l’homme qui fit de son nom le symbole de la séduction et qui fut tour à tour dans le désordre abbé, magicien, banquier, escroc, joueur professionnel, musicien, espion, spadassin et bien d’autres choses encore, le célèbre Giacomo Casanova. À vie peu commune, moyens peu communs. Casanova le film sera donc une superproduction fastueuse, un ébouriffant film d’aventures comico-épique aussi bien qu’un hymne à la libre pensée et à l’érotisme. Et pendant que Volkoff déploie une élégante mise en scène transpercée de moments sur-vitaminés, Mosjoukine, lui, apporte une énergie hors du commun à son personnage, transformant Giacomo Casanova en une force anarchisante que rien ni personne ne peut enchaîner. Impossible de ne pas se rallier à la cause de ce grand libertin lorsque ce dernier ridiculise les grands de ce monde. Difficile de ne pas craquer lorsque l’habile séducteur embroche sur son épée une dizaine de roses jetées par un rival mécontent et offre la brochette fleurie à sa nouvelle conquête. Difficile aussi de rester de marbre devant cette « danse des épées » où une tripotée de donzelles armées de fleurets s’effeuillent langoureusement en ombre chinoise, les épées servant à calmer l’ardeur de ces messieurs. Plus de quatre-vingts ans après sa réalisation, Casanova ne supporte toujours pas le poids des chaînes de la prison des valeurs sûres et oppose, à une certaine idée d’un cinéma muet figé, espièglerie, sensualité et insoumission.
Film accompagné au piano par Frédéric Bézian - Tarifs habituels de la Cinémathèque.
Mardi 17 Novembre
à 21h00
Infos pratiques
Val Guest. 1957. Grande-Bretagne. 85 min. Noir & blanc. 35 mm. Version originale sous-titrée en français. Avec Brian Donlevy, William Franklyn, Tom Chatto, Bryan Forbes Extrême Cinéma
Atome manquant entre L’Invasion des profanateurs de sépultures et Godzilla, un pur produit de la Hammer, superbe film de S-F des années 50 érigé sur la chape de plomb de la menace nucléaire. Attiré par une pluie de météorites, le célèbre professeur Quatermass découvre dans la campagne anglaise une curieuse usine abritant de mystérieux dômes. À peine a-t-il le temps de commencer à s’interroger sur l’existence de cette usine pour le moins secrète, qu’il se fait éjecter par des vigiles affublés d’une étrange marque. Ça sent le complot extra-terrestre c’t’affaire-là, renifle le so british prof. Et effectivement : ils sont là, parmi nous… Quatermass parviendra-t-il à les arrêter ?!
Mercredi 18 Novembre
à 16h30
Infos pratiques
Stuart Gordon. 1986. États-Unis. 86 min. Couleurs. 35 mm. Version originale sous-titrée en français. Avec Jeffrey Combs, Barbara Crampton, Ken Foree, Ted Sorel Extrême Cinéma
On prend les mêmes et on recommence. Enfin pas tout à fait. Un an après avoir éclaboussé les écrans avec Re-animator, Stuart Gordon remet le couvert et use à nouveau de l’écrivain H. P. Lovecraft comme alibi. Plus organique que gore, From Beyond déchaîne littéralement l’imagination fertile et déviante de son réalisateur. Centré autour d’une mystérieuse machine, le résonator, capable d’ouvrir les portes d’une autre dimension en stimulant la glande pinéale mais aussi d’exciter l’appétit sexuel, From Beyond s’arrange en une apocalyptique symphonie des fluides corporels. Dire que Gordon multiplie les allusions sexuelles serait un euphémisme. Monstres phalliques, créatures protéiformes lubriques, glandes pinéales surdimensionnées s’agitant comme des verges folles, Gordon ose tout et, en associant intimement sexe et horreur, le trublion redonne tout son pouvoir de subversion à un genre malheureusement de plus en plus asexué.
Film interdit en salle aux moins de 12 ans à sa sortie.
Mercredi 18 Novembre
à 18h30
Infos pratiques
Peter Watkins. 1966. Grande-Bretagne. 65 min. Noir & blanc. 35 mm. Version originale sous-titrée en français. Extrême Cinéma
1966. La menace nucléaire est plus que jamais d’actualité. Le ton monte entre l’OTAN et l’URSS. L’Angleterre sait qu’elle sera aux premières loges si un nouveau conflit éclate. On avise, on prémunit. En cas d’attaque nucléaire, restez bien calfeutrés chez vous, fermez les yeux et planquez-vous sous la table du salon. Flash. Ça a pété dans le Kent. Ça y est, on y est. Qu’est-ce qu’il y a après la bombe ? Destruction et désolation. La famine. Le chaos. Les quatre cavaliers de l’Apocalypse. Et tant pis pour ceux qui ne sont pas morts sur le coup. Peter Watkins était là, caméra au poing. Il filme les effets de la bombe à la manière d’un reportage. Une description clinique qui ne sera pas du goût de la BBC, commanditaire du film, ni des autorités et du coup censurée. Simplement effrayant.
Mercredi 18 Novembre
à 18h45
Infos pratiques
John Hillcoat. 2005. Australie. 104 min. Couleurs. 35 mm. Version originale sous-titrée en français. Avec Guy Pearce, Richard Wilson, Danny Huston, Ray Winstone Extrême Cinéma
Scénarisé par le troubadour gothique Nick Cave et réalisé par un as du clip vidéo, John Hillcoat, The Proposition, western mélancolique tourné dans un Outback australien infesté de mouches, médite sur la revanche, le pardon, la solitude et les liens du sang tout en évoquant une page secrète de l’histoire australienne, la résistance aborigène, et les rapports de l’homme face à une nature hostile. Une complainte ténébreuse à ciel ouvert arrangée en un voyage au centre de l’Humain. C’était en Australie aux alentours de 1880, « des hommes sont venus à Toi plongés dans le péché et la corruption, des cœurs, souillés de fautes, sachant qu’au fleuve de Ton pardon ils seront lavés, purifiés et rendus plus blancs que la neige ». Pas de chance, dans les terres desséchées oubliées de Dieu, il n’y a ni pardon, ni fleuve et encore moins de neige. Juste des mouches qui comtemplent la vie des hommes.
Film interdit en salle aux moins de 16 ans à sa sortie.
Mercredi 18 Novembre
à 20h30
Infos pratiques
Martin Dolman (Sergio Martino). 1985. Italie. 90 min. Couleurs. 35 mm. Version française. Avec Daniel Greene, Janet Agren, George Eastman, John Saxon Extrême Cinéma
Ha ! qu’il était bon le temps où le cinéma bis transalpin inondait les salles d’affiches qui promettaient plus que n’en montrait le film. Qu’il était doux le temps où les Castellari, D’Amato, Deodatto et autres démarquaient les hits du box office ricain. Sur l’affiche d’Atomic Cyborg, un guerrier body-buildé façon 80’s met bien en avant sous nos mirettes ébahies son bras bio-mécanique. Pourtant, si Atomic Cyborg surfe sur le succès planétaire du Terminator, il s’en démarque par une intrigue moins servile qu’il n’y paraît. Paco Queruak, notre cyborg, échappe à ses créateurs, les cadres d’un consortium industriel, se réfugie au fin fond du désert de l’Arizona, castagne des routiers pas sympas, s’amourache de la patronne d’un boui-boui et élimine les tueurs lancés à ses trousses. Un soupçon de Blade Runner, un zeste d’écologie, des poursuites, des brouettes de bourre-pifs et un évident savoir-faire saupoudré de dialogues que n’aurait pas renié André Breton. Le tout présenté ici dans une copie vintage avec rayures d’époque.
Mercredi 18 Novembre
à 20h45
Infos pratiques
George Miller. 1979. Australie. 93 min. Couleurs. 35 mm. Version originale sous-titrée en français. Avec Mel Gibson, Joanne Samuel, Hugh Keays-Byrne, Steve Bisley Extrême Cinéma
Dans un monde en déliquescence, Max était encore flic. Il avait une famille. Il faisait régner l’ordre sur les routes à bord de son interceptor. Quand une bande de pirates de la route, motards de l’apocalypse psychopathes, croise sa route et trucide femme et enfant. Alors Max devient Mad, la vengeance chevillée au levier de vitesse… Le premier opus (en attendant le quatrième), pas encore tout à fait post nuke, mais tout à fait culte. Grosses cylindrées, pneus qui crissent et tôles froissées. Le reste, vous savez. See you on the road.
Film interdit en salle aux moins de 16 ans à sa sortie.
Mercredi 18 Novembre
à 22h30
Infos pratiques
Mario Mercier. 1975. France. 95 min. Couleurs. 35 mm. Avec Jean-François Delatour, Geziale, Lisa Livane, Erika Maaz Extrême Cinéma
Bizarro zoom : Inventé à l’origine pour capter et décoder les messages secrets teutons durant la Grande Guerre, le bizarro zoom, bricolé par les mimines expertes des hurluberlus d’Extrême Cinéma, met dorénavant en lumière la face obscure de l’autre cinéma. Comédies abyssalement navrantes, chefs-d’œuvres lysergiques, home movies à prétention orsonwellienne, les laissés-pour-compte de la petite et grande histoire du cinéma trouvent enfin pignon sur salle.
Le film : Pour échapper à l’ennui de la vie conjugale, Laurent, « un artiste en liberté sans condition », demande son admission dans la secte de Géziale. Pour vivre dans cette « autre dimension » dont il rêve tant, Laurent doit livrer sa femme, Aline, aux membres de la phalange en guise de totale dévotion. Et en avant pour le grand sabbat lubrique ! Pétri de bonnes intentions, sincère jusqu’au bout des ongles, Mario Mercier ouvre avec son second film une fenêtre sur un univers très personnel, où s’entremêlent anciens rites magiques et nouveaux mythes. Amateurs de cinéma fantastique élaboré, passez votre chemin. Involontairement drôle et inquiétant, La Papesse multiplie ambivalences et ambiguités aussi vite que Jésus les petits pains. Radiographie des us et coutumes d’une secte de hippies, vision sadienne d’un monde en marge, fable ésotéricopaïenne sur la révolution sexuelle, le film de Mario Mercier, déjà auteur du mémorable La Goulve, se pose comme une tentative de « Witch Cinema » qui ne lasse pas de fasciner.
Film interdit en salle aux moins de 18 ans à sa sortie.
Jeudi 19 Novembre
à 18h30
Infos pratiques
Peter Weir. 1977. Australie. 106 min. Couleurs. 35 mm. Version originale sous-titrée en français. Avec Richard Chamberlain, Olivia Hamnett, David Gulpilil, Frederick Parslow Extrême Cinéma
Prix du jury à Avoriaz, on est loin du Peter Weir du Cercle des poètes disparus. On n’est pas non plus dans l’horreur ou le pur fantastique que l’on pourrait attendre d’une telle distinction. Nous sommes dans cette veine où le cinéma australien excelle, celle du fantastique écologique, où le surnaturel coule naturellement de la nature. Une pluie de grêle s’est abattue dans le désert. Un ciel bas et lourd comme un couvercle pèse sur Sydney. Pluie noire. Là, un jeune avocat blanc se voit confier la défense de cinq aborigènes accusés d’en avoir tué un autre. Un fait divers ? Un meurtre rituel ? Ou une punition ? Y aurait-il une corrélation entre ce crime et les inquiétants phénomènes climatiques ? Mais déjà l’avocat commence à avoir d’étranges visions…
Jeudi 19 Novembre
à 18h45
Infos pratiques
Jean Rollin. 2007. France. 90 min. Couleurs. Vidéo. Avec Ovidie, Françoise Blanchard, Jean Depelley, Fabrice Maintoux Extrême Cinéma
Une jeune femme, incarnée par l’ex-actrice de films X, Ovidie, hérite de la maison de campagne de son cousin, le réalisateur et écrivain Michel Jean. Elle visite sa tombe au cimetière du Père Lachaise puis se perd dans sa maison hantée par les personnages et les fantasmes du cinéaste. Film introspectif, La Nuit des horloges est une balade à l’intérieur d’une œuvre, celle de Jean Rollin, cinéaste victime d’un effroyable malentendu critique qui le condamna à la volée de bois une bonne partie de sa carrière. À la fois journal intime peuplé de silhouettes fantomatiques, de tableaux, d’ouvrages et de bibelots, œuvre viscéralement surréaliste et réflexion sur la mémoire et le temps, La Nuit des horloges s’offre comme un ultime cadeau affranchi de toutes contraintes.
Séance en présence de Jean Rollin
Jeudi 19 Novembre
à 20h30
Infos pratiques
Wes Craven. 1991. États-Unis. 102 min. Couleurs. 35 mm. Version originale sous-titrée en français. Avec Brandon Adams, Everett McGill, Wendy Robie, Ving Rhames Extrême Cinéma
Quand l’horreur dévergonde les neurones. Fool, jeune black de milieu défavorisé, se laisse entraîner dans le cambriolage d’une grosse demeure des quartiers cossus de Los Angeles alors que sa famille est sur le point d’être expulsée. Le but : une collection de pièces d’or. Mais à l’intérieur, un couple de psychopathes, d’étranges créatures retenues dans la cave par un poste de télé, et un cafard qui grouille dans les cloisons. La finalité : sortir vivant de ce labyrinthe de la mort… À l’arrivée, un conte pas pour les enfants. Une quête initiatique. Un film d’apprentissage. Ou une parabole sans merci sur les rapports de classes. Un film riche en interprétations qui n’en oublie pas moins son essence première : la peur.
Film interdit en salle aux moins de 16 ans à sa sortie.
Jeudi 19 Novembre
à 20h45
Infos pratiques
Jean Rollin. 2009. France. 60 min. Couleurs. Vidéo. Extrême Cinéma
Alors que certains pensaient que La Nuit des horloges serait son dernier film, Jean Rollin récidive, persiste et signe comme le héros increvable d’un sérial des années trente. Mais qu’est ce que ce Masque de la méduse peut bien être ? Une histoire de suceur de sang, de fantôme, de non-mort ? Y aura-t-il des déshabillés diaphanes ? Des vampires dans des horloges ? Des hommes à têtes d’animaux ? La plage de Dieppe ? Des cimetières sous la lune ? Réponse lors de cette avant-première exceptionnelle. Mais ce qui est sûr c’est que quoi que soit ce Masque de la méduse, il est d’ores et déjà un remarquable pied de nez aux critiques et chroniqueurs un peu trop pressés de tourner la page.
Séance en présence de Jean Rollin
Jeudi 19 Novembre
à 22h30
Infos pratiques
Bertrand Blier. 1976. France. 107 min. Couleurs. 35 mm. Avec Jean-Pierre Marielle, Jean Rochefort, Bernard Blier, Brigitte Fossey Extrême Cinéma
Le film de la honte, renié, invisible sur écran et interdit au dvd. Provocant et graveleux à souhait, ode au mauvais goût, de la comédie française comme on savait en faire dans les 70’s, direct dans le lard. Et si l’Apocalypse venait des femmes. De bite en blanc : deux braves types moustachus quittent tout, surtout les femmes ; se retirer du monde et vivre de pâté et de vinasse, détendu du gland. Mais voilà, les femmes sont bien décidées à défendre leur bout de gras. Capturés par un groupe de nympho-féministes armées, ils sont réduits à l’état d’escla-verge pour une clinique du forniquage de tout poil… L’enfer, c’est la baise. Vagin géant fellinien, Marielle et Rochefort en égéries du marcel gouailleux, un bon gros film qui tache. Ou comme dirait l’Aldo des cours de récré : c’est la crasse.
Film interdit en salle aux moins de 18 ans à sa sortie.
Vendredi 20 Novembre
à 18h15
Infos pratiques
Michael Wadleigh. 1981. États-Unis. 115 min. Couleurs. 35 mm. Version française. Avec Albert Finney, Diane Venora, Edward James Olmos Extrême Cinéma
Injustement oublié, Wolfen, film hybride à la croisée des genres, mérite beaucoup mieux que le succès d’estime qu’il est en train de se tailler quasiment trente ans après sa réalisation. Quand la réinterprétation du mythe du loup-garou investit le champ du thriller socio-politique, le résultat donne un film trait d’union entre des prouesses techniques qui n’ont rien perdu de leur efficacité et des considérations très années soixante-dix, entre apologie de la culture indienne anéantie par l’homme blanc et intenses scènes d’attaques. Mené de main de maître de bout en bout, solidement interprété, Wolfen s’épaissit au rythme d’une passionnante enquête policière aux résonances mystiques et propose une surprenante vision apocalyptique du Bronx new-yorkais hanté par des SDF et des créatures ancestrales tout en crocs et en poils. Plus qu’une simple réussite, Wolfen élève le genre si haut qu’il caresse ce que peu ont atteint : des mythes millénaires empreints d’animalité et de tribalisme.
Film interdit en salle aux moins de 12 ans à sa sortie.
Vendredi 20 Novembre
à 18h30
Infos pratiques
Lucio Fulci. 1980. Italie. 93 min. Couleurs. 35 mm. Version française. Avec Christopher George, Catriona MacColl, Carlo De Mejo, Antonella Interlenghi Extrême Cinéma
La principale qualité de Frayeurs est avant tout son scénario quasi inexistant. Le suicide d’un prêtre entraîne l’ouverture d’une porte de l’enfer. Un médium, un reporter et une psychologue enquêtent. À partir de ce maigre argument, Lucio Fulci bricole, capture et jette sur l’écran d’intenses moments délétères poético-macabres défiant la cohérence d’un script déficient. Sublimes quand de longs travellings balayent les façades aveugles du village de Dunwich. Remarquables quand la caméra de l’Italien déambule dans une morgue. Suffocants quand ses héros se perdent dans un dédale infernal situé sous un cimetière. Et à ces instants d’inspiration typiquement lovecraftienne s’ajoute la fascination morbide de la matière en putréfaction, du corps broyé, transpercé, lacéré, déchiré. Comme si l’Italien avait décidé d’en finir avec le genre humain en offrant à l’humanité un avant-goût d’apocalypse.
Film interdit en salle aux moins de 16 ans à sa sortie.
Vendredi 20 Novembre
à 20h15
Infos pratiques
Lewis Coates (Luigi Cozzi). 1978. États-Unis/Italie. 97 min. Couleurs. 35 mm. Version française. Avec Marjoe Gortner, Caroline Munro, Christopher Plummer, David Hasselhoff Extrême Cinéma
Plein air polair : À cinéma extrême, conditions extrêmes ! Starcrash sera projeté sous les étoiles ! Prévoyez gros pulls et bonnets, on prépare soupe et vin chaud…
Le film : Le space-opéra est un sous-genre du western, ou plutôt une modernisation du western. L’ouest est conquis. Il faut repousser les frontières. Y a plus que la galaxie. Un seul succès : Starwars. Starcrash fait partie de ses héritiers dévoyés. Mais là où Starwars est prenant et asexué, Starcrash est nul mais sexy. Caroline Munro y est incontournable et porte le bikini comme personne : elle est le seul élément qui n’est pas démodé ou risible dans ce film. Une sorte de Barbarella qui couche pas. À ses côtés, Marjoe Gortner l’enfant prédicateur tombé dans la série B et David Hasselhoff, plus chevelu et piètre que jamais. C’est très souvent drôle, pas forcément quand cela est voulu. Un vrai bon moment.
Projection dans la cour de la Cinémathèque aux tarifs habituels
Vendredi 20 Novembre
à 20h30
Infos pratiques
Rinse Dream (Stephen Sayadian). 1982. États-Unis. 80 min. Couleurs. Vidéo. Version originale sous-titrée en français. Avec Andy Nichols, Paul McGibboney, Michele Bauer, Marie Sharp Extrême Cinéma
Après un holocauste nucléaire, l’humanité se retrouve scindée en deux classes : les « négatifs » qui ne peuvent plus faire l’amour et les « positifs » qui ont gardé intacte leur libido. Afin de remédier à la frustration des « négatifs », les « positifs » participent à d’étranges spectacles sexuels sur la scène d’un cabaret, le Café Flesh. Trop avant-gardiste pour les pornophiles, trop sexué pour les avant-gardistes, Café Flesh peut s’enorgueillir d’être un porno pas comme les autres. Ici, l’homme à tête de crayon copule sur fond de derrick. Ici, un homme-rat lutine une mère de famille sans âme alors que trois bébés barbus rythment la cadence avec des os humains. Ici, d’inquiétantes sirènes et des rires sardoniques soulignent les ébats. Ici, au Café Flesh règne une ambiance moite, le sexe y est mécanique et la déshumanisation des corps palpable. Ici, l’underground s’envoie en l’air avec le X et l’érection tant attendue n’aura pas lieu.
Film interdit en salle aux moins de 18 ans à sa sortie.
Vendredi 20 Novembre
à 22h30
Infos pratiques
James Cameron. 1984. États-Unis. 107 min. Couleurs. 35 mm. Version française. Avec Arnold Schwarzenegger, Michael Biehn, Linda Hamilton Extrême Cinéma
Quiconque n’aime pas Terminator n’aime pas le cinéma… Et pourtant, quand on parle de Terminator, les gens pouffent. La faute à un final en TOR, la faute au bodybuildé désormais indéfendable sénateur conservateur de Califormie… Et pourtant, ce film est un chef-d’œuvre, un modèle de montage, de tension dramatique, à enseigner dans les écoles de cinéma. Ce film a 25 ans mais il transcende le temps. L’histoire repose sur le fondement de notre civilisation occidentale : Sarah Connor est la Vierge Marie et elle va enfanter le sauveur de l’Humanité mais elle ne le sait pas encore, et se méfie de Kyle-Joseph, venu du futur pour le sauver d’un cyborg envoyé pour exécuter la sentence d’un Hérode désincarné. La lutte est inégale dès le départ. La machine apparaît comme une statue grecque et contemple la Cité des Anges. L’homme, lui, s’écrase dans une ruelle pouilleuse… Le mythe chrétien est là, mais de nos jours et à Los Angeles. Sarah est une femme, elle est juste une modeste serveuse dans un snack pourri. Elle devient une guerrière. Elle accepte son destin. Elle n’est rien et devient tout. Elle est à l’image de chacun de nous. Nous sommes tous des Sarah Connor…
Film interdit en salle aux moins de 12 ans à sa sortie.
Samedi 21 Novembre
à 17h00
Infos pratiques
Peter Fleischmann. 1979. Allemagne / France. 135 min. Couleurs. 35 mm. Version française. Avec Helmut Griem, Fernando Arrabal, Carline Seiser, Tilo Prückner Extrême Cinéma
Ils tombent comme des mouches et se recroquevillent en position fœtale. Un à un. Victimes d’une mystérieuse maladie qui se répand dans tout le pays. Le gouvernement réagit brutalement, stigmatise comme il se doit les populations immigrées, déploie ses forces de l’ordre. Camps de quarantaine. Vaccinations. Désinfections. Rien n’y fait. La maladie progresse et permet à Peter Fleischman de pointer du doigt cette nouvelle société allemande de la fin des années soixante-dix, son racisme et la toute puissance de son état. Ça c’est l’évidence même. La Maladie de Hambourg analyse les conséquences d’une épidémie dans une société policée. Ironique, mordant et lucide. Jamais débâcle humaine n’a été aussi inspirée.
Samedi 21 Novembre
à 17h15
Infos pratiques
Don Siegel. 1956. États-Unis. 80 min. Noir & blanc. 35 mm. Version originale sous-titrée en français. Avec Kevin McCarthy, Dana Wynter, King Donovan, Larry Gates Extrême Cinéma
Sommet de la S-F paranoïaque des 50’s. Rien de mieux qu’une bonne vieille guerre froide. Soit c’est la bombe qui génère directement l’histoire, soit ce sont les petits hommes verts, plutôt rouges si l’on y regarde à deux fois. Ici, encore sous l’onde maccarthyste, ce sont les seconds qui seront de la fête. Une petite bourgade paisible de Californie et son bon docteur. De curieux patients qui ne sont plus eux-mêmes, dépourvus de toute émotion. Et des cosses de haricots géants accouchant de formes humaines qui s’emparent de votre âme pendant votre sommeil… Immixtion insidieuse, résignation : une parfaite parabole du totalitarisme. À l’époque, le communisme. Aujourd’hui ? Allez-y voir par vous-même.
Samedi 21 Novembre
à 19h00
Infos pratiques
Guy Lux. 1976. France. 90 min. Couleurs. 35 mm. Avec Sim, Alice Sapritch, Patrick Topaloff, Annie Cordy, Michel Leeb Extrême Cinéma
Au bout de dix minutes c’est le tournis. Au bout de quinze Drôles de zèbres donne carrément le vertige. En pratiquant la politique de l’accumulation de gags, Guy Lux, plus connu comme animateur télé que comme metteur en scène, ne pensait certainement pas qu’il était en train de créer une nouvelle forme comique basée sur la confusion et l’ineptie poussées à leur paroxysme. À tel point que Drôle de zèbres emporte le morceau en enchaînant des moments de pure démence. Et pour peu que l’on soit réceptif à un humour voisin de Philippe Clair et à la folie des frères Marx mais sans le talent, Drôles de zèbres prend alors des allures d’expérience ultime. Va en paix mon fils et contemple le chaos. Au milieu de ce champ de ruine hanté par Patrick Préjean, Michel Leeb, Katia Tchenko, Jacques Legras, Léon Zitrone, Claude François, Annie Cordy et les autres, Sim se taille la part du lion, multiplie les travestissements et crève littéralement l’écran allant jusqu’à interpréter un Tarzan rendu maboul après s’être fait injecter un sérum dopant par le chimpanzé qui parle. Tout est dit.
Samedi 21 Novembre
à 19h15
Infos pratiques
La nuit portnawak, c’est wak ? On vous attend de pieds fermes à 22h tapantes (attention, pas de triche ! On arrive à 22h ou on n’arrive pas du tout !) pour une nuit de cinéma extrême. Avec des longs métrages, des bandes annonces, du café, des courts métrages… Les valeureux qui tiendront jusqu’au petit matin se referont une santé à coup de croissants.
Braindead
Peter Jackson
1992. Nouvelle Zélande. 100 min. Couleurs. 35 mm.
Version originale sous-titrée en français.
Avec Timothy Balme, Diana Penalver, Elisabeth Moody, Ian Watkin
Le gore poussé dans ses derniers retranchements. Un Peter Jackson déchaîné travaille au gore à gore, à gore et à travers. Le résultat : du gore profond éclaboussé de préoccupations œdipiennes. À gore et à cri on en redemande. Jackson s’exécute à gore déployé. Et ça continue engore et engore, c’est que le début d’agore, d’agore…
Film interdit en salle aux moins de 16 ans à sa sortie.
American ninja (Nine Deaths of the Ninja)
Emmett Alston
1985. États-Unis. 94 min. Couleurs. 35 mm. Version française.
Avec Shô Kosugi, Regina Richardson, Ken Watanabe, Brent Huff
Coffy, la sexy panthère noire de Harlem nous ayant fait faux bond, on change de registre et troquons l’incontournable de la blaxploitation pour un fleuron de la ninja-ploitation. Un inénarrable nanar à ne pas confondre avec l’American Ninja auquel l’impavide Michael Dudikoff a donné toutes ses lettres de noblesses. Ici, c’est l’increvable Shô Kosugi qui s’y colle et qui devra jouer du shuriken contre un méchant narco-terroriste homo, nazi et en fauteuil roulant, épaulé dans ses entreprises criminelles par une bande de tueuses lesbiennes, elles-mêmes flanquées de tueurs nains… Tout un programme et le tout en version française bien-sûr, comme il se doit. Un film incroyable, venu tout droit de la grande période du « grand-n’importe-quoi-filmique-pourvu-que-ça-rapporte-quatre-ronds ». C’était les 80’s, ces magnifiques années Reagan, et Golan via sa Canon, régnait en maître sur le cinéma international, du bis philippin à notre helvète JLG, en un grand écart facial que ne renierait pas JCVD. Ah, c’était le bon temps.
Ilsa, la tigresse du goulag (Ilsa, the Tigress of Siberia)
Jean Lafleur
1977. Canada. 95 min. Couleurs. 35 mm. Version française.
Avec Dyanne Thorne, Howard Maurer, Gilbert Beaumont, Michel Morin
D’abord louve SS puis gardienne de harem, Ilsa, super héroïne du mal, tortionnaire perverse, se retrouve très logiquement à la tête du goulag 14. Sadisme, torture et fétichisme, le dernier opus de cette improbable série tient toutes ses promesses et s’offre comme un film d’exploitation multiforme sous influence bondienne.
Film interdit en salle aux moins de 18 ans à sa sortie.
Enfoiré de Président
Julien Founet, Mathieu Sans
2009. France. 60 min. Couleurs. Vidéo.
France. 1981. Coluche remporte les élections présidentielles. Ses réformes sont radicales : abolition de l’armée, de l’argent, du travail. Face à la décadence du pays, un groupe de résistants conservateurs décide de tenter un putsch. À leur tête : Thierry Leluron, ancien mari de Coluche…
Kontrat
Grégory Morin
1998. France. 4 min. Couleurs. Vidéo.
Avec Dominique Bettenfeld, Ivan Merat-Barboff, Caroline Laffaiteur, Fabien Laffaiteur
Deux tueurs sont sur le point d’exécuter un contrat un peu particulier. L’un d’entre eux prend conscience de l’horreur qu’ils vont commettre et se met à douter…
Antinome
Grégory Morin
2001. France. 3 min. Couleurs. Vidéo.
Avec Patrick Guerineau, Raquel Jouanneau
Deux guerriers sont en compétition pour atteindre une cascade légendaire gardée par de mystérieuses créatures. L’affrontement s’annonce dantesque.
Belle ordure
Gégory Morin
2003. France. 6 min. Couleurs. Vidéo.
Avec Thierry Ferrière, Julia Vignali, Emmanuel Joucla, Jacky Jakubowicz
René ne prend pas soin de trier ses ordures avant de les jeter. Erreur ! Fatale erreur ! Une fable outrancièrement gore à l’humour corrosif qui n’est pas sans rappeler les débordements de Frank Henenlotter.
Dernier cri
Grégory Morin
2005. France. 6 min. Couleurs. Vidéo.
Avec Pierre Bellemare, Jo Prestia
Un voleur cambriole l’appartement de Max Pardy, une vedette de télé-achat. Le larcin tourne mal. Une terrible vengeance s’amorce alors… depuis un poste de télévision.
Paris by Night of the Living Dead
Grégory Morin
2008. France. 12 min. Couleurs. 35 mm.
Avec Karina Testa, David Saracino, Dominique Bettenfeld
De jeunes mariés vont devoir survivre dans un Paris post-apocalyptique infesté de zombies. L’amour triomphera-t-il de la mort ?
Gaga
Grégory Morin
2009. France. 2 min. Couleurs. Vidéo
Avec Didier Benureau, Yves Afonso
Long métrage en devenir, Gaga décrit les effets néfastes de la canicule sur les pensionnaires d’une maison de retraite. Ils ont chaud ! Ils ont soif ! Pour boire… ils n’ont plus que nous !
… mais aussi plein de bandes-annonces chouettes et chouquettes et plein de café…
… de 22h à 6h…
Samedi 21 Novembre
à 22h00
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