Une certaine idée du cinéma

À l’exception des retirages et des restaurations, une part importante des 35 000 films conservés par La Cinémathèque de Toulouse sont des copies d’époque, et le plus souvent des copies d’exploitation. Ce sont des objets anciens, un peu fragiles, parfois des pièces de musée tant leur rareté mérite qu’on les soigne avec attention.










Toutes sortes de dépôts

Après avoir été exploitées, à tous les sens du terme, par des forains, des tourneurs, des salles, après avoir été projetées des dizaines voire des centaines de fois, les copies déposées dans nos murs sont souvent, mais pas toujours, rayées, usées, fatiguées, huilées, collées et pour tout dire assez mal en point.

En d’autres termes, avant que la Cinémathèque ne prenne en charge ce matériel, il a déjà beaucoup tourné, et pas toujours en des mains délicates.
Dans d’autres cas, par le miracle d’un collectionneur qui en a pris soin comme s’il s’agissait d’une toile retrouvée de Vermeer, ou grâce à la générosité d’un cinéaste qui nous dépose son exemplaire personnel, les bobines sont presque neuves. C’est donc un matériel très hétérogène qui arrive dans les murs du Centre de conservation et de recherche de la Cinémathèque, familièrement appelé « Balma ».


Une succession d’opérations

Au-delà de la seule conservation des films dans des magasins climatisés à température et à hygrométrie constantes, ce qui permet de retarder la dégradation inexorable de certains supports, le Centre de conservation, ouvert en 2004, est un grand atelier d’identification et de réparation de la pellicule. C’est en quelque sorte la face cachée de la vie de la Cinémathèque.










Dès l’arrivée des documents, on identifie le film, ce qui n’est pas toujours évident. On diagnostique les imperfections ou défauts de chaque copie : perforations abîmées, rayures sur le support ou l’émulsion, collures défectueuses, apparition de champignons, huilage abondant, virage des couleurs. Les scotchs sont remplacés par des collages neutres, les perforations restaurées et, si le besoin s’en fait sentir, les films, dûment numérotés et catalogués, sont essuyés et relavés avant d’être stockés dans des boîtes neutres.

Cette succession d’opérations explique qu’il faille parfois plusieurs jours pour traiter complètement une copie et qu’une mise à disposition immédiate des films soit impossible.


Un espace de recherche

Le Centre est également le lieu où s’élabore le catalogue de la Cinémathèque.
À l’exception des livres et des périodiques qui sont conservés rue du Taur, l’ensemble des documents sont en effet traités sur place, ce qui n’est pas un mince chantier si l’on considère que plusieurs milliers d’affiches, plusieurs centaines de photographies et que 800 à 1000 films entrent chaque année dans les collections.

La visibilité du catalogue de l’iconographie (affiches et photographies sont progressivement traitées dans la base Ciné-ressources, et l’accessibilité de celui du film (ce dernier n’est pour l’heure consultable qu’en interne) confèrent à Balma son autre raison d’être : la recherche. Film et non-film sont en effet consultables sur rendez-vous, et il n’est pas rare que des cinéastes y visionnent des images inédites en DVD, en vue de tel ou tel documentaire.


Une histoire qui se raconte

C’est enfin et surtout à partir des collections du Centre de conservation et de recherche que s’élaborent les expositions de la Cinémathèque, ainsi qu’une partie de nos programmations. Cette forte corrélation entre face visible et face cachée de nos activités est vitale.

En effet, les collections des cinémathèques – et celle de Toulouse n’y déroge pas – écrivent une certaine histoire du cinéma, tributaire de la personnalité de son fondateur et de ses principaux animateurs. C’est ainsi que les collections de la Cinémathèque de Toulouse – si elles se recoupent en plusieurs points – sont bien distinctes de celles de la Cinémathèque française. Elles ne racontent pas la même histoire. La programmation et la restauration sont le reflet de ces histoires qui fondent encore aujourd’hui l’identité de chaque institution. Le cinéma russe et soviétique, le burlesque américain, le cinéma français des années 1930 aux années 1950, le film noir, la tradition surréaliste, l’érotisme, le mélodrame, les relations entre cinéma et histoire, entre cinéma et politique, sont pour nous autant de points d’ancrage qui guident l’enrichissement des collections afin de perpétuer le goût du public pour le cinéma, ce que l’on appelle si joliment la cinéphilie.

Christophe Gauthier · Mai 2009.


Visuels : Emmanuel Grimault, 2009, DR. La Guerre des Demoiselles de Jacques Nichet.

Les services proposés
au public

Les prestations réalisées par nos services :
- recherche documentaire en bibliothèque : sur demande, prestation payante en cas de recherche à distance.
- reproduction de documents (photographies, affiches), dans le respect de la législation sur le droit d’auteur. Prestation payante.
- réalisation de photogrammes d’après des copies conservées par la Cinémathèque dans le respect de la législation sur le droit d’auteur. La reproduction fait l’objet d’une convention. Prestation payante.
- consultation de films : sur rendez-vous.
- transferts de films : dans le respect de la législation sur le droit d’auteur, c’est-à-dire avec l’autorisation préalable des ayant-droits. Convention avec le demandeur et avec l’ayant-droit. Prestation payante.


Mise à disposition d’expositions : sur demande (au minimum 4 mois à l’avance). Convention avec le demandeur, tarification.


Mise à disposition de films : dans le cadre de la FIAF, ou dans le cadre d’une convention avec certains festivals. Les copies uniques conservées à la Cinémathèque de Toulouse sont exclues de cette mise à disposition pour raisons de conservation. La sortie de copie s’effectue dans le respect de la législation sur le droit d’auteur, c’est-à-dire avec l’autorisation préalable des ayant-droits. Les demandes doivent être adressées au minimum deux mois avant la projection. La sortie de copie fait l’objet d’une convention. La vérification des films est payante. Les frais d’assurance et de transport sont à la la charge du demandeur.


Toutes les demandes (consultation, reproduction, mise à disposition) doivent être adressées par écrit, de préférence par :
Mail : conservation@lacinematheque
detoulouse.com

Fax : 05 62 71 92 90

Les demandes par téléphone ne peuvent être prises en compte.