Colloque
 
Présentation
 

Matrix, une
nouvelle donne ?

 
Pourquoi
ce colloque ?
 
L'hybridation
des images
 
Intervenants
Espen Aarseth
David Jay Bolter
Peter Chung
Rafik Djoumi
Gonzalo Frasca
Jean-Michel Frodon
Xavier Kawa Topor
Gilles Methel
Angela N’Dalianis
Margaret Robertson
Thomas Sotinel
 
Programme
 
Inscription
Hybridation des images : émergence d’un nouveau cinéma ?

Intervenants du colloque

Angela N'Dalianis
Professeur. Directrice des études cinématographiques à l’Ecole d’Histoire de l’art, Cinéma, Classique et Archéologie de Melbourne (Australie). A publié récemment un livre intitulé « Architectures of the senses : Neo-Baroque Entertainment Spectacles » au MIT Press [on peut traduire cela par : « L’architecture des sens : les spectacles de divertissement néo-baroque. »
Voir aussi son curiculum vitae (en anglais).

Le Baroque « Reloaded » [« rechargé »]:
effets spéciaux et séductions technologiques
La multiplication des formes de spectacles médiatiques grâce aux progrès scientifiques et technologiques accomplis ces dernières décennies reflète la transformation de nos conceptions de la réalité. Plutôt que de se référer à des réalités déjà existantes, le monde du spectacle s’est évertué à donner forme à des réalités alternatives de manière convaincante. En suivant en parallèle les avancées technologiques, et parfois même en étant à leur origine, des films comme les trilogies Matrix et Le seigneur des Anneaux, ainsi que des jeux vidéo tels que Creatures ou Black and White, ont joué un rôle important auprès du public pour l’informer de la manière dont notre société contemporaine lutte corps à corps avec ces réalités changeantes et s’en accommode. Le but de cette intervention est d’analyser certaines de ces transformations, en se concentrant particulièrement sur la façon dont les effets spéciaux génèrent chez les spectateurs un sentiment de transcendance et d’émerveillement. Je m’attacherai tout particulièrement à montrer que bien que ces préoccupations technologiques soient nouvelles, elles sont à rattacher à une logique passée qui est elle traditionnellement associée au Baroque. La logique néo-baroque du spectacle contemporain réside en partie dans la façon dont un émerveillement « magique » est généré paradoxalement par la présence d’effets spéciaux numériques. Selon les mots de Deleuze, « l’essence du baroque n’est pas de tomber dans ni de sortir de l’illusion mais plutôt de réaliser quelque chose dans l’illusion même, ou de la lier à une présence spirituelle ». Cette intervention aura pour but d’examiner la nature de la « présence spirituelle » provoquée par les effets spéciaux numériques.

"The Baroque Reloaded:
Special Effects and Technological Seductions"
In the last few decades, the growth of multiple media entertainment forms reflects the transformation of our conceptions of reality through advances in science and technology. Rather than providing visibility to pre-existing realities, entertainment technologies have developed a skill for creating alternative realities in convincingly visible ways. By paralleling advances in, and often initiating, new optical (and audio) technologies, films like the Matrix and Lord of the Rings trilogies, and computer games like Creatures and Black and White have a great deal to inform the audience about the way contemporary culture is grappling with and acclimatizing to these changing realities. This paper will analyze some of these transformations, focusing especially on the ways in which special effects generate feelings of transcendence and wonder. In particular, it will be argued that, while our technological wonders are radically new, they also invoke a logic from the past that is trad!
itionally associated with the baroque. Specifically, the neo-baroque logic of contemporary entertainment partly resides in the way a magical wonder is generated by the seemingly antithetical presence of the scientifically and technologically created effects illusions. In the words of Deleuze, "the essence of the Baroque entails neither falling into nor emerging from illusion but rather realizing something in illusion itself, or of tying it to a spiritual presence". This paper will examine the nature of the "spiritual presence" that entertainment spectacles and technologically-reliant illusions elicit.

© La Cinémathèque de Toulouse 2003