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Hybridation des images : émergence dun nouveau cinéma ?
Intervenants du colloque
Gilles Methel
Maître de Conférences à lESAV enseignant en infographie Chercheur au LARA
Matrix au pays des merveilles
Dans la saga Matrix, plusieurs références explicites sont faites à luvre de Lewis Carroll (« Alice au Pays des Merveilles » et « De lautre côté du miroir ») ; ces références sont loin dêtre un simple vernis culturel décoratif.
Le texte fondamental de Lewis Carroll travaillait sur lessence même du langage. Depuis la numérisation de limage fixe ou animée, cest à dire depuis moins dune décennie, limage est elle-même devenue du langage (le langage binaire du numérique) et elle peut donc se prêter à toutes les formes de manipulations que le langage, quil soit alphabétique ou numérique, pouvait seul autoriser jusqualors. Matrix, avec ses effets spéciaux particulièrement remarquables, travaille, peut-être, sur lessence même de limage; ce film participe tout à fait de ce que pourrait devenir limage filmique et ses succédanés (le jeu vidéo, les sites internet, etc
) à travers les nouvelles donnes du numérique.
Il importe particulièrement de démonter les procédés utilisés par Matrix comme des effets de création artistiques (tout à fait légitimes) et non comme des formes de révélations mytico-transcendantes (comme il semblerait que cette saga soit perçue par le public jeune auquel elle sadresse).
Par un jeu (un système ?) de références culturelles, Lewis Carroll bien entendu, mais également Apollinaire, Jarry, Proust et bien dautres, il sagirait de montrer que le contenu « philosophique » de Matrix nest au fond que le dernier avatar de préoccupations ancestrales explorées depuis longtemps par la création artistique et, simplement, revisitées ici à travers le nouveau médium des effets numériques.
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