Colloque
 
Présentation
 

Matrix, une
nouvelle donne ?

 
Pourquoi
ce colloque ?
 
L'hybridation
des images
 
Intervenants
Espen Aarseth
David Jay Bolter
Peter Chung
Rafik Djoumi
Gonzalo Frasca
Jean-Michel Frodon
Xavier Kawa Topor
Gilles Methel
Angela N’Dalianis
Margaret Robertson
Thomas Sotinel
 
Programme
 
Inscription
Hybridation des images : émergence d’un nouveau cinéma ?

Intervenants du colloque

Gilles Methel
Maître de Conférences à l’ESAV – enseignant en infographie – Chercheur au LARA

Matrix au pays des merveilles
Dans la saga Matrix, plusieurs références explicites sont faites à l’œuvre de Lewis Carroll (« Alice au Pays des Merveilles » et « De l’autre côté du miroir ») ; ces références sont loin d’être un simple vernis culturel décoratif.
Le texte fondamental de Lewis Carroll travaillait sur l’essence même du langage. Depuis la numérisation de l’image fixe ou animée, c’est à dire depuis moins d’une décennie, l’image est elle-même devenue du langage (le langage binaire du numérique) et elle peut donc se prêter à toutes les formes de manipulations que le langage, qu’il soit alphabétique ou numérique, pouvait seul autoriser jusqu’alors. Matrix, avec ses effets spéciaux particulièrement remarquables, travaille, peut-être, sur l’essence même de l’image; ce film participe tout à fait de ce que pourrait devenir l’image filmique et ses succédanés (le jeu vidéo, les sites internet, etc…) à travers les nouvelles donnes du numérique.
Il importe particulièrement de démonter les procédés utilisés par Matrix comme des effets de création artistiques (tout à fait légitimes) et non comme des formes de révélations mytico-transcendantes (comme il semblerait que cette saga soit perçue par le public jeune auquel elle s’adresse).
Par un jeu (un système ?) de références culturelles, Lewis Carroll bien entendu, mais également Apollinaire, Jarry, Proust et bien d’autres, il s’agirait de montrer que le contenu « philosophique » de Matrix n’est au fond que le dernier avatar de préoccupations ancestrales explorées depuis longtemps par la création artistique et, simplement, revisitées ici à travers le nouveau médium des effets numériques.

© La Cinémathèque de Toulouse 2003