Colloque
 
Présentation
 

Matrix, une
nouvelle donne ?

 
Pourquoi
ce colloque ?
 
L'hybridation
des images
 
Intervenants
Espen Aarseth
David Jay Bolter
Peter Chung
Rafik Djoumi
Gonzalo Frasca
Jean-Michel Frodon
Xavier Kawa Topor
Gilles Methel
Angela N’Dalianis
Margaret Robertson
Thomas Sotinel
 
Programme
 
Inscription
Hybridation des images : émergence d’un nouveau cinéma ?

Intervenants du colloque

Rafik Djoumi
Militant depuis plus de treize ans pour une certaine approche critique du cinéma populaire, Rafik Djoumi a été rédacteur aux mensuels Le Cinéphage , Cinemag , Videotheque , DVDvision , Impact et Mad Movies où il fut rédacteur en chef d'un hors-série consacré au réalisateur Peter Jackson . Il a participé aux traductions de la revue Cinefex et au livre Tim Burton par Tim Burton , et développé des projets pour les sociétés Gaumont Mille Médias et les Editions Atlas. Il a également collaboré à diverses revues, magazines, sites et quotidiens dont Plus , PC Fun , Libération , Lasermania , Soundtrack , DVDRama , Ciné Live et DVDLive . Il développe actuellement un documentaire sur le réalisateur Guillermo Del Toro. Il est rédacteur en chef du site Matrix Happening (collection Cadrage).
Voir aussi son curiculum vitae.

Fusions « moléculaires »
Processus créatif au carrefour des médias
Il y a quinze ans, le monde industriel promettait le multimédia, la fusion de tout médias en un unique appareil émetteur-récepteur. Ce faisant, les entrepreneurs faisaient mine d’ignorer que la nature même des marchés pousserait à la multiplication des plates-formes et des supports plutôt qu’à leur intégration. Malgré de spectaculaires fusions boursières (AOL-Time Warner, Sony-Columbia) les groupes de communication continuent d’entretenir la segmentation de leurs secteurs d’activité.
C’est du côté des artistes et de leur public que le changement de mentalité s’est véritablement opéré, obligeant les industries du spectacle à tenir compte de l’infinité de ponts qui les relient. Au-delà des mariages les plus voyants (adaptations de jeux vidéo en films et inversement), c’est toute une nouvelle conception de l’image et du récit qui se modélise, une iconographie qui ne s’inscrit plus dans un domaine spécifique mais à l’intersection de ce que ces domaines ont contribué à défricher.
Si l’on observe, par exemple, la façon dont a été conçue la séquence finale d’un film comme Blade 2, on réalise qu’elle ne superpose pas plusieurs exercices séparés (gestion du mouvement au cinéma, gestion du mouvement dans le comic-book, gestion du mouvement dans la japanim, gestion du mouvement dans le jeu vidéo) mais qu’elle est conçue à partir des réponses fragmentaires qu’ont donné les divers médias sur une question centrale (la gestion du mouvement) pour en extraire un tout cohérent, sur les plans à la fois esthétiques et narratifs.
Cette façon de penser d’abord au problème esthétique ou narratif plutôt qu’au média dont il provient caractérise ce que l’on appelle ici et là la « geek culture » ou la « culture de fanboys », une communauté qui se reconnaît au travers d’un genre (par exemple, la Science Fiction ou la Fantasy), et qui évolue naturellement à travers tous les supports médiatiques susceptibles de traiter ce genre (littérature, cinéma, jeux-vidéo, jeux de rôles, bandes dessinées, merchandising, magazines dédiés etc.). De ce genre de communauté nous proviennent aujourd’hui les artistes qui travaillent le plus naturellement au carrefour des médias :
Les frères Wachowski, scénaristes-réalisateurs (Ectokid, Matrix, Animatrix)
Guillermo Del Toro, réalisateur (Blade 2, Hellboy)
Peter Jackson, réalisateur (Lord of the Rings, King Kong)
Hironobu Sakaguchi, scénariste-concepteur (Final Fantasy)
Hideo Kojima, scénariste-concepteur (Metal Gear Solid, MGS2 Sons of Liberty)
Michael Giacchino, compositeur (Medal of Honor, Alias)
Craig McCracken, réalisateur (Powerpuff Girls)
Genndy Tartakovsky, réalisateur (Samuraï Jack, Star Wars : Clone Wars)
Clive Barker, scénariste-réalisateur-producteur (Ectokid, Hellraiser, the Undying)
Christophe Gans, scénariste-réalisateur-journaliste-éditeur (Crying Freeman, Le Pacte des Loups)
En quoi cette façon de procéder est-elle spécifique d’une philosophie de notre époque ?
Ce processus créatif conditionne-t-il l’industrie, ou est-ce l’inverse ?
Quelles constantes, quels buts, quels désirs chez ces créateurs et leur public ?
PS : le terme fusion « moléculaire » a été emprunté à Hideo Kojima, qui définit ainsi son travail.

© La Cinémathèque de Toulouse 2003