Shakespeare à Hollywood : Le Songe d’une nuit d’été de William Dieterle et Max Reinhardt

10 avril > 3 juin 2012 | Hall de la Cinémathèque

En septembre 1934, Max Reinhardt présente au Hollywood Bowl de Los Angeles, devant 25 000 spectateurs, Le Songe d’une nuit d’été de William Shakespeare. Il est alors un des metteurs en scène les plus célèbres du monde, l’un des fers de lance de la rénovation théâtrale en Europe au début du XXe siècle, et son influence est considérable chez des cinéastes aussi divers que Murnau, Lubitsch, Preminger ou Dieterle, ces deux derniers ayant même fait partie de sa troupe.
William Dieterle convainc Jack Warner de financer une adaptation cinématographique de cette pièce mythique. Cette production, singulièrement fastueuse pour une société spécialisée jusqu’alors dans les films de gangsters, rassemble Dick Powell, James Cagney (le comédien Bottom transformé en âne), Olivia De Havilland, Anita Louise (la reine des fées) et deux très jeunes comédiens, Mickey Rooney et Kenneth Anger. Dirigé de fait par Dieterle à qui l’on confiera par la suite les grandes fresques de la seconde moitié de la décennie (dont le Quasimodo de 1939), le film est réalisé de décembre 1934 à mars 1935 dans un décor incroyable (supervisé par le production designer Anton Grot), qui s’inspire autant des créations de Max Reinhardt, que de la peinture occidentale (et principalement allemande) du XIXe siècle.
La quarantaine de photographies originales conservées par la Cinémathèque témoigne de la fébrilité d’un tournage qui donna lieu à l’un des films les plus extravagants produits à l’âge classique d’Hollywood. Elles restituent en outre la beauté des costumes, des éclairages et des décors, en un mot la prodigieuse capacité de synthèse d’un cinéma de studio qui s’approprie ce que le théâtre européen avait su faire de mieux.

Christophe Gauthier

Une exposition conçue à partir des collections de la Cinémathèque de Toulouse.

Entrée libre.

De La Grande Illusion à Jean Renoir

5 mars > 10 avril | Hall de la Cinémathèque

Lorsqu’au début de l’année 1937 Jean Renoir commence le tournage de La Grande Illusion, il a quarante-deux ans et dix-huit films à son actif. Ce sera son premier « film-somme ». D’autres suivront (La Règle du jeu, Le Carrosse d’or, French Cancan…), mais celui-ci fait la synthèse de bien des expériences de Renoir où s’entrelacent l’autobiographie, la culture d’un homme né au XIXe siècle, le sens de l’Histoire (la grande) et des histoires (celles qui font les films).

L’on y décèlera donc tour à tour le souvenir de la Première Guerre mondiale, vécue dans la cavalerie (arme de Pierre Fresnay / Boeldieu dans le film) puis l’aviation (celle de Jean Gabin / Maréchal qui – dit-on – endossa l’uniforme de Renoir lui-même), expérience dont l’écho plus assourdi se fera entendre à nouveau dans Le Caporal épinglé, vingt cinq ans plus tard ; sa passion pour le théâtre, un théâtre populaire et non compassé, aux confins du music-hall et du caf’-conc’ de son enfance (le spectacle représenté dans l’Oflag), objet de son ultime film, Le Petit Théâtre de Jean Renoir ; sa perception caractéristique d’un microcosme qui est une société française en réduction (le groupe de prisonniers de la première partie du film). Il n’est pas jusqu’aux grandes étendues de neige de la dernière partie du film, pendant l’évasion de Maréchal et Rosenthal, qui n’évoquent l’une des grandes tentatives picturales de la fin du XIXe siècle, la restitution de la couleur blanche, inscrite dans l’aventure impressionniste, dont Renoir fils revendiqua maintes fois l’héritage (dès La Fille de l’eau en 1924 jusqu’au Déjeuner sur l’herbe en 1959), lui dont le père fut l’un des plus célèbres peintres français.
C’est donc à un portrait en creux de Jean Renoir qu’invite La Grande Illusion, portrait rendu possible grâce aux collections de la Cinémathèque de Toulouse que sont venues dernièrement compléter les très riches archives renoiriennes de Guy Cavagnac. Sans cet ensemble exceptionnel, et sans la générosité de Guy Cavagnac, nous n’aurions pu imaginer une telle exposition ; qu’il en soit ici remercié.

Christophe Gauthier

Mise à disposition d’expositions

Sur demande (au minimum 4 mois à l’avance). Convention avec le demandeur, tarification.


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