Un art populaire oublié : la couleur à l’honneur

 

8 novembre | 31 décembre

Dans une séquence restée célèbre des Quatre Cents Coups, le jeune Antoine Doinel, animé par une cinéphilie kleptomane revendiquée par François Truffaut lui-même, fauchait un lot de photos placées en vitrine d’un cinéma. On sait peu que ces photographies dites de promotion ou d’exploitation, dont la Cinémathèque conserve plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires, sont parfois de véritables œuvres d’art populaire, rendues tout à fait uniques par l’adjonction de couleurs.
Dans la plupart des cas, un coloriste intervient directement sur un ensemble de clichés en noir et blanc, ensuite imprimés par photogravure, comme on le voit dans les essais réalisés pour le roman-photo adapté de Fabiola, la Cinémathèque ayant la chance de conserver à la fois les maquettes originales et le résultat définitif publié en dernière page de Cinémonde.
Ce procédé, utilisé dès les années 30 pour les couvertures de prestige de revues grand public comme pour certaines affiches (celle de La Belle et la Bête par exemple), se mécanise après la guerre grâce à un système de colorisation au pochoir, qui permet l’édition en série de romans-photos (la série des Roman Film Color insiste bien sur cette dimension particulièrement attractive).
À ces procédés de reproduction mécanique de la couleur s’ajoutent dans certains cas des rehauts à la gouache portés directement à la main sur les tirages (Le Juif polonais). Dans les quelques clichés que nous avons retenus (ceux du Diable au corps ou de La Grande Maguet), les plus habiles de ces artistes, demeurés anonymes, hissent alors le simple support publicitaire au rang de créations picturales, qui, non sans mélancolie, évoquent la mémoire encore vivace de l’impressionnisme.

Christophe Gauthier

Cette exposition est organisée par le département des collections de la Cinémathèque de Toulouse.

Des Européens en exil

On connaît l’histoire fameuse (et quelque peu enjolivée par l’intéressé) de Fritz Lang quittant précipitamment l’Allemagne au lendemain d’une rencontre avec Goebbels lui proposant de prendre en main les destinées cinématographiques du nouveau régime. Comme Robert Siodmak, Lang fit étape en France avant de rejoindre les États-Unis en 1934. D’autres (Michael Curtiz, Billy Wilder, William Dieterle) avaient été invités à rejoindre Hollywood avant l’accession au pouvoir du parti nazi. Tous partagent (avec Ernst Lubitsch, installé depuis 1922, et Douglas Sirk qui n’arrivera aux États-Unis qu’à la fin des années 30) une formation artistique et théâtrale à Vienne ou à Berlin (souvent avec Max Reinhardt, le grand rénovateur de la mise en scène théâtrale).
À l’occasion de la rétrospective consacrée aux films américains de Fritz Lang, et avant la grande exposition Métropolis qui se tiendra à l’espace EDF-Bazacle au printemps prochain, nous vous proposons un bref arrêt sur ces cinéastes de l’exil. Ils furent en effet nombreux à renouveler certains grands genres hollywoodiens (film noir, film d’aventure, film de guerre, et même western) sans renier pour autant la tradition esthétique dont ils étaient issus, et en particulier l’expressionnisme. Ce qui les retient à l’Europe est également sensible dans les films qui se déroulent sur le vieux continent, qu’il s’agisse de lutter contre le nazisme (To be or not to be de Lubitsch ; Les Bourreaux meurent aussi de Lang, Hitler’s Madman de Sirk), ou de revenir à une Allemagne dévastée par la guerre (Le Temps d’aimer et le temps de mourir de Sirk encore, qui y évoque en creux la perte de son fils sur le front russe ; La Scandaleuse de Berlin de Wilder). Que Marlène Dietrich, autre exilée, incarne dans ce dernier film une figure archétypale de Berlinoise ne relève pas du hasard. Cette histoire, dont le cinéma retranscrit les soubresauts, est aussi la sienne.

Christophe Gauthier

6 septembre | 6 novembre 2011

Mise à disposition d’expositions

Sur demande (au minimum 4 mois à l’avance). Convention avec le demandeur, tarification.


Toutes les demandes (consultation, reproduction, mise à disposition) doivent être adressées par écrit, de préférence par :
Mail : conservation@lacinematheque
detoulouse.com

Fax : 05 62 71 92 90

Les demandes par téléphone ne peuvent être prises en compte.