Prochainement sur votre écran : la fin du monde

3 janvier > 4 mars 2012

Depuis la grande peur du cataclysme nucléaire dans les années 50, le film d’apocalypse a été érigé en genre à part entière, que l’affiche doit rendre immédiatement reconnaissable. Si le champignon atomique est un signe iconographique qui se suffit à lui-même, couramment utilisé et dont nous ne présentons ici qu’un exemple (Le Jour d’après de Nicholas Meyer), le paysage vitrifié de Malevil n’en est pas moins parlant ; le récit s’y noue dans les conséquences imprévisibles de la catastrophe et non au moment de l’explosion qui n’est que le point d’amorce du film.

Mais dans l’art plus récent de l’affiche, le 11 septembre 2001 a largement contribué à faire évoluer tant le genre que sa représentation publicitaire. Aux représentations spectaculaires et très descriptives des années 70 (La Fin du monde, Les Survivants de la fin du monde) se sont en effet substituées des aurores sépulcrales où le globe terrestre (figure métonymique des États-Unis) est menacé, de vastes champs de ruines où ce que l’on reconnaît de l’Amérique disparaît sous une épaisse poussière (Je suis une légende) qui n’est pas sans évoquer celle des Twin Towers après leur effondrement.
Ces affiches des années 2000 peuvent donc être regardées comme un ensemble homogène, marqué par l’absence de silhouettes humaines (sauf lorsque le distributeur juge nécessaire d’y apposer une représentation de la vedette principale ; Bruce Willis dans Armageddon par exemple), où l’emporte la pénombre, et dont la présence d’objets du quotidien (la Statue de la Liberté, le pont de Brooklyn, et surtout les véhicules abandonnés de Phénomènes) vise à ce que le spectateur soit dominé non par la peur, mais par un sentiment d’inquiétante étrangeté qui suscite le désir d’aller y voir de plus près.

Christophe Gauthier

Une exposition conçue par le département des collections de la Cinémathèque de Toulouse

Un art populaire oublié : la couleur à l’honneur

 

8 novembre | 31 décembre

Dans une séquence restée célèbre des Quatre Cents Coups, le jeune Antoine Doinel, animé par une cinéphilie kleptomane revendiquée par François Truffaut lui-même, fauchait un lot de photos placées en vitrine d’un cinéma. On sait peu que ces photographies dites de promotion ou d’exploitation, dont la Cinémathèque conserve plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires, sont parfois de véritables œuvres d’art populaire, rendues tout à fait uniques par l’adjonction de couleurs.
Dans la plupart des cas, un coloriste intervient directement sur un ensemble de clichés en noir et blanc, ensuite imprimés par photogravure, comme on le voit dans les essais réalisés pour le roman-photo adapté de Fabiola, la Cinémathèque ayant la chance de conserver à la fois les maquettes originales et le résultat définitif publié en dernière page de Cinémonde.
Ce procédé, utilisé dès les années 30 pour les couvertures de prestige de revues grand public comme pour certaines affiches (celle de La Belle et la Bête par exemple), se mécanise après la guerre grâce à un système de colorisation au pochoir, qui permet l’édition en série de romans-photos (la série des Roman Film Color insiste bien sur cette dimension particulièrement attractive).
À ces procédés de reproduction mécanique de la couleur s’ajoutent dans certains cas des rehauts à la gouache portés directement à la main sur les tirages (Le Juif polonais). Dans les quelques clichés que nous avons retenus (ceux du Diable au corps ou de La Grande Maguet), les plus habiles de ces artistes, demeurés anonymes, hissent alors le simple support publicitaire au rang de créations picturales, qui, non sans mélancolie, évoquent la mémoire encore vivace de l’impressionnisme.

Christophe Gauthier

Cette exposition est organisée par le département des collections de la Cinémathèque de Toulouse.

Mise à disposition d’expositions

Sur demande (au minimum 4 mois à l’avance). Convention avec le demandeur, tarification.


Toutes les demandes (consultation, reproduction, mise à disposition) doivent être adressées par écrit, de préférence par :
Mail : conservation@lacinematheque
detoulouse.com

Fax : 05 62 71 92 90

Les demandes par téléphone ne peuvent être prises en compte.