Des Européens en exil

On connaît l’histoire fameuse (et quelque peu enjolivée par l’intéressé) de Fritz Lang quittant précipitamment l’Allemagne au lendemain d’une rencontre avec Goebbels lui proposant de prendre en main les destinées cinématographiques du nouveau régime. Comme Robert Siodmak, Lang fit étape en France avant de rejoindre les États-Unis en 1934. D’autres (Michael Curtiz, Billy Wilder, William Dieterle) avaient été invités à rejoindre Hollywood avant l’accession au pouvoir du parti nazi. Tous partagent (avec Ernst Lubitsch, installé depuis 1922, et Douglas Sirk qui n’arrivera aux États-Unis qu’à la fin des années 30) une formation artistique et théâtrale à Vienne ou à Berlin (souvent avec Max Reinhardt, le grand rénovateur de la mise en scène théâtrale).
À l’occasion de la rétrospective consacrée aux films américains de Fritz Lang, et avant la grande exposition Métropolis qui se tiendra à l’espace EDF-Bazacle au printemps prochain, nous vous proposons un bref arrêt sur ces cinéastes de l’exil. Ils furent en effet nombreux à renouveler certains grands genres hollywoodiens (film noir, film d’aventure, film de guerre, et même western) sans renier pour autant la tradition esthétique dont ils étaient issus, et en particulier l’expressionnisme. Ce qui les retient à l’Europe est également sensible dans les films qui se déroulent sur le vieux continent, qu’il s’agisse de lutter contre le nazisme (To be or not to be de Lubitsch ; Les Bourreaux meurent aussi de Lang, Hitler’s Madman de Sirk), ou de revenir à une Allemagne dévastée par la guerre (Le Temps d’aimer et le temps de mourir de Sirk encore, qui y évoque en creux la perte de son fils sur le front russe ; La Scandaleuse de Berlin de Wilder). Que Marlène Dietrich, autre exilée, incarne dans ce dernier film une figure archétypale de Berlinoise ne relève pas du hasard. Cette histoire, dont le cinéma retranscrit les soubresauts, est aussi la sienne.

Christophe Gauthier

6 septembre | 6 novembre 2011

Jacques Bonneaud, portrait d’un affichiste

Dans l’histoire de l’affiche de cinéma en France, Jacques Bonneaud (1898-1971) occupe une place d’honneur. Cet artiste, dont le travail s’est inscrit dans tous les genres cinématographiques, a réalisé plus de 2000 affiches pour le cinéma au cours de sa carrière, de 1922 à 1957. Son activité prolifique coïncide avec l’âge d’or de la lithographie, procédé d’impression consistant en plusieurs passages de couleurs fixées sur un support en pierre. Bonneaud débute justement dans le métier en tant qu’imprimeur lithographe : il se forme au sein des Ateliers Faria, l’un des premiers ateliers d’affiches cinématographiques. Lorsqu’il se lance dans la création de ses propres affiches, ses compétences techniques de lithographe se traduisent par une grande maîtrise de la couleur. Portraitiste d’exception et maître dans la composition de l’image, Bonneaud réalise fréquemment ses œuvres à partir du simple scénario et d’un jeu de photos en noir et blanc. C’est surtout dans les grands formats (le standard 160×120 cm et le 160×240 cm en deux panneaux) que cet artiste trouve le terrain le plus favorable pour ses riches compositions.

De sa production considérable, la Cinémathèque de Toulouse présente ici quelques belles pièces issues de ses collections : aventure, cape et épée, guerre, romance et surtout polar. Regard des vedettes, magie des couleurs, richesse des décors… un panorama sur l’univers de Jacques Bonneaud.

17 mai | 6 août

Mise à disposition d’expositions

Sur demande (au minimum 4 mois à l’avance). Convention avec le demandeur, tarification.


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Mail : conservation@lacinematheque
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