Rires muets

2 avril > 2 juin

Hall de la Cinémathèque

Dès ses origines, le cinéma choisit de faire du rire l’un de ses principaux ressorts. Et si l’expression du rire, sa manifestation sonore – éclat réprimé dans un moment de gêne ou cascade irrépressible et contagieuse – sont bien le fait de la salle, et donc des spectateurs, les films, même les plus drôles, sont restés muets jusqu’à la fin des années 1920. En consacrant l’exposition du hall de la rue du Taur à ces rires muets, la Cinémathèque de Toulouse rappelle que le rire au cinéma – thématique du 7e festival Zoom Arrière - a pour origine ce comique visuel, fondé sur la mécanique des corps, et qui irrigue les trois premières décennies du cinéma.

L’exposition est composée de deux ensembles, qui correspondent à deux moments de l’histoire du rire dans le cinéma muet. La première partie rassemble 12 affiches originales, toutes antérieures à 1914. Certaines sont françaises, d’autres anglo-saxonnes, d’autres encore trilingues (français-allemand-italien). Mais toutes adoptent une composition similaire. Le titre du film, qui figure souvent en haut de l’affiche, est la plupart du temps, et en dehors du logo de la société de production, la seule mention écrite. L’utilisation des couleurs, l’adoption d’un style parfois naïf, le trait presque caricatural de certains illustrateurs,
le choix de privilégier une scène particulièrement drôle, caractérisent ces affiches, qui pour certaines demeurent les seuls témoignages de films aujourd’hui disparus.

Le deuxième ensemble est constitué d’une quinzaine de clichés en noir et blanc, portraits pour l’essentiel, mais également photographies de tournage, représentant les grandes figures du comique burlesque : Charlie Chaplin, Buster Keaton, Max Linder, Laurel et Hardy, Harold Lloyd, les Marx Brothers. Après les premiers temps durant lesquels les acteurs s’effacèrent devant leur personnage – ce que montre la première section de l’exposition –, cette galerie de photos témoigne d’un changement majeur : l’acteur-auteur prend le pas sur le type humain qu’il a inventé. Ce long passage du statut d’objet vulgaire, donc anonyme, à celui d’acteur et/ou cinéaste reconnu est une des dimensions essentielles de l’histoire du rire au cinéma.

Une exposition conçue à partir des collections de la Cinémathèque de Toulouse

Studios Universal : les monstres attaquent !

12 février > 31 mars

Hall de la Cinémathèque

Il y a bien Dr. Jekyll du côté de la MGM, King Kong agrippé aux murs de la RKO, mais dans la famille des monstres, demandez Universal ! À poils, à écailles, aux dents longues, avec cicatrices, palmés ou même invisibles, ils sont tous là ! Pour frissonner, mais bien sûr pour rire aussi. Les plus célèbres sont apparus la première fois en 1931, couchés tous deux : Frankenstein sur sa table d’opération, Dracula dans son cercueil. Relevées, leurs silhouettes vont hanter pendant plus de quarante ans les salles de cinéma, sous le label du studio. Elles vont être aussi la source d’une richesse iconographique variée bien qu’homogène : car si le monstre s’affiche le plus souvent à l’affût, menaçant, coursant des proies féminines, son corps est gauche, ses bras ballants, sa démarche incertaine. Est-il, peut-on se demander alors, en manque d’affection ou à la recherche d’une collation ? Le monstre est un être équivoque : aussi agressif qu’impuissant à s’exprimer, il repousse autant qu’il souffre.
Au fil de ses différentes déclinaisons cinématographiques, Universal lui prêtera des fiancées, des fils et des cousins plus ou moins lointains : loup-garou, créature du lac noir, insectes géants… Une grande famille donc, dont la Cinémathèque de Toulouse vous invite, au travers d’affiches et de photographies originales, à feuilleter l’album. Vous y croiserez Boris Karloff, Bela Lugosi et Lon Chaney qui terrorisèrent les premiers spectateurs, mais aussi Christopher Lee et Peter Cushing qui, eux, finiront par apporter un second degré. Second degré qui sera par la suite immortalisé par les studios de la Hammer Films, qui en feront leur marque de fabrique. Les monstres jamais ne meurent.

Une exposition conçue à partir des collections de la Cinémathèque de Toulouse

du mardi au samedi | 14h – 22h30
le dimanche | 15h30 – 19h30

Mise à disposition d’expositions

Sur demande (au minimum 4 mois à l’avance). Convention avec le demandeur, tarification.


Toutes les demandes (consultation, reproduction, mise à disposition) doivent être adressées par écrit, de préférence par :
Mail : conservation@lacinematheque
detoulouse.com

Fax : 05 62 71 92 90

Les demandes par téléphone ne peuvent être prises en compte.