Belles de jour

6 novembre > 6 janvier

Hall de la Cinémathèque

Si par malheur tous les films venaient à disparaître, si les scénarios étaient détruits, si les sels d’argent de la photographie s’effaçaient au contact de l’air, s’il ne devait plus rien subsister de la presse cinématographique, et si l’on devait un jour écrire l’histoire du cinéma et de ses usages à partir des seules collections d’affiches sauvées du cataclysme, alors cette histoire en étonnerait plus d’un(e). L’exposition « Belles de jour » vous invite à cette expérience amusante de distorsion historique.
D’affiches en affiches donc, le cinéma qui d’après les anciens connut son heure de gloire au XXe siècle ne recula jamais devant aucun stéréotype. Les stars de l’écran, ces idoles de papier, y furent représentées tour à tour sous les traits de la prostituée avec ou sans cœur, de la « vamp » en robe longue, et si possible échancrée, ou de créatures exotiques présentant les caractéristiques mêlées des deux types précédents. À croire que le public des salles de cinéma ne fut guère constitué – entre 1930 et 1970 – que d’hommes hétérosexuels. Cette accumulation de stéréotypes traverse ce que les historiens qui avaient encore accès aux films et aux textes critiques appelaient la « Nouvelle Vague » (La Lola / Anouk Aimée de Jacques Demy, jusque dans sa rousseur, est bien la sœur de la Viviane Romance de Prisons de femmes ou de la Rita Hayworth de Gilda).
Au milieu des années 50, une inconnue vint bousculer ces jambes gainées de bas noirs, ces corps engoncés dans des robes fantasques. Brigitte Bardot signa l’acte de naissance d’une représentation nouvelle du corps féminin, habillée de sa seule chevelure, saisie en gros plan (et non plus en pied), engendrant de la sorte un nouveau stéréotype repris largement dans les années 70 (L’Étrangère, Ce corps tant désiré).
Au fond, ces « belles de jour » nous parlent autant de cinéma que des fantasmes de leurs créateurs (publicitaires et affichistes). Saluons-les pourtant avec le respect qui leur est dû : sans elles, il est probable que le cinéma n’aurait point suscité autant de littérature, grâce à elles il fut – pour le meilleur et pour le pire – une sorte de machine fantasmagorique.

Christophe Gauthier

Une exposition conçue à partir des collections de la Cinémathèque de Toulouse

Robert Aldrich, feuilles d’automne

4 septembre > 4 novembre

Hall de la Cinémathèque

En 1955, Raymond Borde, qui vient de publier avec Étienne Chaumeton Le Panorama du film noir, découvre cinq des premiers films de Robert Aldrich (dont Vera Cruz et En quatrième vitesse), présentés à quelques mois d’intervalle à Paris. C’est une révélation partagée par les Cahiers du cinéma, Positif et Les Temps modernes dont Borde est alors le critique cinématographique en titre.

À l’instar de la plupart des grands anciens d’Hollywood (Dwan, Mann, Wellman), Robert Aldrich ne fut pas l’homme d’un seul genre, même si sa contribution à l’avènement du thriller moderne (En quatrième vitesse_) reste dans toutes les mémoires. Sa polyvalence lui permit de faire des merveilles dans les différents registres du cinéma classique, et en particulier dans le western (_Bronco Apache, Vera Cruz_), le film de guerre (_Attack !, Les Douze Salopards_) et le thriller psychologique (_Qu’est-il arrivé à Baby Jane ?, Chut… chut, chère Charlotte). Cette variété est au cœur de la correspondance entre Raymond Borde et Robert Aldrich, dont nous exposons les originaux. Elle traverse la longue analyse livrée aux Temps modernes en mai 1956 – « Un cinéaste non-conformiste : Robert Aldrich » – dans laquelle Borde revient sur la dimension amorale de certains personnages.

C’est à cette exploration de la monstruosité que nous consacrons la seconde partie de l’exposition, qu’il s’agisse du producteur psychopathe du Grand Couteau (Rod Steiger), de Jane Hudson dans Baby Jane (Bette Davis), ou du meurtrier incestueux interprété par Kirk Douglas dans El Perdido. Les personnages d’Aldrich – et par conséquent ses acteurs (Jack Palance, Ernest Borgnine, Lee Marvin) portent souvent sur leurs visages les stigmates d’une violence subie ou provoquée, d’une démesure dont surgit le drame, à l’image des tragédies antiques.

Christophe Gauthier

Une exposition conçue à partir des collections de la Cinémathèque de Toulouse

Mise à disposition d’expositions

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