Portrait d’Alfred Hitchcock en auteur

5 juin > 4 août | Hall de la Cinémathèque

Comment se confronter au monstre cinématographique qu’est Alfred Hitchcock dans une exposition modeste par nécessité ? Comment témoigner de l’engouement considérable dont le réalisateur de Vertigo fut l’objet dans les années 50 et 60, au point – privilège rare – de voir son nom décliné sous forme adjectivée ? On était « hitchcockien » ou « hitchcocko-hawksien », manière d’indiquer que les formes cinématographiques déployées par l’un ou l’autre de ces cinéastes relevaient du grand art, qu’en un mot elles étaient d’un Auteur (avec un grand « A ») et non d’un faiseur.

Nous proposons donc un regard sur les affiches françaises des films réalisés par Alfred Hitchcock entre 1946 et 1966, des Enchaînés au Rideau déchiré, comme autant de témoignages de sa progressive élévation au rang d’auteur majeur de l’histoire du cinéma. Si en effet les affiches des années 40 réservent la place d’honneur aux vedettes (Cary Grant et Ingrid Bergman dans Les Enchaînés ; Gregory Peck, Louis Jourdan et Alida Valli dans Le Procès Paradine, etc.), dans un registre traditionnel pour l’époque, il n’en est plus de même dès la fin de la décennie. La mention du réalisateur devient alors plus explicite, la police de caractère plus importante, depuis La Corde (affiche de Boris Grinsson, 1948) à Fenêtre sur cour (affiche de Roger Soubie, 1954) où apparaît pour la première fois en médaillon le visage de l’auteur.

Dès lors, et à l’exception notable des deux rares affiches de Sueurs froides (Grinsson, 1958) et de La Mort aux trousses (Soubie, 1959), la silhouette ronde du grand « Hitch » – rendue familière par ses apparitions éphémères dans ses films comme par la fameuse série télévisée Alfred Hitchcock présente – en accompagne systématiquement la promotion (Les Oiseaux, Le Rideau déchiré, dans une superbe affiche peinte d’Azaïs). Psychose représente à cet égard un sommet, puisque c’est un Hitchcock statufié, au sens premier du terme, qui incite un public curieux à ne pas manquer de voir le film à partir du début (allusion aux séances permanentes de l’époque où il était possible d’entrer dans les salles à tout moment du film). Par la suite, notre Auteur ne descendra plus de ce piédestal.

Christophe Gauthier

Une exposition conçue à partir des collections de la Cinémathèque de Toulouse.

Entrée libre.

Shakespeare à Hollywood : Le Songe d’une nuit d’été de William Dieterle et Max Reinhardt

10 avril > 3 juin 2012 | Hall de la Cinémathèque

En septembre 1934, Max Reinhardt présente au Hollywood Bowl de Los Angeles, devant 25 000 spectateurs, Le Songe d’une nuit d’été de William Shakespeare. Il est alors un des metteurs en scène les plus célèbres du monde, l’un des fers de lance de la rénovation théâtrale en Europe au début du XXe siècle, et son influence est considérable chez des cinéastes aussi divers que Murnau, Lubitsch, Preminger ou Dieterle, ces deux derniers ayant même fait partie de sa troupe.
William Dieterle convainc Jack Warner de financer une adaptation cinématographique de cette pièce mythique. Cette production, singulièrement fastueuse pour une société spécialisée jusqu’alors dans les films de gangsters, rassemble Dick Powell, James Cagney (le comédien Bottom transformé en âne), Olivia De Havilland, Anita Louise (la reine des fées) et deux très jeunes comédiens, Mickey Rooney et Kenneth Anger. Dirigé de fait par Dieterle à qui l’on confiera par la suite les grandes fresques de la seconde moitié de la décennie (dont le Quasimodo de 1939), le film est réalisé de décembre 1934 à mars 1935 dans un décor incroyable (supervisé par le production designer Anton Grot), qui s’inspire autant des créations de Max Reinhardt, que de la peinture occidentale (et principalement allemande) du XIXe siècle.
La quarantaine de photographies originales conservées par la Cinémathèque témoigne de la fébrilité d’un tournage qui donna lieu à l’un des films les plus extravagants produits à l’âge classique d’Hollywood. Elles restituent en outre la beauté des costumes, des éclairages et des décors, en un mot la prodigieuse capacité de synthèse d’un cinéma de studio qui s’approprie ce que le théâtre européen avait su faire de mieux.

Christophe Gauthier

Une exposition conçue à partir des collections de la Cinémathèque de Toulouse.

Entrée libre.

Mise à disposition d’expositions

Sur demande (au minimum 4 mois à l’avance). Convention avec le demandeur, tarification.


Toutes les demandes (consultation, reproduction, mise à disposition) doivent être adressées par écrit, de préférence par :
Mail : conservation@lacinematheque
detoulouse.com

Fax : 05 62 71 92 90

Les demandes par téléphone ne peuvent être prises en compte.