Atmosphère, atmosphère…

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Le cinéma dans les salles françaises des années 1930 jusqu’à l’Occupation

Hall de la Cinémathèque

Curieux destin que celui des affiches de cinéma : conçues au départ pour accompagner la sortie d’un film, elles ont vocation à n’être qu’un simple support de promotion, éphémère par définition, et dont le temps est celui de l’exploitation du titre en question. Mais dès lors qu’elles sont conservées et constituent une véritable collection, les affiches peuvent raconter une histoire : celle de la société au sein de laquelle et pour laquelle elles ont été produites ; celle du cinéma, de son évolution, de ses genres et de ses icônes ; et celle, bien sûr, de l’affiche, de ses formes et de ses techniques.
En proposant de retrouver des films que l’on pouvait voir dans les salles françaises durant les années 1930 et pendant l’Occupation, cette exposition d’affiches est une invitation à se plonger dans « l’atmosphère » de cette période. Partagée entre l’espoir d’un futur où la guerre n’aura plus sa place et où la crise aura été surmontée, et l’inquiétude d’un nouveau conflit mondial en gestation, les spectateurs se passionnent pour des genres qui leur permettent d’oublier le quotidien, comme le film musical et le film policier. Le premier, lié à la généralisation du sonore et inspiré des modèles hollywoodiens, gagne l’industrie française et allemande. Le second donne souvent lieu à des affiches qui mettent en avant, couleurs éclatantes et usage de la diagonale à l’appui, l’action et qui privilégient la confrontation.
Avec l’avènement du parlant, le rôle des acteurs dans la promotion des films devient essentiel, et leur portrait occupe souvent une place centrale dans la composition de l’affiche. Le traitement de Fernandel, star populaire par excellence, est à ce titre emblématique. Mais l’omniprésence des portraits de stars n’empêche pas les affiches d’évoluer vers plus de créativité et d’originalité, comme en témoignent notamment les illustrations de Jean-Adrien Mercier.

« Atmosphère, Atmosphère » se décline selon deux formats : l’exposition complète, et originale, rassemble près de 80 pièces et sera accessible sur le site internet de la Cinémathèque de Toulouse à partir de janvier 2013. La seconde, présentée au 69 rue du Taur, est une sélection de 16 affiches issues de cet ensemble.

8 janvier > 10 février

Belles de jour

6 novembre > 6 janvier

Hall de la Cinémathèque

Si par malheur tous les films venaient à disparaître, si les scénarios étaient détruits, si les sels d’argent de la photographie s’effaçaient au contact de l’air, s’il ne devait plus rien subsister de la presse cinématographique, et si l’on devait un jour écrire l’histoire du cinéma et de ses usages à partir des seules collections d’affiches sauvées du cataclysme, alors cette histoire en étonnerait plus d’un(e). L’exposition « Belles de jour » vous invite à cette expérience amusante de distorsion historique.
D’affiches en affiches donc, le cinéma qui d’après les anciens connut son heure de gloire au XXe siècle ne recula jamais devant aucun stéréotype. Les stars de l’écran, ces idoles de papier, y furent représentées tour à tour sous les traits de la prostituée avec ou sans cœur, de la « vamp » en robe longue, et si possible échancrée, ou de créatures exotiques présentant les caractéristiques mêlées des deux types précédents. À croire que le public des salles de cinéma ne fut guère constitué – entre 1930 et 1970 – que d’hommes hétérosexuels. Cette accumulation de stéréotypes traverse ce que les historiens qui avaient encore accès aux films et aux textes critiques appelaient la « Nouvelle Vague » (La Lola / Anouk Aimée de Jacques Demy, jusque dans sa rousseur, est bien la sœur de la Viviane Romance de Prisons de femmes ou de la Rita Hayworth de Gilda).
Au milieu des années 50, une inconnue vint bousculer ces jambes gainées de bas noirs, ces corps engoncés dans des robes fantasques. Brigitte Bardot signa l’acte de naissance d’une représentation nouvelle du corps féminin, habillée de sa seule chevelure, saisie en gros plan (et non plus en pied), engendrant de la sorte un nouveau stéréotype repris largement dans les années 70 (L’Étrangère, Ce corps tant désiré).
Au fond, ces « belles de jour » nous parlent autant de cinéma que des fantasmes de leurs créateurs (publicitaires et affichistes). Saluons-les pourtant avec le respect qui leur est dû : sans elles, il est probable que le cinéma n’aurait point suscité autant de littérature, grâce à elles il fut – pour le meilleur et pour le pire – une sorte de machine fantasmagorique.

Christophe Gauthier

Une exposition conçue à partir des collections de la Cinémathèque de Toulouse

Mise à disposition d’expositions

Sur demande (au minimum 4 mois à l’avance). Convention avec le demandeur, tarification.


Toutes les demandes (consultation, reproduction, mise à disposition) doivent être adressées par écrit, de préférence par :
Mail : conservation@lacinematheque
detoulouse.com

Fax : 05 62 71 92 90

Les demandes par téléphone ne peuvent être prises en compte.