Robert Aldrich, feuilles d’automne

4 septembre > 4 novembre

Hall de la Cinémathèque

En 1955, Raymond Borde, qui vient de publier avec Étienne Chaumeton Le Panorama du film noir, découvre cinq des premiers films de Robert Aldrich (dont Vera Cruz et En quatrième vitesse), présentés à quelques mois d’intervalle à Paris. C’est une révélation partagée par les Cahiers du cinéma, Positif et Les Temps modernes dont Borde est alors le critique cinématographique en titre.

À l’instar de la plupart des grands anciens d’Hollywood (Dwan, Mann, Wellman), Robert Aldrich ne fut pas l’homme d’un seul genre, même si sa contribution à l’avènement du thriller moderne (En quatrième vitesse_) reste dans toutes les mémoires. Sa polyvalence lui permit de faire des merveilles dans les différents registres du cinéma classique, et en particulier dans le western (_Bronco Apache, Vera Cruz_), le film de guerre (_Attack !, Les Douze Salopards_) et le thriller psychologique (_Qu’est-il arrivé à Baby Jane ?, Chut… chut, chère Charlotte). Cette variété est au cœur de la correspondance entre Raymond Borde et Robert Aldrich, dont nous exposons les originaux. Elle traverse la longue analyse livrée aux Temps modernes en mai 1956 – « Un cinéaste non-conformiste : Robert Aldrich » – dans laquelle Borde revient sur la dimension amorale de certains personnages.

C’est à cette exploration de la monstruosité que nous consacrons la seconde partie de l’exposition, qu’il s’agisse du producteur psychopathe du Grand Couteau (Rod Steiger), de Jane Hudson dans Baby Jane (Bette Davis), ou du meurtrier incestueux interprété par Kirk Douglas dans El Perdido. Les personnages d’Aldrich – et par conséquent ses acteurs (Jack Palance, Ernest Borgnine, Lee Marvin) portent souvent sur leurs visages les stigmates d’une violence subie ou provoquée, d’une démesure dont surgit le drame, à l’image des tragédies antiques.

Christophe Gauthier

Une exposition conçue à partir des collections de la Cinémathèque de Toulouse

Portrait d’Alfred Hitchcock en auteur

5 juin > 4 août | Hall de la Cinémathèque

Comment se confronter au monstre cinématographique qu’est Alfred Hitchcock dans une exposition modeste par nécessité ? Comment témoigner de l’engouement considérable dont le réalisateur de Vertigo fut l’objet dans les années 50 et 60, au point – privilège rare – de voir son nom décliné sous forme adjectivée ? On était « hitchcockien » ou « hitchcocko-hawksien », manière d’indiquer que les formes cinématographiques déployées par l’un ou l’autre de ces cinéastes relevaient du grand art, qu’en un mot elles étaient d’un Auteur (avec un grand « A ») et non d’un faiseur.

Nous proposons donc un regard sur les affiches françaises des films réalisés par Alfred Hitchcock entre 1946 et 1966, des Enchaînés au Rideau déchiré, comme autant de témoignages de sa progressive élévation au rang d’auteur majeur de l’histoire du cinéma. Si en effet les affiches des années 40 réservent la place d’honneur aux vedettes (Cary Grant et Ingrid Bergman dans Les Enchaînés ; Gregory Peck, Louis Jourdan et Alida Valli dans Le Procès Paradine, etc.), dans un registre traditionnel pour l’époque, il n’en est plus de même dès la fin de la décennie. La mention du réalisateur devient alors plus explicite, la police de caractère plus importante, depuis La Corde (affiche de Boris Grinsson, 1948) à Fenêtre sur cour (affiche de Roger Soubie, 1954) où apparaît pour la première fois en médaillon le visage de l’auteur.

Dès lors, et à l’exception notable des deux rares affiches de Sueurs froides (Grinsson, 1958) et de La Mort aux trousses (Soubie, 1959), la silhouette ronde du grand « Hitch » – rendue familière par ses apparitions éphémères dans ses films comme par la fameuse série télévisée Alfred Hitchcock présente – en accompagne systématiquement la promotion (Les Oiseaux, Le Rideau déchiré, dans une superbe affiche peinte d’Azaïs). Psychose représente à cet égard un sommet, puisque c’est un Hitchcock statufié, au sens premier du terme, qui incite un public curieux à ne pas manquer de voir le film à partir du début (allusion aux séances permanentes de l’époque où il était possible d’entrer dans les salles à tout moment du film). Par la suite, notre Auteur ne descendra plus de ce piédestal.

Christophe Gauthier

Une exposition conçue à partir des collections de la Cinémathèque de Toulouse.

Entrée libre.

Mise à disposition d’expositions

Sur demande (au minimum 4 mois à l’avance). Convention avec le demandeur, tarification.


Toutes les demandes (consultation, reproduction, mise à disposition) doivent être adressées par écrit, de préférence par :
Mail : conservation@lacinematheque
detoulouse.com

Fax : 05 62 71 92 90

Les demandes par téléphone ne peuvent être prises en compte.