WOLINSKI, CABU, CHARB ET LES AUTRES…

Il ne sera pas question ici de revenir sur les événements de ce début d’année, ni sur les hommages spontanés qui leur ont répondu, ni encore sur les polémiques qui ont suivi. Il sera ici uniquement question de cinéma et d’illustrateurs.

Nombreux sont les dessinateurs qui ont collaboré de façon plus ou moins régulière à la revue Charlie Hebdo. Pour certains, ce ne fut que pour quelques années, comme Jacques Tardi (de 1991 à 1996) ; d’autres furent parmi les dessinateurs de la première heure (ou même d’avant l’heure, collaborant déjà à la revue Hara-Kiri) et sont aujourd’hui encore publiés dans les pages de la revue satirique.

Le cinéma a parfois eu recours à leur plume, et à celle des dessinateurs de presse en général, pour illustrer des affiches de film. Il va sans dire que le style est toujours celui singulier de la vignette satirique, humoristique et grinçante.
Le mariage de l’affiche avec l’univers de ces caricaturistes est tout à fait évident pour des films tels les documentaires de Pierre Carles sur la critique des médias ou les adaptations cinématographiques des bandes dessinées de Wolinski et Reiser réalisées par Claude Confortès. Mais le choix du dessin humoristique est plus osé quand il s’agit de la campagne publicitaire de comédies telle L’Entourloupe de Gérard Pirès ou d’œuvres cinématographiques d’auteur comme La Grande Bouffe de Marco Ferreri ou Les Espions de Henri-Geoges Clouzot.

Une sélection de ces affiches signées Charb, Cabu et Wolinski, mais également Siné, Tardi, Willem, Lefred-Thouron ou encore Gébé, sera proposée au public dans le hall de la Cinémathèque de Toulouse. Pour les revoir, pour les découvrir, pour ricaner avec eux. Pour affirmer haut et fort l’importance de la liberté d’expression.

> 7 avril – 31 mai 2015

Hall de la Cinémathèque
Du mardi au samedi 14h – 22h30
Dimanche 15h30 – 19h30

De la couleur au noir & blanc

En contrepoint à la thématique de cette édition de Zoom Arrière, consacrée à la couleur, la Cinémathèque de Toulouse propose de découvrir le graphisme en noir et blanc dans l’affiche de cinéma.

Jusqu’aux années 1950, alors que les films sont pour la plupart en noir et blanc, l’affiche ne se prive pas d’exploiter une large palette de couleurs. C’est l’époque, en France, de la lithographie et du dessin, réalisés souvent par de grands noms de l’illustration.

À partir des années 1960, l’offset et la photographie sont de plus en plus utilisés. Si la promotion des films continue essentiellement à se faire en couleur, le choix du noir et blanc, contraste maximal, permet parfois la réalisation d’affiches au fort impact visuel. Des compositions modernes et stylisées apparaissent ainsi dans le panorama de l’affiche de cinéma, y compris pour assurer la promotion de films en couleurs. Un détail en couleur surgit parfois de l’ensemble, conférant à l’affiche une forte puissance dramatique, telle la rose de Barry Lyndon.

Dans les affiches les plus récentes, le recours au noir et blanc se fait surtout dans le genre du thriller : le contraste entre noir et blanc est facilement employé ici dans son sens symbolique de l’opposition bien/mal.

Ce style plus épuré et minimaliste rapproche certaines affiches françaises des compositions très graphiques qui caractérisent l’affiche de cinéma dans d’autres pays, comme à Cuba : ici l’utilisation exclusive de la sérigraphie, et donc des aplats de couleurs, se prête tout naturellement à des compositions jouant sur la juxtaposition très contrastée du noir et blanc, où même le dégradé de gris est banni. Des affichistes comme René Azcuy ou Niko ont privilégié ce choix dichromatique, au sein d’une école graphique nationale connue pour ses couleurs éclatantes.

En Allemagne, le distributeur Neue Filmkunst Walter Kirchner a, dès les années 1950, poussé le développement d’un nouveau langage visuel dans ses affiches. Le recours à des illustrateurs et designers comme Hans Hillmann ou Isolde Baumgart, a permis de réinventer dans ce pays l’affiche de cinéma par des compositions très stylisées et souvent en noir et blanc.

Les affiches présentées sont issues des collections de la Cinémathèque de Toulouse.

3 mars – 5 avril 2015
Hall de la Cinémathèque