
Le film du jeudi

1979. URSS. 161 min. Couleurs. 35 mm.
Version originale sous-titrée en français.
Avec Alexandre Kaïdanovski, Anatoli Solonitsyne, Nicolaï Grinko,
Natacha Abramova
En bref, le stalker, le passeur, guide dans la zone un écrivain et un scientifique jusqu’à la chambre des vœux. Un film de science-fiction comme Dead Man est un western. La reconnaissance topographique d’un territoire hostile et pas tout à fait (in)connu pour approcher justement l’inconnu. Une fuite initiatique par la quête (et inversement) à travers un territoire désolé que l’on ne maîtrise pas : la zone. Une approche du mystère qui passe par le mouvement et surtout l’art de se mouvoir (to stalk : s’approcher furtivement). « Avancer, se replier – Avancer, se replier… mais surtout avancer masqué », dirait Ossang. Un Petit Poucet inversé, où l’on trouve son chemin en jetant devant soi des boulons. Un chemin parsemé des symboles de la fable métaphysique sur lequel le spectateur est amené à stalker. À moins que ce ne soit le film qui stalke le spectateur zone.

(Sex, Lies and Videotape)
1989. États-Unis. 100 min. Couleurs. 35 mm.
Version originale sous-titrée en français.
Avec James Spader, Andie MacDowell, Peter Gallagher,
Laura San Giacomo
Le mari, la femme, la sœur et l’ami. Le coureur de jupons, la femme réservée, la femme libérée et le voyeur impuissant. Le mari qui trompe sa femme avec sa sœur et l’ami qui filme les confessions des femmes sur leur sexualité. Un tableau des mœurs de l’Amérique des banlieues propres où le caméscope remplace le divan. De l’érotisme et de la psychanalyse. C’était le premier film de Soderbergh, une révélation et une Palme d’or à tout juste vingt-six ans.

1943. France. 105 min. Noir & blanc. 35 mm.
Avec Madeleine Renaud, Charles Vanel, Raymonde Vernay,
Jean Debucourt
Jean Grémillon est un grand, un des meilleurs cinéastes français, et il donne ici le plus beau film français sur la passion. L’histoire d’un couple ordinaire qui sacrifie tout à sa passion de l’aviation. L’histoire d’une femme gagnée par le virus de son mari jusqu’à ne plus penser qu’à voler… Mais ce film magnifique est aussi un film tourné pendant l’Occupation. Pétainiste pour les uns : la réussite de gens ordinaires à force de travail. Résistant pour les autres : se défaire du carcan moral et ne pas céder à la résignation. La polémique fut en son temps aussi orageuse que pour Le Corbeau, elle paraîtra obsolète aujourd’hui. Et l’on découvrira un film plus profond que les idéologies. On y verra un superbe portrait de femme.

Richard Brooks
1955. États-Unis. 108 min. Couleurs. 35 mm.
Version originale sous-titrée en français.
Avec Robert Taylor, Stewart Granger, Russ Tamblyn, Debra Paget
Western crépusculaire sur fond de chasse aux bisons. Le génocide, celui des bisons, celui des Indiens. La rivalité entre deux chasseurs de bisons qui s’étaient pourtant associés. 1883, dans le Dakota, Charles Gilson, sorte de Wild Bill Hickock détestant les peaux rouges, et Woodfoot, un métis, partent donc pour la chasse aux bisons. En route, ils recueillent une Indienne…
Soirée organisée en collaboration avec les éditions Anacharsis à l’occasion de la parution de Tueur de Bisons de Franck Mayer

Anthony Mann
1953. États-Unis. 91 min. Couleurs. 35 mm.
Version originale sous-titrée en français.
Avec James Stewart, Janet Leigh, Robert Ryan, Ralph Meeker, Millard Mitchell
Un bandit. Un fermier qui s’improvise chasseur de prime. Un chercheur d’or qui n’a pas de veine. Et un soldat viré de la cavalerie. Le fermier veut capturer le bandit pour la prime. Le soldat et le chercheur d’or aussi. Quand ils mettent la main dessus, il faut le ramener. « Unité d’action. Un minimum de personnages. Aucun intérieur. Pas un seul instant de répit. Un décor abrupt, escarpé, dangereux qui offre à la violence de l’homme et à ses pulsions sauvages autant d’occasions naturelles et variées pour s’exprimer. Un chef-d’œuvre de rigueur et de virtuosité qui mérite d’être considéré comme le plus maîtrisé et le plus passionnant des westerns » (Jacques Lourcelles).