Maggie Cheung, invitée d'honneur

Pour cette quatrième édition, la Cinémathèque de Toulouse reçoit Maggie Cheung, invitée d’honneur et présidente du festival. Une ambassadrice rêvée pour une programmation consacrée aux stars de cinéma.

Née à Hong-Kong, Maggie Cheung part vivre avec sa famille en Angleterre, dans le Kent, de 8 à 17 ans. Après son diplôme de fin d’études, elle travaille pendant un an dans une librairie puis retourne dans sa ville natale et commence une carrière de mannequin tout en s’inscrivant au concours de Miss Hong-Kong, dont elle sort première dauphine et lauréate du Prix Miss Photogénique. En 1985, le triomphe de Police Story, signé Jackie Chan, lui apporte rapidement la renommée. Sa carrière se partage dès lors entre comédies, bluettes sentimentales et films d’action, autant de genres qui font l’apanage de la production cinématographique, très conséquente, de Hong-Kong.

En 1988, elle rencontre Wong Kar-Wai, qui lui propose le premier rôle de As Tears Go By, un polar classieux qui propulse immédiatement la comédienne égérie du cinéma d’auteur hongkongais. Elle tourne alors avec Ann Hui dans le très beau film autobiographique Song of the Exile, obtient un Prix d’interprétation au Festival de Berlin en 1992 pour sa composition de la mythique comédienne du muet, Ruan Lingyu, dans Center Stage (le film ne sortira en France qu’en 1999), et tourne enfin avec Tsui Hark dans Green Snake, film d’action d’une impressionnante virtuosité et d’une très grande beauté plastique. Wong Kar-Wai a entre-temps refait appel à elle pour Nos années sauvages, dans un registre très introspectif, ainsi que pour la fresque historique Les Cendres du temps.

À partir du milieu des années 90, Maggie Cheung tourne moins, sélectionne ses films avec soin et se tourne vers l’étranger. D’abord en restant à Hong-Kong mais en tournant dans la production américaine Chinese Box, avec Jeremy Irons et Gong Li, puis en acceptant d’incarner son propre rôle dans Irma Vep, vibrant hommage au cinéma rendu par Olivier Assayas, qui moule l’actrice dans le collant noir de Musidora, égérie de Louis Feuillade et de son serial Les Vampires, tourné en 1916. En 2004, elle remporte le Prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes pour sa performance dans Clean d’Olivier Assayas. Depuis In the Mood for Love et 2046 qui marquent les retrouvailles de la comédienne avec son réalisateur fétiche Wong Kar-Wai, Maggie Cheung a tourné dans Sausalito, une love-story où elle est chauffeur de taxi en Californie.

Maggie Cheung sera présente à la Cinémathèque de Toulouse du 5 au 7 mars 2010 pour rencontrer le public : master class exceptionnelle le 6 mars à 11h, présentation de ses films, « Métier de cinéma » avec des invités parmi lesquels Anne Fontaine et Jacques Fieschi le 6 mars à 20h, séance culte In the Mood for Love le 7 mars à 18h.

Photographie : Maggie Cheung

Stars, l’âge d’or

En 2010, Zoom Arrière met à l’honneur les stars de l’âge d’or du cinéma hollywoodien et invite le public à une véritable immersion au cœur du star system hollywoodien.

Ces stars qui ont fait la grandeur d’Hollywood sont aussi et avant tout des stars entièrement façonnées, modelées, archétypées, par ce même Hollywood, celui de l’âge d’or et de la toute puissance des studios, les Majors. Celui des années 20, 30, 40, du muet jusqu’au début des années 50, avant l’arrivée de l’Actors Studio et de sa méthode qui allaient inventer un autre modèle de star.

Lauren Bacall, Louise Brooks, Joan Crawford, Bette Davis, Marlene Dietrich, Greta Garbo, Ava Gardner, Lillian Gish, Rita Hayworth, Mary Pickford, Gloria Swanson, Gene Tierney, Lara Turner, Gary Cooper, Douglas Fairbanks, Errol Flynn, Clark Gable, Tyrone Power, Rudolph Valentino…

Des stars mythiques, pour certaines en voie d’être oubliées, alors qu’en leur temps on se serait tué pour elles.

Parmi les films programmés :

La Comtesse aux pieds nus de Joseph L. Mankiewicz (1954)

La Dame de Shanghai d’Orson Welles (1948)

Désir de Frank Borzage (1936)

Eve de Joseph L. Mankiewicz (1950)

Le Facteur sonne toujours deux fois de Tay Garnett (1946)

Laura d’Otto Preminger (1944)

Loulou de Leopold Jessner (1923)

Le Port de l’angoisse d’Howard Hawks (1945)

Qu’est-il arrivé à Baby Jane ? de Robert Aldrich (1962)

La Reine Christine de Rouben Mamoulian (1933)

Le Signe de Zorro de Fred Niblo (1920)

Boulevard du crépuscule de Billy Wilder (1949)

Photographie : Gloria Swanson

Le patrimoine réinventé

LA CAMPAGNE DE CICERON DE JACQUES DAVILA EN AVANT-PREMIERE

le 10 mars

Dernier film de Jacques Davila, La Campagne de Cicéron tourné en 1989 renaît aujourd’hui grâce à la volonté de la Cinémathèque de Toulouse, au mécénat de la Fondation Groupama Gan pour le Cinéma et aux prouesses techniques du laboratoire L’Immagine Ritrovata (Bologne). Tonie Marshall, Sabine Haudepin, Judith Magre, Michel Gautier, Jacques Bonnaffé, Guy Cavagnac et Bruno Coulais seront présents pour présenter la première projection publique de la version restaurée.

Produit en région par les Ateliers Cinématographiques Sirventès (ACS), La Campagne de Cicéron raconte l’histoire de Christian (Michel Gautier), comédien au chômage qui se réfugie dans les Corbières, chez son amie Nathalie (Tonie Marshall), une jeune musicienne amoureuse d’Hippolyte (Jacques Bonnaffé), haut fonctionnaire au ministère de la Culture. Les amitiés tremblent, les alliances se font et se défont, changent.

Dépositaire des archives papier et ayant-droit producteur de la société ACS, créée à la faveur du grand mouvement de décentralisation culturelle des années 1980, la Cinémathèque de Toulouse s’efforce d’en reconstituer le catalogue. Avec L’Âne qui a bu la lune de Marie-Claude Treilhou, La Campagne de Cicéron est une pièce maîtresse de notre mémoire régionale qui faisait encore défaut pour que ce beau fonds soit accessible au public. Long métrage jusqu’à présent disparu, il fut l’une des dernières productions des Ateliers.

18h : projection de Certaines nouvelles de Jacques Davila (1979), en présence de Micheline Presle

20h : présentation de La Campagne de Cicéron de Jacques Davila (1989), version restaurée par la Cinémathèque de Toulouse, en avant-première. En présence des comédiens Tonie Marshall, Sabine Haudepin, Judith Magre, Jacques Bonnaffé, Michel Gautier, du producteur Guy Cavagnac et du compositeur de musique Bruno Coulais. Cette délégation artistique sera complétée par Dominique Hoff (Fondation Groupama Gan pour le Cinéma), Vincent-Paul Boncour (Carlotta Films, coéditeur du DVD) et Pierre-Henri Gibert (réalisateur des suppléments de celui-ci).

Restauration réalisée avec le soutien de la Fondation Groupama Gan pour le Cinéma

RESTAURATIONS RÉCENTES / LES GRANDES ARCHIVES INVITÉES

Parce qu’elle souhaite redonner vie au patrimoine cinématographique tout en s’inscrivant dans un cadre européen, la Cinémathèque de Toulouse invite chaque année lors du festival Zoom Arrière les grandes archives d’intérêt national et les grandes cinémathèques européennes à présenter quelques-unes de leurs restaurations récentes. Cette année, place aux trésors des Archives françaises du film, de la Cinémathèque française, de la Cinémathèque de Copenhague, de celle de Bologne, de la Filmoteca Española (Madrid), du Musée national du cinéma de Turin, de la Filmoteca de Catalunya (Barcelone) et du Filmmuseum d’Amsterdam. Les séances seront présentées par les responsables des archives participantes et donneront lieu à des échanges avec le public.

Archive mise à l’honneur : la China Film Archive.

En lien avec le colloque, onze films rares issus des collections de la China Film Archive seront présentés.

Amour et devoir de Bu Wancang (1931)
Les Anges du boulevard de Yuan Muzhi (1937)
L’Aube de Sun Yu (1933)
Le Chant de minuit de Maxu Weibang (1937)
La Cigale des sables de Bu Wancang (1938)
La Divine de Wu Yonggang (1934)
L’Eventail de la jeune dame de Li Pingqian (1939)
Femme nouvelle de Cai Chusheng (1933)
Twin Sisters de Zheng Zhengqiu (1933)
Un collier de perles de Li Zeyuan (1925)
Une mer de talents de Zhu Shilin, He meng-fu et Situ Huimin (1938)

SÉANCES SPÉCIALES

• La master class d’Anke Wilkening et Martin Koerber

A l’occasion d’une master class le samedi 13 mars à 11h, Anke Wilkening (restauratrice de la Fondation Friedrich-Wilhelm-Murnau, Wiesbaden) et Martin Körber (chef du département film de la Deutsche Kinemathek – Museum für Film und Fernsehen) viendront présenter la restauration en cours du chef-d’œuvre de Fritz Lang Metropolis.

• L’Atelier « Le Muet prend la parole »

Face au succès rencontré en 2009, la Médiathèque de Tournefeuille et la Cinémathèque de Toulouse ont souhaité réitérer une expérience singulière d’écriture cinématographique, qui consiste à revisiter le cinéma muet avec un œil d’aujourd’hui. L’atelier propose d’interroger l’image, d’imaginer une histoire et de réécrire les intertitres du premier épisode d’un film qui en comporte douze, Le Secret d’Alta Rocca d’André Liabel (1922), et dont les participants devront de surcroît inventer la suite.

La totalité du film à épisodes sera présentée chaque soir du festival, à 18h15, dans le cadre d’un “sérial apéro”.

• Les serial apéros

Du mercredi 3 au mardi 9 mars, la Cinémathèque de Toulouse convie tous les soirs à 18h15 les spectateurs à un serial apéro d’un genre un peu particulier : projection d’un épisode du film Le Secret d’Alta Rocca d’André Liabel (1922) accompagné à l’accordéon par Grégory Daltin, suivi d’un apéritif sous la tente du festival.

Photographie : La Campagne de Cicéron

Les ciné-concerts

La Cinémathèque de Toulouse a toujours accordé une place privilégiée à l’accompagnement musical de films muets. Avec plus de 25 films en ciné-concerts, dont un Ben-Hur mis en musique par Patrick Burgan pour l’ouverture du festival, Zoom Arrière s’affirme définitivement comme le festival de patrimoine le plus musical.

SOIREE D’OUVERTURE
Ben-Hur de Fred Niblo (1925) accompagné musicalement par Patrick Burgan

SOIREE DE CLOTURE
« Retour de flamme spécial Star » par Serge Bromberg

Karol Beffa
Pianiste, compositeur, Karol Beffa est maître de conférences à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm (depuis 2004) et à l’École Polytechnique (depuis 2003). Ancien élève de l’ENS, il est l’auteur de neuf musiques de films et lauréat entre autres du Prix Charles Oulmont (2005), du Prix du jeune compositeur de la SACEM (2008), et du Prix Chartier de l’Académie des Beaux-Arts (2008).
L’Aube de Sun Yu (1933)
Le Signe de Zorro de Fred Niblo (1920)
Un collier de perles de Li Zeyuan (1925)

Patrick Burgan
Agrégé de musicologie, Patrick Burgan a reçu de nombreux prix dont le Grand Prix Sacem de la musique symphonique en 2008 qui couronne l’ensemble d’une œuvre régulièrement jouée dans la plupart des pays du monde par des formations et des solistes prestigieux. Sa musique, expressive et sensuelle, revêt un caractère indéniablement théâtral.
Ben-Hur de Fred Niblo (1925) SEANCE D’OUVERTURE

Grégory Daltin
Accordéoniste, Grégory Daltin fait ses premières armes au CNR de Toulouse, où il obtient ses premier prix de Musique de Chambre et premier prix d’accordéon à l’unanimité. Il collabore à plusieurs reprises avec l’Orchestre National du Capitole de Toulouse et enregistre diverses créations pour accordéon notamment aux côtés du marimbiste Eric Sammut. Il travaille également régulièrement avec le Didier Labbé Quartet, Duo Daltin-Labbé, les Grandes Bouches, Origines Contrôlées et la chanteuse Coco Guimbaud.
A Romance of the Redwoods de Cecil B. DeMille (1917)
les serial apéros, chaque soir du festival à 18h15

Jean-Baptiste Dupont
Diplômé du Conservatoire National de Région de Toulouse et du Centre d’Etudes Supérieures de Musique & Danse de Toulouse, Jean-Baptiste Dupont mène une carrière internationale de musicien concertiste, interprète d’un large répertoire, mais aussi improvisateur au talent unanimement reconnu. En tant que compositeur, il est l’auteur d’œuvres pour instruments solistes, de musique de chambre et de musiques de films muets.

CINE-CONCERT EXCEPTIONNEL à la basilique Saint-Sernin, Le Lys brisé de David Wark Griffith (1919), en collaboration avec Toulouse les Orgues

Raphaël Howson
Raphaël Howson effectue ses études musicales au conservatoire de Tulle où il obtient sa médaille d’or de piano, puis aux conservatoires de Toulouse et de Rueil-Malmaison. Il accompagne des films muets à la Cinémathèque de Toulouse, seul ou en groupe, depuis 2005, et a eu ainsi l’occasion de participer à divers festivals de cinéma, (Rencontres à la campagne, Rieupeyroux ; 30e festival Cinemed, Montpellier ; Zoom Arrière 1, 2 et 3). Il se produit également régulièrement en concert.
Les Amours de la reine Elizabeth de Louis Mercanton et Henri Desfontaines (1912)
Cendres de Febo Mari (1917)
L’Eventreur d’Alfred Hitchcock (1926) AVANT-PREMIERE

Michel Lehmann
Ancien directeur musical de l’opéra de Dijon, Michel Lehmann a d’abord entamé une carrière de concertiste et de chef d’orchestre international. Maître de conférences à l’Université de Toulouse II le Mirail, spécialiste de la dramaturgie de l’opéra, il mène une équipe de jeunes chercheurs qui travaille sur les relations rythmiques et prosodiques entre poésie et musique.
Femmes nouvelles de Cai Chusheng (1933)
Loulou de Leopold Jessner (1923)
Rapsodia satanica de Nino Oxilia (1917)
Raskolnikov de Robert Wienne (1923)
Salomé de Charles Bryant (1922)

Mathieu Regnault
Diplômé du Conservatoire National de Musique de Nancy, Mathieu Regnault est cinéphile depuis son enfance. Mais c’est lors de sa rencontre avec le compositeur Michael Kamen qu’il décide de devenir compositeur de musique de film. À partir de 2002, il collabore avec de jeunes réalisateurs de l’École Nationale Supérieure de Nancy puis des Arts Décoratifs de Paris et devient l’assistant de Jean-Marie Sénia. Il a récemment signé la bande originale du pilote de la série Verlaine du réalisateur californien Nick Lentz et collaboré avec l’Opéra Bastille de Paris lors de l’accompagnement improvisé du film L’ Arlésienne.
L’Admirable Crichton de Cecil B. DeMille (1919)
L’Aigle noir de Clarence Brown (1925)
Amour et devoir de Bu Wancang (1931)
Le Clown d’A.W. Sandberg (1926)
La Dame masquée de Viatcheslav Tourjansky (1924)
Loulou de Georg Wilhelm Pabst (1929)