
Le cabinet de curiosités
Légèrement à l’écart de la Grande Galerie où sont accrochées aux cimaises des œuvres reconnues (ou non) mais dont le rassemblement entend faire sens autour d’un cinéaste, d’un style, d’une thématique, etc., le visiteur peut aussi pénétrer dans le Cabinet de Curiosités. Là sont offertes au regard des œuvres de tout format (long, court…) et de toute nature (fiction, documentaire, animation, expérimental…). Ce ne sont ni Caligari ni des figures de cire qui sont exposés dans ce Cabinet ; ce sont des films singuliers – à voir dans leur singularité, pour eux-mêmes et non pour leur place dans un ensemble plus large.
Sérieux comme le plaisir, ce Cabinet fait appel à la curiosité du spectateur et à son désir de « chiner » pour trouver ou re-trouver un objet qui enrichira sa collection cinéphile.

Samuel Fuller
1953. États-Unis. 78 min. Noir & blanc. 35 mm. VF.
Avec Richard Widmark, Jean Peters, Thelma Ritter
Un pickpocket, en refaisant des poches, intercepte par hasard un microfilm espion à destination de Moscou. La police lui demande son concours. Il n’aime pas la police. Mais il aime encore moins les communistes… Dans la version doublée en français, le microfilm devient de la drogue et les espions communistes des trafiquants. Explication : dans les années d’après-guerre, le PCF est très puissant et populaire. Beaucoup de Français sont communistes. Pour une bonne exploitation, on détourne le sens original du film, pour ne pas se priver du public communiste.
(sous réserve)
Aberrations du doublage en deux films
mardi 11 juin à 19h15 (salle 2)

Marcello Pagliero, Robert Rossellini
1946. Italie. 91 min. Noir & blanc. 35 mm. VF.
Avec Ellio Parvo, Massimo Girotti, Carlo Ninchi
Une prostituée tente de refaire sa vie avec un horticulteur, mais son passé la poursuit et sa sensualité continue de faire des dégâts… Un mélodrame débuté par Rossellini en 1943, repris par Pagliero pour finalement sortir en 1946 en Italie. Il ne sortira que dix ans plus tard en France et dans une salle habituée à passer des films pour leurs attraits érotiques. Le public habituel vient de préférence découvrir le haut d’une cuisse au détour d’un plan, aussi on ne s’embarrasse pas d’un sous-titrage de la bande, ni d’un doublage. On plaque sur la bande-son originale un commentaire en français qui résume l’action. Ça revient moins cher et ce n’est pas pour la beauté de l’art que l’on a décidé d’exploiter ce film.
Aberrations du doublage en deux films
mardi 21 mai à 19h15 (salle 2)
Fritz Hippler
1941. Allemagne. 58 min. Noir & blanc. 35 mm. VF.
Document d’histoire. Film de propagande nazi réalisé à partir d’images récoltées par les opérateurs militaires. Film politique et virulent d’une Allemagne nazie victorieuse qui montre, justifie et exalte le succès de ses armes. Un outil de propagande qui visait à recruter des volontaires pour la L.V.F., la Légion des Volontaires Français contre le bolchevisme. Les prises de vues débutent le jour où l’Allemagne attaque l’URSS et s’achèvent huit semaines plus tard, avant la prise de Kiev.
mardi 23 avril à 19h15 (salle 2)