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Le cabinet de curiosités

Le Cabinet de Curiosités

Légèrement à l’écart de la Grande Galerie où sont accrochées aux cimaises des œuvres reconnues (ou non) mais dont le rassemblement entend faire sens autour d’un cinéaste, d’un style, d’une thématique, etc., le visiteur peut aussi pénétrer dans le Cabinet de Curiosités. Là sont offertes au regard des œuvres de tout format (long, court…) et de toute nature (fiction, documentaire, animation, expérimental…). Ce ne sont ni Caligari ni des figures de cire qui sont exposés dans ce Cabinet ; ce sont des films singuliers – à voir dans leur singularité, pour eux-mêmes et non pour leur place dans un ensemble plus large.

Sérieux comme le plaisir, ce Cabinet fait appel à la curiosité du spectateur et à son désir de « chiner » pour trouver ou re-trouver un objet qui enrichira sa collection cinéphile.

Carte blanche à Traverse Vidéo

Drôles d’histoire(s)

Prendre d’autres chemins de vue, solliciter d’autres espaces, se prêter à des imprévus, Traverse Vidéo existe pour ce projet ; très spécifiquement pour entrer dans Le Cabinet des curiosités, elle a recherché parmi ses programmes des films différents éloignés dans leur écriture et leur esthétique mais tous fascinants par leur étrangeté.
Atsushi Wada module l’animation-dessin de The Great Rabbit déconstruisant notre quiétude, il compose du non compréhensible dans la naïveté apparente de figures d’enfants ronds et de lapins énormes, mais sans négliger le concept esthétique du Ma japonais, se référant aux variations subjectives du vide qui relie deux phénomènes séparés.
L.L. de Mars s’engage avec Le Château de l’Araignée, dans le douzième « remake » d’une série adoptant un dispositif plus que simple où un homme raconte à un autre, assis de l’autre côté d’une table de cuisine, le film du titre éponyme. Or loin d’obéir au résumé narratif, vocabulaire peu précis, redondance, retours en arrière, légère contradiction réalisent un film improbable, un film à la manière de Lemaître sans pellicule avec des gestes et des mimiques.
Dans le creuset d’un autre film et pas des moindres, L’Évangile selon Saint-Matthieu de Pasolini, dont elle garde la bande-son, Dania Reymond compose une partition de courbes, celles des variations d’amplitude du signal lumineux de la séquence de la Crucifixion du Christ, captées par l’appareil qui donne son nom au film Oscilloscope 1.

Le Poster de Gabriel Desplanque n’interroge aucunement les motivations qui poussent à orner ses murs de telles images ; bien au contraire, il n’inclut jamais dans le champ un tel objet mais glisse, en une discussion entre amoureux, des réflexions sur divers sujets dont le regard et l’influence du cinéma sur le comportement.
Un décor à la Hopper mais où les êtres agissent de manière conventionnelle et déplacée à la fois. Compositrice de la plupart de ses musiques et chanteuse du groupe islandais Cocktail Vomit, Unnur Andrea Einarsdottir associe musique et nourriture, les deux affectant ceux qui y goûtent. Elle tient le rôle de la serveuse, de la préparatrice d’étranges mixtures ou de dévoreuse de Service, Pastry, Music in Cake, Melaninecholia, vidéos qui ramènent au conte cruel dont le « il était une fois » cache des allégories de la manière d’être d’une société. En soubassement, c’est décliner l’étrangeté savoureuse ou inquiétante, à moins qu’elle ne mêle les deux goûts.

Simone Dompeyre

Le Château de l’Araignée
L.L de Mars
2010. France. 9 min. Numérique DCP.

The Great Rabbit
Atsushi Wada
2012. Japon. 7 min. Numérique DCP.

Service ; Pastry ; Music in Cake ; Melaninecholia
Unnur Andrea Einarsdottir
2005. Islande. 17 min. Numérique DCP.

Oscilloscope 1 Physique de l’Évangile
Dania Reymond
2010. France. 8 min. Numérique DCP.

Le Poster
Gabriel Desplanque
2010. France. 12 min. Numérique DCP.

Durée du programme : 59 min.

Séance présentée par Simone Dompeyre, directrice artistique du festival Traverse Vidéo

> Mardi 21 avril à 19h (salle 2)

Le Révolutionnaire | Jean-Pierre Lefebvre

1965. Canada. 73 min. Noir & blanc. Numérique.
Avec Louis Saint-Pierre, Louise Rasselet
Sur le mode de la fable réaliste. 1965. La campagne québécoise en hiver. Un groupe de jeunes gens vivant en communauté sous l’autorité d’un chef : exercices idéologiques et paramilitaires au programme quotidien. Survient une femme. Elle perturbe les ordonnancements du temps et des esprits. D’autant que son ex la rejoint. Ça va se déglinguer dans la violence et la dérision… Un film sur l’activisme radical politique ouvertement fait pour provoquer. C’est un an avant In the Country de Robert Kramer et deux ans avant La Chinoise de Jean-Luc Godard et, comme avec eux, on est encore dans la marge.

> Mardi 19 mai à 19h (salle 2)

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L'Orient rouge (Dongfang hong) | Wang Ping

1965. Chine. 125 min. Couleurs. 35 mm. VF.

Adaptation cinématographique du monumental spectacle musical organisé pour fêter les quinze ans de la République Populaire de Chine. Une comédie musicale de pure propagande qui relate la lutte héroïque du PC chinois mené par son grand timonier. Chants et danses, louanges à la Révolution. Mao Mao. La Révolution culturelle pouvait se mettre en marche.

> Mardi 20 janvier à 19h (salle 2)