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Le cabinet de curiosités

Carte blanche à Traverse Vidéo

Drôles d’histoire(s)

Prendre d’autres chemins de vue, solliciter d’autres espaces, se prêter à des imprévus, Traverse Vidéo existe pour ce projet ; très spécifiquement pour entrer dans Le Cabinet des curiosités, elle a recherché parmi ses programmes des films différents éloignés dans leur écriture et leur esthétique mais tous fascinants par leur étrangeté.
Atsushi Wada module l’animation-dessin de The Great Rabbit déconstruisant notre quiétude, il compose du non compréhensible dans la naïveté apparente de figures d’enfants ronds et de lapins énormes, mais sans négliger le concept esthétique du Ma japonais, se référant aux variations subjectives du vide qui relie deux phénomènes séparés.
L.L. de Mars s’engage avec Le Château de l’Araignée, dans le douzième « remake » d’une série adoptant un dispositif plus que simple où un homme raconte à un autre, assis de l’autre côté d’une table de cuisine, le film du titre éponyme. Or loin d’obéir au résumé narratif, vocabulaire peu précis, redondance, retours en arrière, légère contradiction réalisent un film improbable, un film à la manière de Lemaître sans pellicule avec des gestes et des mimiques.
Dans le creuset d’un autre film et pas des moindres, L’Évangile selon Saint-Matthieu de Pasolini, dont elle garde la bande-son, Dania Reymond compose une partition de courbes, celles des variations d’amplitude du signal lumineux de la séquence de la Crucifixion du Christ, captées par l’appareil qui donne son nom au film Oscilloscope 1.

Le Poster de Gabriel Desplanque n’interroge aucunement les motivations qui poussent à orner ses murs de telles images ; bien au contraire, il n’inclut jamais dans le champ un tel objet mais glisse, en une discussion entre amoureux, des réflexions sur divers sujets dont le regard et l’influence du cinéma sur le comportement.
Un décor à la Hopper mais où les êtres agissent de manière conventionnelle et déplacée à la fois. Compositrice de la plupart de ses musiques et chanteuse du groupe islandais Cocktail Vomit, Unnur Andrea Einarsdottir associe musique et nourriture, les deux affectant ceux qui y goûtent. Elle tient le rôle de la serveuse, de la préparatrice d’étranges mixtures ou de dévoreuse de Service, Pastry, Music in Cake, Melaninecholia, vidéos qui ramènent au conte cruel dont le « il était une fois » cache des allégories de la manière d’être d’une société. En soubassement, c’est décliner l’étrangeté savoureuse ou inquiétante, à moins qu’elle ne mêle les deux goûts.

Simone Dompeyre

Le Château de l’Araignée
L.L de Mars
2010. France. 9 min. Numérique DCP.

The Great Rabbit
Atsushi Wada
2012. Japon. 7 min. Numérique DCP.

Service ; Pastry ; Music in Cake ; Melaninecholia
Unnur Andrea Einarsdottir
2005. Islande. 17 min. Numérique DCP.

Oscilloscope 1 Physique de l’Évangile
Dania Reymond
2010. France. 8 min. Numérique DCP.

Le Poster
Gabriel Desplanque
2010. France. 12 min. Numérique DCP.

Durée du programme : 59 min.

Séance présentée par Simone Dompeyre, directrice artistique du festival Traverse Vidéo

> Mardi 21 avril à 19h (salle 2)

L'Orient rouge (Dongfang hong) | Wang Ping

1965. Chine. 125 min. Couleurs. 35 mm. VF.

Adaptation cinématographique du monumental spectacle musical organisé pour fêter les quinze ans de la République Populaire de Chine. Une comédie musicale de pure propagande qui relate la lutte héroïque du PC chinois mené par son grand timonier. Chants et danses, louanges à la Révolution. Mao Mao. La Révolution culturelle pouvait se mettre en marche.

> Mardi 20 janvier à 19h (salle 2)

Douze heures d'horloge | Géza von RadvÁnyi

1958. France / RFA. 105 min. Noir & blanc. 35 mm.
Avec Lino Ventura, Eva Bartok, Hannes Messemer, Laurent Terzieff

Trois fugitifs. Trois taulards qui se sont fait la belle. Bloqués dans un petit port du Midi, il leur faut trouver de l’argent pour se payer de faux papiers. Mais l’argent leur file entre les doigts et sur leurs talons la police les file. Ils ont douze heures pour réussir… Un petit polar d’après Boileau et Narcejac qui vire à l’imbroglio amoureux.

> Mardi 10 février à 19h (salle 2)

Mon frangin du Sénégal | Guy Lacourt

1953. France. 85 min. Noir & blanc. Numérique.
Avec Raymond Bussières, Annette Poivre, Noël Roquevert, Paulette Dubost
Jules Pinson, honnête photographe du village est amoureux de la turbulente Annette, la fille de l’épicier. Mais elle, elle ne jure que par le cinéma, tombant amoureuse de chaque nouveau héros de celluloïd qui sort sur l’écran du village. Justement un nouveau film est à l’affiche. Un film d’aventure de brousse avec Errol Flynn. Jules en profite pour s’inventer un jumeau tout juste de retour du Sénégal. Un grand chasseur de fauves qui saura séduire Annette… Raymond Bussières endosse le costume d’un Buster Keaton franchouillard pour interpréter un double rôle réjouissant. Comique de situation, gags burlesques et jeux de mots poussés, une curiosité qui faisait les beaux jours du cinéma du samedi soir.

> Mardi 16 décembre à 19h15 (salle 2)

Pas de Cabinet de Curiosités en novembre.

Jugeant que la programmation consacrée aux francs-tireurs du cinéma français offre de belles pépites et autres immanquables curiosités, le Cabinet de Curiosités vous invite à prendre plaisir avec les iconoclastes Paul Vecchiali, Jean-Daniel Pollet et Luc Moullet.