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Le cabinet de curiosités

Ici et maintenant

Serge Bard
1968. France. 65 min. Noir & Blanc. 35 mm.
Avec Serge Bard, Caroline de Bendern, Olivier Mosset

L’un des seize « Zanzibar – films » – œuvres cinématographiques réalisées entre 1968 et 1970 au sein d’une mouvance informelle d’intellectuels et d’artistes (plasticiens, acteurs, cinéastes, techniciens et autres) en grande partie réunis autour de Sylvina Boissonnas, emblématique figure d’un mécénat contestataire. Rejet des normes, provocation, expérimentations formelles… telles étaient les voies où se croisaient ces tenants d’un « Larguons les amarres ! » existentiel. Certains avaient déjà un nom (Bernadette Lafont, Pierre Clémenti…), d’autres se le sont faits depuis (Philippe Garrel, Jackie Raynal…).

Serge Bard, alors étudiant en sociologie à Nanterre avec Daniel Cohn-Bendit, faisait partie de cette mouvance et avait réalisé un premier film, de mars à mai 68, de critique de l’Enseignement et du Savoir. Il demanda à Henri Alekan de mettre en images une certaine idée de la « contestation ». Résultat : ce film, Ici et maintenant, tourné sur les côtes du Finistère, où le noir et blanc somptueux de la photo imprègne de longs et lents plans mystérieux pré-durassiens.

mardi 27 novembre à 19h15 (salle 2)

Omar Gatlato

Merzak Allouache
1976. Algérie. 90 min. Couleurs. 35 mm.
Avec Boualem Benani, Aziz Degga, Farida Guenaneche
Un film important dans l’histoire du cinéma de l’Algérie post-coloniale. Une étape nouvelle après une série de films consacrée aux luttes de libération nationale. Quinze ans après l’Indépendance, Merzak Allouache pose un regard critique sur la société algérienne à partir du vécu quotidien de la nouvelle génération qui n’a pas connu la guerre. C’est l’histoire d’un jeune Algérois employé au service de répression des fraudes : féru de musiques populaires, il voit son quotidien troublé à l’écoute d’une voix de jeune fille sur une cassette enregistrée… Le cinéaste rompt avec un cinéma de militance pur et dur pour laisser sa caméra errer de cinémas en soirées en bande et caresser les doutes qui entament les certitudes. Pour aller vite, on pourrait parler de néoréalisme algérien.

mardi 16 octobre à 19h15 (salle 2)

Cocorico, Monsieur Poulet

Jean Rouch, Damouré Zika, Lam Ibrahim Dia
1974. France / Niger. 90 min. Couleurs. Vidéo.
Avec Lam Ibrahim Dia, Damouré Zika, Tallou Mouzourané
Un petit bijou. Une aventure picaresque et une comédie insoupçonnée. Un road movie africain, à travers les pistes nigérianes et la culture africaine. À bord d’une vieille 2 CV déglinguée, la tournée de Lam, vendeur de poulets, et de son collègue Tallou, partis en brousse s’approvisionner en poulets. Mais, en route, ils croisent une diablesse qui leur jette un sort. Dès lors tout se complique et ce qui devait prendre une journée va prendre des semaines… Une tournée épique placée sous les bons auspices de la magie et du système D. Un ovni étonnant et réjouissant qu’il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie.

mardi 19 juin à 19h15 (salle 2)

Rêves à vendre (Dreams That Money Can Buy)

Hans Richter
1947. États-Unis. Sortie en France : 1956. 100 min. Couleurs. 16 mm. Version originale non sous-titrée.
Hans Richter, l’un des fondateurs et théoriciens du mouvement d’avant-garde « Dada », après avoir réalisé dans les années 20 quelques films « abstraits », signe en 1947 son premier et unique long métrage expérimental de fiction couronné au Festival de Venise à sa sortie. Il y convoque ses amis peintres – Max Ernst, Marcel Duchamp, Alexander Calder, Fernand Léger, Man Ray – pour illustrer des « rêves » que le héros du film vend à des gens sans imagination. Des amis musiciens – Darius Milhaud, John Cage – y ajoutent leur touche. Cette œuvre surréaliste est moins un film-manifeste qu’un film marquant la reconnaissance d’une tendance artistique au plus fort de sa vitalité.

mardi 22 mai à 19h15 (salle 2)

Dorian Gray im Spiegel der Boulevardpresse

(Film non distribué en France. Traduction littérale : Dorian Gray au miroir de la presse à scandale)
Ulrike Ottinger
1983/84. RFA. 150 min. Couleurs. 16 mm.
Version originale sous-titrée en français.
Avec Veruschka von Lehndorff, Delphine Seyrig, Magdalena Montezuma, Tabea Blumenschein
Figure de proue atypique, « artiste » et expérimentale du nouveau cinéma allemand de la fin des sixties, Ulrike Ottinger s’impose par son goût violent pour la théâtralité, le baroque, l’exotisme oriental et l’aventure – ce dont témoignent dès l’abord les titres de ses films : L’éblouissement des matelots bleus, Madame X, souveraine absolue ou encore Jeanne d’Arc de Mongolie. Ici Dorian Gray (interprété par la top model Veruschka) se confronte avec Madame le Docteur Mabuse (Delphine Seyrig) qui est aussi le Grand Inquisiteur de Séville – et tout cela sur fond d’opéra…

Séance présentée en collaboration avec Bagdam Espace Lesbien, dans le cadre du 15e Printemps lesbien de Toulouse. Pour plus d’informations : www.bagdam.org

vendredi 20 avril à 21h