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Portrait d’Alfred Hitchcock en auteur

Du mardi 05 juin 2012
au samedi 04 août 2012

Comment se confronter au monstre cinématographique qu’est Alfred Hitchcock dans une exposition modeste par nécessité ? Comment témoigner de l’engouement considérable dont le réalisateur de Vertigo fut l’objet dans les années 50 et 60, au point – privilège rare – de voir son nom décliné sous forme adjectivée ? On était « hitchcockien » ou « hitchcocko-hawksien », manière d’indiquer que les formes cinématographiques déployées par l’un ou l’autre de ces cinéastes relevaient du grand art, qu’en un mot elles étaient d’un Auteur (avec un grand « A ») et non d’un faiseur.

Nous proposons donc un regard sur les affiches françaises des films réalisés par Alfred Hitchcock entre 1946 et 1966, des Enchaînés au Rideau déchiré, comme autant de témoignages de sa progressive élévation au rang d’auteur majeur de l’histoire du cinéma. Si en effet les affiches des années 40 réservent la place d’honneur aux vedettes (Cary Grant et Ingrid Bergman dans Les Enchaînés ; Gregory Peck, Louis Jourdan et Alida Valli dans Le Procès Paradine, etc.), dans un registre traditionnel pour l’époque, il n’en est plus de même dès la fin de la décennie. La mention du réalisateur devient alors plus explicite, la police de caractère plus importante, depuis La Corde (affiche de Boris Grinsson, 1948) à Fenêtre sur cour (affiche de Roger Soubie, 1954) où apparaît pour la première fois en médaillon le visage de l’auteur.

Dès lors, et à l’exception notable des deux rares affiches de Sueurs froides (Grinsson, 1958) et de La Mort aux trousses (Soubie, 1959), la silhouette ronde du grand « Hitch » – rendue familière par ses apparitions éphémères dans ses films comme par la fameuse série télévisée Alfred Hitchcock présente – en accompagne systématiquement la promotion (Les Oiseaux, Le Rideau déchiré, dans une superbe affiche peinte d’Azaïs). Psychose représente à cet égard un sommet, puisque c’est un Hitchcock statufié, au sens premier du terme, qui incite un public curieux à ne pas manquer de voir le film à partir du début (allusion aux séances permanentes de l’époque où il était possible d’entrer dans les salles à tout moment du film). Par la suite, notre Auteur ne descendra plus de ce piédestal.

Christophe Gauthier

Une exposition conçue à partir des collections de la Cinémathèque de Toulouse.