Suite aux annonces gouvernementales du 7 janvier 2021, la Cinémathèque de Toulouse reste fermée jusqu’à nouvel ordre.

A partir du mois d’avril, la bibliothèque du cinéma est ouverte le mercredi de 14h à 19h sur rendez-vous, à l’adresse bibliotheque@lacinemathequedetoulouse.com

Les reproductions de documents (articles de périodiques) à distance sont possibles, pour toute demande, envoyez un mail à joelle.cammas@lacinemathequedetoulouse.com

L’affiche de cinéma en Allemagne de l’Est

Du mardi 05 janvier 2016
au dimanche 27 mars 2016

De 1946 à 1990, le monopole du cinéma en Allemagne de l’Est est géré par le nouveau Studio de production d’État, la DEFA, et par le distributeur Progress Film Verleih. Des directives strictes règlent la création et la diffusion des œuvres cinématographiques selon des principes socialistes. Pas de concurrence, pas de pression commerciale. Comme dans d’autres pays dont l’histoire a été marquée par des régimes totalitaires (les pays du bloc de l’Est – comme la Pologne et la Tchécoslovaquie – ou encore Cuba), l’affiche de cinéma a pu trouver une certaine liberté artistique et affirmer son originalité face à la publicité centrée sur le star-système des pays occidentaux. Les affichistes ont comme seule contrainte d’éviter toute connotation anti-régime.
Alors qu’en RFA le style s’aligne sur la mode des autres pays occidentaux, mis à part le cas de quelques petits distributeurs qui ont particulièrement soigné la qualité de leurs affiches, en RDA, après un début assez classique, une vraie identité visuelle voit le jour à partir des années 1960, sous l’influence de l’école polonaise. Les affiches de cinéma sont ainsi réalisées par les grands illustrateurs et graphistes de l’époque : Erhard Grüttner, Helmut Wengler ou encore Heinz Handschick, pour n’en citer que quelques-uns, déploient leurs talents dans des compositions symboliques, minimalistes, abstraites ou proches des illustrations pour enfants.
Plus de 1 600 affiches d’Allemagne de l’Est sont entrées dans les collections de la Cinémathèque de Toulouse en 2005, grâce au don d’un collectionneur allemand, Thomas Hill. Récupérées à la chute du mur en 1989 et déposées à Toulouse, elles constituaient selon lui le troisième fonds européen en importance après Berlin et Amsterdam. Lié à une filmographie essentiellement allemande et aux productions de l’ancien Bloc de l’Est, le fonds comprend aussi quelques titres français, italiens ou américains. Car la censure permettait l’importation de quelques films occidentaux, dès lors qu’ils étaient considérés comme porteurs de concepts socialistes. À l’occasion du traitement et de la numérisation de ce fonds, la Cinémathèque de Toulouse vous propose d’en découvrir une sélection.

Claudia Pellegrini, documentaliste au service iconographique