Fermer cette fenêtre banner

Galaxie Jaoui

Du mardi 23 septembre 2025
au jeudi 20 novembre 2025


Voir les projections

Comédienne, dramaturge, scénariste, actrice, réalisatrice, mais également chanteuse ou encore metteuse en scène d’opéra (Don Giovanni au Théâtre du Capitole cette fin novembre), depuis la fin des années 1980 Agnès Jaoui met le feu aux planches et irradie les écrans. Sans parler d’une Victoire de la Musique ou d’un Molière et bien d’autres prix internationaux, avec un César de la meilleure actrice dans un second rôle (On connaît la chanson), un autre du meilleur film avec Le Goût des autres et pas moins de quatre pour le meilleur scénario original ou adaptation (Smoking / No Smoking, Un air de famille, On connaît la chanson, Le Goût des autres), elle est une des figures majeures du cinéma français. Et c’est peu dire. La Française la plus récompensée de l’histoire des César. Bon, ce n’est pas non plus juste une bête à prix, et ce qu’oublie de signaler Wikipédia, c’est qu’elle est aussi présidente de la Cinémathèque de Toulouse depuis 2021. Et elle n’est pas là par hasard non plus. Parce qu’elle est aussi dans la cinéphilie et dans la transmission, dans le partage. Comme quoi, décidément, personne n’est parfait.

De l’irrévérence,
de la comédie,
et surtout un fichu
sens de l’observation.

C’est cet aspect de sa personnalité que nous avons voulu solliciter – même si tout le monde s’accordera à dire qu’elle est trop entière pour être divisée en champs d’activités. Mais c’est cette entrée que nous lui avons proposée ; dans l’Histoire du cinéma, à travers ses histoires. Quels liens entre ses films et d’autres ? Quels ponts ? Quelles ramifications possibles ? D’où vient son cinéma ? Bref, nous l’avons soumise à l’exercice de la « Galaxie ». Et tant qu’à faire nous lui avons demandé de la construire elle-même. Nous avons juste choisi les films de départ en jonglant avec ses trois casquettes – actrice, scénariste et cinéaste –, même si encore une fois on ne peut la contenir à une discipline. Et ce sera une Galaxie forcément différente de celles que nous avons présentées précédemment. On n’y retrouvera pas de constellations bâties autour d’un film source, mais un tout qui fait sens dans le chaos de son ensemble.

Bienvenue, donc, dans la Galaxie Jaoui pour un inénarrable voyage en cinéma. Une histoire de fille de puisatier qui, chantant sous la pluie mais sur un air de famille (quelque chose comme ma vie, ma gueule), partit de Manhattan sur les sentiers de la gloire pour se rendre au mariage de l’homme qui tua Liberty Valance et d’une certaine Peau d’âne. Un conte comme on imprime les légendes. Et voilà qu’en chemin, sans rendez-vous dit-on, en passant devant la boutique au coin de la rue, celle où se vendent les sourires d’une nuit d’été, elle rencontra le goût des autres et, se fendant d’un exclamatif « on connaît la chanson ! », décida de changer la règle du jeu sur un hair de famille.

Quelque chose comme ça. À peu près. Pas certain du scénario (c’était peut-être le mariage de la fille du puisatier et de Peau d’âne en fait), mais on y retrouvera clairement tous les ingrédients qui font le cinéma et le caractère d’Agnès Jaoui. De l’irrévérence, de la comédie, et surtout un fichu sens de l’observation qui saisit le caractère humain dans ce qui en fait un animal de société, dans ce qui fait société. Et il y en aura pour tous les goûts.

Franck Lubet, responsable de la programmation de la Cinémathèque de Toulouse