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Remake

Du samedi 27 septembre 2025
au dimanche 23 novembre 2025


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Retour en six duos / duels de films sur une pratique du cinéma qui oscille entre le meilleur et le pire. Refaire. Parce que l’on juge l’original raté, pas complètement abouti au regard de son potentiel scénaristique. Comme un roman de gare peut donner un très bon film quand un chef-d’œuvre de la littérature donne généralement un film médiocre ou, au mieux, ampoulé. Alors, pourquoi ne pas refaire un film mineur avec des moyens et une ambition artistique plus conséquents ? Refaire, encore. Pour faire un coup à visée mercantile. Reprendre une formule scénaristique qui a fait ses preuves et la reproduire en l’adaptant aux goûts du jour ou/et de son public. Dans l’art de la reproduction, qui est une véritable obsession du cinéma, il n’y a qu’une seule règle : on ne refait pas un chef-d’œuvre. On le copie plus ou moins adroitement, c’est la loi de l’exploitation, mais on ne remake pas un chef-d’œuvre. Et comme toute règle qui se respecte, celle-ci sera bien entendu transgressée. Mais nous ne sommes pas là pour faire un tour exhaustif du remake dans tous ses états et sous toutes ses formes, clamées ou tues. À vrai dire, proposer un cycle consacré au remake tient même plutôt de la gageure. Est-ce bien raisonnable de présenter un film original et son remake dans un court laps de temps ? Le public aura-t-il envie de regarder coup sur coup deux films qui ont une même trame ? Qui cela peut intéresser à part des chercheurs et des étudiants en cinéma ?… Mais après tout, peu importe. Ce qui nous intéresse ici, c’est que nous sommes dans un musée d’art contemporain et qu’à travers ces quelques duos / duels de films, nous pouvons rapprocher le remake du ready made. De l’art qui n’en serait pas. Où l’œuvre n’est pas unique, mais naît dans la réplique. Comme un miroir est une surface réfléchissante. Ou ce qui fait art, c’est le regard que l’on pose sur un objet qui a priori n’a rien d’artistique. Regarder un film ou un urinoir, c’est pareil. C’est ce que l’on y projette qui compte. Notre jouvence.

Franck Lubet, responsable de la programmation de la Cinémathèque de Toulouse