Jusqu’au 9 juillet inclus, en raison des contraintes sanitaires, la bibliothèque est ouverte du mercredi au vendredi de 14h à 19h sur RDV uniquement .
Réservation par mail : bibliotheque@lacinemathequedetoulouse.com


Durant tout le mois de juin, la séance de midi est au tarif exceptionnel de 4 €

Vous êtes détenteur d’une carte d’abonnement (carte CinéFolie, carte CinéFolie Étudiant, carte 10 séances…) ? Vous pouvez désormais réserver vos places en ligne sur notre site internet !

HOLYWOODOO, Incredible Movie Posters du Ghana

Du mercredi 19 mai 2021
au samedi 28 août 2021

Depuis toujours, la Cinémathèque de Toulouse s’intéresse à la dimension populaire du cinéma : en témoignent, entre autres, les expositions passées consacrées aux affiches de façade peintes par André Azaïs ou aux affiches artisanales des ciné-clubs.
Cette fois-ci, la Cinémathèque se réjouit de présenter une proposition de la Pop Galerie de Sète de Pascal Saumade : une sélection d’affiches de cinéma ghanéennes peintes à la main, sortie de ses collections consacrées à l’Art populaire contemporain.

HOLYWOODOO, Incredible Movie Posters du Ghana

Au Ghana, dans ce petit pays d’Afrique de l’Ouest, le cinéma a toujours été une activité centrale pour la majeure partie de la population. Les villes importantes, et notamment Accra la capitale, possédaient de magnifiques salles héritées de la colonisation anglaise. Face à la difficulté de trouver des pièces de rechange pour les projecteurs 35 mm, elles ont périclité les unes après les autres et l’invasion de la vidéo au début des années 1980 a scellé définitivement leur sort.

La consommation de cassettes qui en a découlé a engendré au royaume de la microentreprise et de la débrouille une multitude de vidéoclubs. Ces échoppes proposent une grande partie du catalogue B hollywoodien, les films d’action asiatiques et les inénarrables productions locales tournées pour la plupart en vidéo 8 mm. À charge ensuite aux vidéoclubs de louer leurs films dans d’improbables salles de quartier plus ou moins obscures équipées de télés et de magnétoscopes. On peut alors, contre une modique somme d’argent, visionner un film, installé sommairement sur des bancs en bois dans une ambiance franchement survoltée.

Étant donné les faibles ressources du pays, ces productions sont la plupart du temps l’objet de piratage ne bénéficiant d’aucun matériel publicitaire. C’est donc par défaut qu’un certain nombre d’artistes se sont mis à réaliser les affiches qui accompagnent ces projections, devenant très vite des spécialistes dans ce type de représentation. Ces artistes peintres d’un genre inédit travaillent rarement à partir de documents photographiques. Leur capacité de récupération tient ici plus du détournement artistique, et ce qui ne devait être qu’un objet publicitaire placardé dans une rue de quartier devient une œuvre à part entière. Ces peintures donnent lieu à des réinterprétations personnelles extraordinaires, mêlant à l’infini l’iconographie de centaines de films et les portraits étranges, souvent peu réalistes, de stars célébrissimes.

Cette déclinaison des codes occidentaux à travers le prisme de la culture africaine propose de multiples lectures dans des jeux de miroirs cinématographiques revisités. Et c’est dans les représentations de films africains que l’imagination vaudou des art designers se déchaîne et s’exprime pleinement sous des couleurs glycéro de chantier. D’une composition toujours simple mais efficace, ces affiches peintes à la main sur de vieux sacs de farine de blé nous renvoient vers la part la plus mystérieuse de nos anciennes superstitions. Dans la confrontation de ces cultures nous apparaissent d’étranges visions du septième art, inconnues, peu familières ou tout simplement oubliées.

Pascal Saumade, Pop Galerie

Entrée libre

Cinémathèque de Toulouse (hall)