Pour des raisons indépendantes de notre volonté, la Lecture théâtrale dans le cadre de la Nuit de la lecture prévue le 22 janvier est reportée.

Étant donné la situation sanitaire actuelle, le port du masque redevient obligatoire à partir du 25 novembre à la Cinémathèque de Toulouse : en salle, dans le hall d’exposition et en bibliothèque.

Merci de votre compréhension.

Ni le ciel ni la terre

Clément Cogitore. 2015. Fr. / Belg. 105 min. Coul. DCP.


Avec Jérémie Renier, Swann Arlaud, Kévin Azaïs, Finnegan Oldfield


Histoires de cinéma 1



Un geste rare dans le cinéma français. Il faut dire que film de guerre et surnaturel n’ont jamais fait bon ménage, mais c’est pourtant cette union que célèbre le jeune réalisateur Clément Cogitore avec son premier long métrage. À l’approche du retrait des troupes d’Afghanistan, le capitaine Antarès Bonassieu et sa section sont affectés à une mission de contrôle et de surveillance dans une vallée reculée du Wakhan, frontalière du Pakistan. Malgré la détermination d’Antarès et de ses hommes, le contrôle de ce secteur supposé calme va progressivement leur échapper. Une nuit, des soldats se mettent à disparaître mystérieusement dans la vallée. À périmètre réduit, film ambitieux. Plasticien de formation, Clément Cogitore s’est toujours intéressé à la porosité des mondes. Le visible et l’invisible. Le palpable et l’irréel. Le jeune metteur en scène mêle alors, comme par magie, une esthétique réaliste, campement militaire oblige, aux ambiances angoissantes directement héritées des films en « caméra embarquée » comme Blair Witch, Rec ou encore Paranormal Activity. Manœuvres des hommes de guerre et visions en caméra infra-rouge. Qu’a-t-on vu ? A-t-on vraiment vu quelque chose ? Ni le ciel ni la terre débute comme un film de guerre, bifurque en cours de route vers le thriller, puis bascule dans le fantastique avant de prendre une tangente métaphysique parfaitement bienvenue. Que ce soit dans le cantonnement français ou le camp taliban, la problématique est la même. Dans ce film-là, l’humain s’évapore. « Dans le dernier tiers du film, je voulais emmener le spectateur vers ce qui est vraiment ce que je voulais raconter : comment se construit la croyance, quel sens elle a pour chacun et comment elle fonde une communauté. Ici, les soldats aussi bien que les talibans, qu’ils soient tatoués, barbus ou surarmés, sont chacun à leur manière des enfants perdus. C’est-à-dire des gens comme vous et moi : des êtres qui ont besoin d’amour et peur de la mort. »

Séance présentée par Caroline Champetier

mercredi 08 novembre 2017, 14h00       Infos pratiques - Vente en ligne