Pour des raisons indépendantes de notre volonté, la Lecture théâtrale dans le cadre de la Nuit de la lecture prévue le 22 janvier est reportée.

Étant donné la situation sanitaire actuelle, le port du masque redevient obligatoire à partir du 25 novembre à la Cinémathèque de Toulouse : en salle, dans le hall d’exposition et en bibliothèque.

Merci de votre compréhension.

Les Trois Sœurs du Yunnan (San zimei)

Wang Bing. 2012. Chine / Fr. / All. 153 min. Coul. DCP. VOSTF.


Histoires de cinéma 1



La mère a disparu depuis longtemps et le père, comme des milliers d’autres, est parti chercher du travail à la ville. Le chef de famille, c’est pour ainsi dire Yingying. Elle a 10 ans et s’occupe de ses deux autres sœurs, Zhenzhen (6 ans) et Fenfen (4 ans). Les trois gamines vivent en Chine, dans la province reculée du Yunnan, à trois mille deux cents mètres d’altitude, là où la rudesse des conditions de vie n’a d’égal que l’isolation du petit village. Wang Bing ne prétend pas avoir filmé autre chose que les trois fillettes dans leur quotidien. Pourtant, depuis une bonne quinzaine d’années, le documentariste chinois présente une image de son pays que le pouvoir central préférerait faire oublier. On lui doit notamment À l’Ouest des rails (2003), une chronique fleuve de plus de neuf heures sur l’agonie d’une usine de métallurgie en Mandchourie, ou encore L’Argent du charbon (2009)qui suit l’extraction et la vente du combustible dans la Chine du Nord. Son regard est acéré, jamais cynique, et se porte sur le peuple qu’il filme à hauteur d’homme. Pour l’occasion, à hauteur d’enfant. Son approche, elle, est non intrusive. Bing est un cinéaste patient, très patient, qui affiche un goût évident pour les descriptions minutieuses des conditions de vie de ses contemporains. Dans Les Trois Sœurs du Yunnan, les trois gosses poussent comme des herbes folles. Elles ne sont pas abandonnées mais se débrouillent par elles-mêmes. Pas de commentaire, pas de musique et un saisissant refus du gros plan qui exclut tout embryon de dramaturgie. Du coup, c’est la vie qui circule et l’énergie qui prime, entre ramassages de pommes de terre et querelles de bambins dignes d’un western, les poux et la morve au nez en prime. Car, en tant que documentariste, Wang Bing a parfaitement compris qu’il ne faut surtout pas chercher à esthétiser le monde mais simplement à en prélever des parcelles. À l’arrivée, un film organique, contemplatif et tout simplement beau !

Séance présentée par Caroline Champetier

mercredi 08 novembre 2017, 16h00       Infos pratiques - Vente en ligne