Pour des raisons indépendantes de notre volonté, la Lecture théâtrale dans le cadre de la Nuit de la lecture prévue le 22 janvier est reportée.

Étant donné la situation sanitaire actuelle, le port du masque redevient obligatoire à partir du 25 novembre à la Cinémathèque de Toulouse : en salle, dans le hall d’exposition et en bibliothèque.

Merci de votre compréhension.

Dans la chambre de Vanda (No quarto da Vanda)

Pedro Costa. 2000. Port. 171 min. Coul. DCP. VOSTF.


Avec Vanda Duarte, Lena Duarte, Zita Duarte


Histoires de cinéma 1



Avec Ossos, troisième long métrage de Pedro Costa, le cinéaste s’affirmait génialement dans le récit réaliste. Son œil décrivait l’errance dramatique d’un couple et d’un bébé dans les rues d’Estrela d’Africa, un quartier difficile de Lisbonne. Dans la chambre de Vanda plonge encore plus profondément dans le ghetto et la vie désespérée de ses habitants. Durant deux ans, six jours sur sept, Pedro Costa a partagé l’univers de Vanda Duarte, déjà héroïne de Ossos, de ses voisins, de sa famille, avant qu’il ne soit trop tard, avant qu’ils ne disparaissent, définitivement anéantis par la drogue, la maladie ou les pelleteuses. Vanda consomme quotidiennement de la poussière d’ange et ne sort qu’à de rares exceptions pour tenir un petit stand de primeurs. Pedro Costa lui fait face avec une petite caméra numérique et enregistre le rituel obsessionnel de la mortelle emprise. Dehors, le fracas des engins de démolition fait rage. De temps à autres, d’autres morts-vivants défilent dans l’espace exigu. Dans cette zone de non-droit, on fait son ménage, une seringue plantée dans le bras, et on s’engueule comme n’importe quelle autre famille devant le poste de télévision. Aucun commentaire, aucune caution, aucun jugement ne viendront parasiter la vision aussi terrifiante que touchante de ce monde au bord du gouffre. Mais Costa n’est pas seulement un documentariste extrêmement doué, c’est aussi un cinéaste virtuose qui sait parfaitement éviter la surenchère glauque et les dérives voyeuristes. Les cadres, les situations et la lumière découlent de choix méticuleux on ne peut plus pertinents. Quand l’intimité du documentaire se marie avec la texture d’une toile de Vermeer. Vanda devient alors une icône de bidonville, une magnifique résistante au centre d’un film qui a su trouver le parfait équilibre entre réalité brute et intervention artistique.

Film choisi par Caroline Champetier

mercredi 08 novembre 2017, 21h00       Infos pratiques - Vente en ligne