Pour des raisons indépendantes de notre volonté, la Lecture théâtrale dans le cadre de la Nuit de la lecture prévue le 22 janvier est reportée.

Étant donné la situation sanitaire actuelle, le port du masque redevient obligatoire à partir du 25 novembre à la Cinémathèque de Toulouse : en salle, dans le hall d’exposition et en bibliothèque.

Merci de votre compréhension.

Au fond des bois

Benoît Jacquot. 2010. Fr. 102 min. Coul. 35 mm.


Avec Isild Le Besco, Nahuel Pérez Biscayart, Jérôme Kircher


Histoires de cinéma 1



L’histoire est vraie et le fait divers date de 1865. Il donnera lieu à un article paru dans le quotidien Libération dont Benoît Jacquot s’inspirera pour son dix-neuvième long métrage. Une étrange affaire sur le dérèglement des sens. Dans un hameau du Var, un vagabond sourd-muet demande asile à un médecin et se présente comme un « Fils de Dieu » capable de miracles. Il prétend connaître l’avenir et déclare que la guerre civile éclatera six mois plus tard. Le jeune homme effraie et fascine Joséphine, la fille de son hôte. D’une vertu exemplaire, elle suit dans les bois l’étrange visiteur après « quelques passes magiques ». Plus tard, lors du procès du vagabond (qui fut condamné pour viol), la jeune fille parlera « d’une force mystérieuse à laquelle elle cherchait en vain à résister ». Joséphine a-t-elle été emmenée de force ? Était-elle hypnotisée ou consentante ? De ce fait divers, Benoît Jacquot tire un film qui s’intéresse un peu à l’hypnose, pas mal au judiciaire, mais surtout à la passion. Quelles sont exactement les forces qui entrent en jeu quand il est question d’amour et de désir ? Au fond des bois, ou quand une escapade amoureuse ou un kidnapping (au choix) tente de cerner au plus près les mouvements du cœur, du corps et de l’esprit. Dans le rôle de Joséphine, Isild Le Besco joue finement de sa transformation d’adolescente en femme adulte et Nahuel Pérez Biscayart incarne un saisissant et magnétique homme des bois. C’est à la fois subtil, fascinant, sensuel, mystérieux et troublant, jusqu’à ces derniers regards de complicité échangés entre la « victime » et son « agresseur ». Pour illustrer les sentiments contraires qui tourmentent le film, Benoît Jacquot demande au musicien Bruno Coulais, avec qui il collabore depuis 2008, de composer en amont du tournage un concerto pour violon. Cette partition au lyrisme tendu et douloureux, pleine de mystères et d’accents fantastiques, évoque à la perfection un film qui n’a pas fini de livrer tous ses secrets.

Séance présentée par Bruno Coulais

samedi 11 novembre 2017, 19h00       Infos pratiques - Vente en ligne