Dans le cadre de la Biennale, Festival international des arts vivants de Toulouse, la bibliothèque accueille du jeudi 6 octobre au dimanche 9 octobre l’installation vidéo Âabide l’kadia d’Abdessamad El Montassir. L’accès aux documents sera donc indisponible du 5 au 7 octobre.

La Nuit du chasseur (The Night of the Hunter) – Ciné Rex – Blagnac

Charles Laughton. 1955. USA. 93 min. N&b. DCP. VOSTF.


Avec Robert Mitchum, Shelley Winters, Lillian Gish, James Gleason


Histoires de cinéma 1



L’histoire, on la connaît sur le bout des doigts : love and hate. L’histoire du bien et du mal. L’histoire du prêcheur Robert Mitchum, prêt à transgresser les commandements pour mettre la main sur un magot. L’histoire de deux enfants tombés entre les mains du pécheur Mitchum. Une rivière qui détourne le cours de la vie, et le fantastique qui profite de la nuit pour s’immiscer dans le film noir. Lors de sa sortie sur les écrans en 1955, ce film unique connut un terrible échec public et critique, qui brisa net les velléités de mise en scène de cinéma de l’acteur Charles Laughton. Très populaire durant les années 1930 et 1940, le comédien profitait du creux de la vague pour se jeter dans le grand bain. La Nuit du chasseur reste son seul film. Il faudra d’ailleurs attendre la mort de Laughton, en 1962, pour que le film gagne enfin en reconnaissance, passant du statut de film culte à celui de classique des classiques, avant d’être définitivement canonisé grâce aux différentes éditions sur support numérique à travers le monde. Seulement voilà, plus d’un demi-siècle après sa réalisation, La Nuit du chasseur demeure ce joyau noir sans ascendance, ni réelle descendance, qu’il est pratiquement impossible de catégoriser. Western déviant, thriller champêtre, conte pour adultes, film d’horreur, farce sombre et poétique, film noir, le film de Laughton brasse les genres en toute décontraction sans jamais tomber dans l’hétérogénéité. L’idée était bien sûr de rendre justice au roman gothique de Davis Grubb, beau succès littéraire en 1953, et Charles Laughton mit tous les atouts de son côté. D’abord, le romancier, poète, journaliste James Agee au scénario et ensuite, et surtout, Stanley Cortez à la photographie. Ce dernier allait fondre les grandes plages obscures caractéristiques du film noir aux perspectives brisées de l’expressionnisme allemand. La Nuit du chasseur, un film monumental, une incantation magique mystérieuse et inquiétante dont Laughton dira : « Nous n’avons pas cherché le symbole mais nous avons recréé un rêve ».

Séance présentée par Bruno Coulais

 

 

 

vendredi 10 novembre 2017, 20h30       Infos pratiques