Étant donné la situation sanitaire actuelle, le port du masque redevient obligatoire à partir du 25 novembre à la Cinémathèque de Toulouse : en salle, dans le hall d’exposition et en bibliothèque. Merci de votre compréhension.

La Volonté du mort (The Cat and the Canary) – Soirée d’ouverture

Paul Leni. 1927. USA. 73 min. Teinté. DCP. Muet. Intertitres anglais sous-titrés français.


Festival Extrême Cinéma 2020



Amateurs de curiosités : debout ! Car voici venir The Cat and the Canary. Le chat et le canari. Dans l’ordre naturel des choses, le premier est censé dévorer le second au moment où il s’y attend le moins. Mais ça, c’est l’ordre naturel des choses. Ici, nous sommes au cinéma. Le meilleur qui soit. Le plus poétique, le plus décomplexé, le plus excessif. Sur le papier, un presque banal thriller gothique tournant autour d’un héritage. Vingt ans après la mort de Cyrus West, ses descendants sont réunis dans un inquiétant manoir pour se partager le magot. Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?… Je ne vois que le cliché qui poudroie et le poncif qui verdoie… Mais ça, c’était mal connaître Paul Leni, décorateur attitré de la période expressionniste du cinéma allemand et dont c’est ici le premier film américain. De gigantesques bouteilles médicinales martyrisées par des félins de la taille d’un éléphant, un crâne volant, des mains velues qui émanent d’un mur… Au ronronnement de l’enquête policière, Leni répond par un impressionnant arsenal cinématographique à la limite de l’expérimental. Science remarquable des éclairages, maîtrise des décors et du montage alterné, surimpressions soignées, travellings brutaux… Comme si Leni, cinéaste illusionniste, cherchait à tout prix à réaliser un film total. Car dans The Cat and the Canary, le fantastique côtoie le baroque, le burlesque, le vaudeville et la comédie de mœurs. Un film pionnier, un film monstre, un film gourmant qui invite à la plus réjouissante et foldingue visite de maison hantée.

Séance accompagnée par Jérôme Sage

Jérôme Sage

Sage comme une promesse ? Une image ? Non ! Loin de là pour tout dire. Breton d’origine et personnalité trempée, Jérôme Sage a traîné son orgue Farfisa au sein de différentes formations au nord, au sud, à l’est et à l’ouest. Parmi celles-ci, Les Soldes et leur pop noise de haute volée. Puis aux manettes du bulldozer Ultra PD, un improbable combo toulousain à deux batteries qui, au long d’une série de morceaux garage psyché, s’employait à redéfinir la notion même du franchissement du mur du son. Enfin, ce sera Bewitched, un quatuor énervé qui prenait un malin plaisir à martyriser avec brio la sacro-sainte pop song. Quelques accords plus tard, voilà donc notre monsieur Sage en solo mais équipé de ses claviers, et qui néanmoins aime aussi s’accompagner de surprenants personnages. À découvrir sur un album de chansons pas sages sobrement intitulé Nouille et récemment paru sur le label Dushtu Records.

vendredi 07 février 2020, 21h00       Infos pratiques - Vente en ligne